Accueil A la une Farha Neyma Ouédraogo, mademoiselle mécano 226

Farha Neyma Ouédraogo, mademoiselle mécano 226

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Farha Neyma Ouédraogo

Agée seulement de 23 ans, cette jeune dame se démarque par sa détermination à casser les codes. En effet, Farha Neyma Ouédraogo a opté pour une formation professionnelle, qui demeure quelque peu encore, la chasse gardée des hommes. Mais pour faire la preuve que, pour la femme, «c’est possible et qu’il faut y croire et foncer», elle a fait le choix d’épouser le métier de la mécanique.

Habituellement, Farha Neyma Ouédraogo a une journée ordinaire de tout travailleur burkinabè. Elle monte au boulot de 8h à 17h. Présentement (au mois de mars 2020), affectée à Fada N’Gourma, Est du Burkina Faso, pour une durée de 4 mois, Farha ne s’inquiète pas moins de la situation sécuritaire précaire du pays et surtout dans cette zone. Mais c’est tout heureuse de pouvoir faire un métier dont elle est tombée amoureuse, qu’elle arrive à surmonter cette peur. Elle pense même avoir de la veine, par rapport à certaines personnes qui n’ont pas la chance de vivre son bonheur de femme mécano. Elle préfère donc ne pas se plaindre, mais prie Dieu pour que la paix revienne le plutôt possible.

Lorsqu’elle était à Ouagadougou, elle travaillait du lundi au

Farha Neyma Ouédraogo, « La mécano 226 »

vendredi et souvent même le samedi. Mais le week-end elle faisait de son mieux pour être disponible pour sa famille, car c’est important pour elle de resserrer les liens familiaux qui s’effritent souvent à cause des occupations de chacun et de tous. Dans cette famille, elle est, du reste, heureuse de compter sur une sœur avec qui elle partage bien des choses, jusqu’aux les travaux domestiques.

Programmes préférés à la Télé: Discovery Science, Disney Chanel et Trace Africa

Son programme journalier étant assez chargé, Farha ne trouve des temps de loisirs, que le vendredi soir. C’est ainsi qu’il lui arrive de sortir pour se distraire et se faire plaisir. Quand elle décide de rester à la maison, c’est devant la télé qu’elle se détend avec des programmes comme «Les mécanos de Las Vegas» sur Discovery Science. Elle aime aussi Disney Chanel pour ses dessins animés, car elle a gardé son âme d’enfant, et Trace Africa pour la musique.

Pour le développement du Burkina Faso, son cher pays, elle encourage et invite les jeunes à beaucoup s’améliorer sur tous les plans, et pas seulement sur celui scolaire. «La mécano226» est convaincue que «tout ne se résume pas qu’à l’école. Il faut surtout que la jeunesse sache et comprenne que nous ne sommes pas tous appelés à travailler dans un bureau. Il faut des gens sur le terrain, il faut des commerçants, il faut des entrepreneurs, il faut des personnes pour tout type de métier». Elle insiste qu’«il n’y a pas de sot métier» avant d’ajouter: «Il ne faut pas non plus fuir notre pays pour l’extérieur et même si c’est le cas il faut surtout revenir apprendre aux autres ce qui a été appris la bas et investir ici».

«Le meilleur reste à venir»

Si certains encouragent Farha dans son choix de métier et sont très respectueux de sa personne, d’autres apprécient en des termes du genre: «Tu es une fille battante, tu es la fille qu’il me faut, etc.». Mais elles se méfient des intentions parfois intéressées qui se cachent derrière ses propos flatteurs. Sans oublier ceux qui l’abordent avec méfiance, ne comprenant pas qu’une femme choisisse un métier «d’homme».

3Le meilleur reste à venir », foi de Farha Neyma Ouédraogo

Les projets, «La mécano 226» en a un bon lot pour l’avenir, car elle aspire à ne plus travailler sous la coupe d’un autre dans quelques années. Elle veut voler de ses propres ailes. En tout cas, elle dit avoir au moins trois projets qui mettrons en avant les femmes dans les différents métiers techniques ou dits masculins.

Comme presque toutes les jeunes femmes, Farha Neyma Ouédraogo aspire au mariage, bien entendu, avec une personne qui comprendra le chemin qu’elle a choisi. Au regard de la société actuelle, mais aussi de l’évolution du coût de la vie, elle souhaite avoir aux maximum trois enfants afin de pouvoir mieux les accompagner et leur donner le meilleur.

Foi de «La mécano 226», il faut beaucoup se battre, car «le meilleur reste à venir».

Par Samira NIKIEMA

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