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Huilerie au Burkina: la SN Citec s’inquiète de la mévente de ses produits

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La Société nouvelle huilerie et savonnerie (SN Citec) et des organisations de consommateurs, ont rencontré ce samedi 26 janvier 2019, à Ouagadougou, une quarantaine de journalistes pour échanger autour des préoccupations des industries locales qui ont du mal à écouler leurs produits, notamment les huiles. Le directeur commercial de la SN Citec, Ibrahim Traoré, a appelé l’Etat, face à la mévente de l’huile Savor, à « appliquer l’intégralité des textes à tous », principalement aux importateurs qui inondent le marché national avec des huiles de « qualité douteuse » dont les prix défient toute concurrence.

Ces échanges visent la « volonté commune à assainir le marché des huiles au Burkina » qui a fortement été ébranlé en 2018, avec des « milliers de tonnes invendues », ont indiqué à l’entame des échanges, les organisateurs de la présente rencontre. « Nous avons des stratégies à géométrie variable, des plans de communication, de marketing, malgré tout, ça ne nous permet vraiment pas de pouvoir véritablement commercialiser nos produits dans de bonnes conditions de concurrence », a signifié M. Traoré,  notant que les produits burkinabè dont l’huile Savor, « subissent la concurrence déloyale des importations qui inondent notre marché avec des huiles au-revoir Malaisie ou au revoir Asie ».

L’un des facteurs qui encourage les consommateurs à aimer les produits importés, c’est surtout le coût qui joue « à 95% » à cause de la cherté des produits nationaux, selon Ibrahim Traoré, regrettant que la production locale représente « seulement 1/5 de la taille du marché national ». Pour lutter efficacement contre la concurrence déloyale dont sont victimes les produits nationaux, il faut « identifier tous les importateurs, tracer toutes les importations et travailler dans une synergie d’action entre toutes les administrations (commerce, santé et économie) », a-t-il demandé.

Le responsable commercial de la SN Citec, Ibrahim Traoré

Concernant la crise que les huileries ont connue en 2018, une partie du problème est réglée mais il reste beaucoup à faire, a dit le directeur commercial de la SN Citec qui recommande des « mesures énergétiques structurelles et non des mesures cosmétiques ». Il a regretté qu’« il n’y a pas de taxation préférentielle pour les industries locales » qui emploient de façon directe des centaines de personnes et des milliers de manière indirecte.

Pour mettre tous les journalistes au même niveau d’information sur la crise que traverse les huileries du Burkina, il a été remis aux journalistes, des extraits d’études qui mettent à nu les difficultés du secteur, causées principalement par les importations frauduleuses.

Les responsables des organisations de consommateurs ont invité les journalistes à sensibiliser les populations afin qu’elles aient non seulement toutes les informations sur les produits qu’elles consomment, mais en fin de compte qu’elles soient dans une logique de consommation qui rime avec patriotisme. « Quand on donne de l’argent à un enfant d’aller payer de  l’huile, on ne prend pas le soin de préciser quelle est l’huile que nous voulons. Alors l’enfant qui ne connait certainement pas les huiles de par leur qualité, va nous acheter n’importe quelle huile que nous allons consommer », ont-ils fait observer avant d’attirer l’attention des consommateurs sur les conséquences « néfastes » des huiles de mauvaise qualité.

La cheffe de division de la force des ventes, Félicité Nikièma/Ouédraogo, a souligné que l’huile Savor est désormais une marque déposée puisqu’elle a été récompensée le vendredi 18 janvier dernier. « La marque Savor a été la première huile du Burkina à être certifiée par l’Agence burkinabè des normes (ABNORM) pour sa qualité », s’est-elle réjoui en ajoutant que l’huile Savor est « sans cholestérol et enrichie en vitamine A », a-t-il signifié.

L’huile Savor est la seule huile qui est reconnue au niveau des instances sous régionales, si fait que c’est la seule huile que le Programme alimentaire mondiale (PAM) a recommandé. En 2018, le PAM a signé un contrat de partenariat ayant permis à la SN Citec d’écouler une valeur de ses produits équivalant à « un mois de sa production » de ses huiles, a conclu Ibrahim Traoré.

Par Bernard BOUGOUM