Accueil A la une Jeunesse malienne: du soutien venu du Burkina

Jeunesse malienne: du soutien venu du Burkina

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Le Mali est en pleine zone de turbulences (Ph. illustration)

Ceci est une déclaration de l’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ) qui manifeste, à travers ce document, son soutien à la jeunesse malienne en lutte aux côtés de son peuple pour plus de liberté, de démocratie et de progrès social véritables.

DECLARATION DE SOUTIEN À LA JEUNESSE MALIENNE EN LUTTE

L’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ) suit avec attention et admiration la lutte de la jeunesse malienne au côté de son peuple pour plus de liberté, la démocratie et le progrès social véritables. Cette lutte a franchi un nouveau palier depuis le début du mois de juin 2020 à l’appel du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) – un regroupement de partis politiques et d’organisations de la société civile – dont l’un des leaders est l’imam Mahmoud Dicko, un ancien proche du président actuel. Au fil des semaines, des partis politiques de l’opposition, des organisations de la société civile, des syndicats rejoignent le mouvement de contestation qui déborde Bamako pour embraser des villes moyennes comme Sikasso, Mopti, etc. Ce mouvement se développe dans un contexte d’insécurité qui progresse chaque jour avec son lot de morts civils et militaires. La mission des Nations Unies au Mali (Minusma), les multiples opérations militaires françaises (Serval, Barkhane, G5-sahel, …) n’ont réussi qu’à constater et consacrer la partition du Mali en deux. Le président Ibrahim Boubacar KEITA (IBK), au pouvoir depuis 2013, et son régime brillent par leur impuissance à trouver une solution efficace à la question terroriste et surtout par une corruption chronique, des malversations, des détournements de deniers dédiés à l’achat d’armement, et une gestion gabégique des ressources de l’État. L’enlèvement de Soumaïla CISSÉ en pleine campagne, les multiples frasques de Karim KEITA, héritier de son président de père, sont autant de preuves pour les maliens que le pouvoir de Bamako à d’autres priorités que leur bien-être. En outre, la crise post-électorale – née des élections législatives d’avril 2020 sur fond de contestations et d’accusations de manipulation des résultats par la cour constitutionnelle et d’appel à la démission d’IBK exacerbe les contradictions sociopolitiques au Mali.

C’est dans ce contexte sociopolitique, économique et sécuritaire délétère que les masses populaires maliennes manifestent depuis plusieurs mois pour défendre leurs droits sociaux et les libertés démocratiques. Depuis juin 2020, des gigantesques rassemblements sont observés les vendredis à la place de la République à Bamako. Si depuis le début, ces manifestations sont restées sans violence, celles des 10, 11 et 12 juillet 2020 ont été d’une violence qui a occasionné des morts et de nombreux blessés.

En somme, IBK et son pouvoir n’ont trouvé comme réponse aux préoccupations légitimes du peuple malien et sa jeunesse en particulier qu’une répression barbare. Mais la jeunesse malienne n’a pas plié l’échine. Elle est restée debout en faisant preuve de courage et de détermination. Le président IBK, à l’image de plusieurs de ses homologues africains, suppôts des puissances impérialistes, est prêt à sacrifier son peuple sur l’autel des intérêts de ses maîtres français. C’est pourquoi, l’ODJ :

  • partage la profonde douleur du peuple malien qui voit tomber les jeunes à la fleur de leur âge, présente ses condoléances aux familles des victimes et souhaite prompte rétablissement aux blessés ;
  • condamne avec vigueur la répression barbare abattue sur des manifestants aux mains nues par le pouvoir malien ;
  • réclame vérité et justice pour toutes les victimes de cette barbarie.

Notre organisation saisit cette occasion pour saluer la lutte et l’engagement patriotique de la vaillante jeunesse malienne. L’ODJ en tant qu’organisation patriotique et anti-impérialiste souhaite que cette lutte du peuple malien, ne se limite pas à s’en prendre uniquement aux feuilles mortes et craquelées de la classe politique pourrie au pouvoir dans le pays ; mais qu’elle se poursuive également contre la domination impérialiste, principalement française, et pour la libération nationale et sociale véritable du peuple malien.

Vive la lutte de la jeunesse malienne !

Vive la solidarité de lutte entre jeunesses malienne et burkinabè !

Vive l’ODJ !

Le BEN