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Guinée: la classe politique rejette les 39 mois de Transition

La classe politique guinéenne vent débout contre les 39 mois de Transition annoncés par le président Doumbouya

La classe politique guinéenne dans son immense majorité, dans une déclaration commune signée mercredi 11 mai 2022, dit récuser la durée de la Transition de 39 mois annoncée par le colonel Mamady Doumbouya, dénonçant une décision «unilatérale» de ce dernier. La quarantaine de partis politiques exige la mise en place d’un cadre de dialogue sous la supervision de la CEDEAO pour déterminer de manière  consensuelle le chronogramme de la Transition en Guinée.

Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de Alpha Condé, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Toure et plus de 40 autres partis ont signé, mercredi 11 mai 2022, une déclaration commune dans laquelle ils rejettent la décision du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) de porter la durée de la Transition à 39 mois.

Ces partis se basent sur la Charte de la Transition qui stipule en son article 77, que la durée de la Transition est déterminée de commun accord entre le CNRD et les forces vives du pays, notamment les partis politiques et la société civile.

Pour eux, le Conseil national de transition (CNT) n’est nullement mentionné comme organe de validation de cet accord. Par conséquent, ils disent «s’opposer à toute décision contraire à la Charte et visant à confisquer le pouvoir en dehors des urnes».

En vue de décider, sur une base consensuelle, des conditions propices au retour à l’ordre constitutionnel en Guinée, le G58, RPG-ARC-CIEL et Alliés signataires de la déclaration appellent à la mise en place, sans délai, d’un réel cadre de dialogue entre le CNRD et les forces vives de la Nation, souhaitant que ce cadre soit ouvert aux partenaires techniques et financiers et sous la médiation de la CEDEAO.

Ces partis politiques qui disent représenter plus de 95% des suffrages des Guinéens toutes élections passées confondues, indiquent prendre à témoin le peuple de Guinée et la communauté internationale du danger sur la paix sociale «d’une gouvernance unilatérale et autoritaire» dans une période de transition qui a besoin de consensus.

Le 30 avril dernier, le président Doumbouya avait annoncé une Transition de 39 mois, précisant que cette proposition sera ensuite soumise au Conseil national de transition (CNT), qui fait office de Parlement, pour validation.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)

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