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Idriss, «ta mort n’est pas banale et ta vie ne s’arrêtera pas aux balles assassines»!

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Idriss Sangaré, que la terre libre du Burkina te soit légère (DR)

La belle âme qu’était Idriss Sangaré, ne savait conjuguer que les plus beaux verbes, notamment, aimer et aider. Derrière ce sourire qui quitte rarement son visage poupin et ces rires moqueurs qui vont manquer à tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer, ne serait-ce qu’une fois sur cette terre, Idriss était la bonté, mais aussi un exemple de réussite pour son jeune âge. Idriss, c’est vrai que tu ne pouvais pas échapper à ton destin, mais comme tu aimes qu’on te dise la vérité, sache que cette plaisanterie que tu nous a faite est vraiment de mauvais goût. Mais comme les morts ne sont pas morts, nous te faisons lire ce bel hommage que te rend ton «grand-frère», Serge Ousmane Tall, à la suite de ta brutale et inexplicable disparition, le jeudi 28 mai 2020, au moment où nous nous y attendions le moins.

«Mon cher jeune frère Idriss SANGARE, depuis la triste nouvelle les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens. Dieu a donné et Dieu a repris et nous ne pouvons que nous soumettre à sa volonté. Cela étant, c’est douloureux et révoltant d’apprendre que ce sont ces barbares d’une autre époque, ces terroristes, qui t’ont froidement abattu sans mesurer les dramatiques conséquences de leur acte. Une mère inconsolable, même si en digne femme peulhe, elle va contenir cette terrible et rongeuse douleur. Une veuve éplorée et des orphelins perdus n’ayant pas encore la mesure du drame qui les a frappés et qui marquera le reste de leur vie. Des sœurs et frère déboussolés, une famille, des amis, collègues et connaissances sous le choc.

Malgré tout ça, j’ai de bonnes raisons d’espérer que ta mort n’est pas banale et que ta vie ne s’arrêtera pas aux balles assassines de ces sauvages, ennemis de la vie et du créateur. Je ne désespère pas parce que je n’ai pas entendu une seule personne parler de toi en mal durant ta vie. Je suis confiant parce que tous les témoignages sur les réseaux sociaux et autour de nous sont éloquents sur tes incomparables qualités humaines. Je suis persuadé que sur la base de ton vécu, de ta foi, des circonstances de ta mort et des prières de tous, le Très Haut t’ouvrira grandement les portes de son Paradis.

Mon cher jeune frère Idriss, je terminerai par le symbole que tu as choisi d’être à un moment où notre cohésion nationale est ébranlée, où certains extrémistes stigmatisent ta communauté peulhe. Tu es ce symbole qui confirme que les balles aveugles et assassines des terroristes n’épargnent aucun Burkinabè pas même les peulhs.

Aux ignorants extrémistes qui veulent qu’on liquide systématiquement les peulhs parce qu’ils sont des terroristes, je répéterais que ce n’ai pas parce que moins de 0,02% de peulhs se retrouvent embarqués dans cette aventure démoniaque, qu’il faudrait indexer toute la communauté. Ceux qui disent que les djihadistes sont en majorité des peulhs pour justifier leur délire génocidaire, je leur répondrais en leur demandant si le fait que 100% des terroristes soient des musulmans est suffisant pour dire que les musulmans du Burkina Faso, 60% de la population, sont des terroristes ou complices des terroristes. Va en paix Idriss toi le rassembleur, parce que même dans ta mort tu as rassemblé.»

Par Serge Ousmane Tall

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