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Lettre à Alassane B. Sakandé: «L’argent provient t’il de vos avoirs personnels ou du sacrifice du contribuable Burkinabè?»

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Alassane Bala Sakandé, président de l'Assemblée nationale du Burkina Ph. Daouda ZONGO @wakatsera.com

Ceci est une lettre ouverte de l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP) adressée au président de l’Assemblée nationale du Burkina Alassane Bala Sakandé.

Monsieur Alassane Bala Sakandé, Président de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso,

Le 11 janvier 2019, le parlement Burkinabè sous votre présidence a adopté le projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence au Burkina Faso. Prenant la parole à l’occasion du vote de cette loi, vous avez invité le gouvernement à mettre fin à la récréation en proposant une loi visant à durcir la réglementation de la communication sur les actions des FDS. Dans la même lancée, à travers des affirmations aux antipodes de valeurs démocratiques et peu respectueuses à l’égard de citoyens Burkinabè aux revenus modestes, vous avez tenu ces propos austères suivants: «pourquoi permettre alors à n’importe qui de payer 100 F, 200 F de mégas pour balancer n’importe quoi sur les réseaux sociaux et on laisse circuler. Il faut arrêter cela. Les gens vont parler, ils vont crier, ils n’ont qu’à dire ce qu’ils veulent, pourvu que nos FDS (Forces de défense et de sécurité, NDLR) soient sains et saufs, pourvu que nous puissions protéger leurs vies».

D’emblée, c’est tout ahuri que nous constatons que l’image de ‘’l’homme du bas peuple’’ que vous donnez à voir à l’opinion à grand renfort de publicité n’est en réalité que du populisme doublée à de la démagogie. ‘’Honorable’’, ainsi selon votre entendement, les Burkinabè aux revenus modestes qui payent 100 F, 200 F de mégas du fait en général de la mal gouvernance de vous autres politiciens, sont des ‘’n’importes qui’’? Mieux, toujours selon vous ce sont ces ‘’sous Burkinabè’’ affamés incapables de payer plus de 200 F de mégas qui mettent la vie des FDS en danger en publiant n’importe quoi sur les réseaux sociaux. Quel mépris!                                                            Dans la même dynamique, Honorable, vous faites montre d’une dictature compradore en marchant sur la volonté populaire afin de caporaliser les réseaux sociaux au Burkina Faso. Quelle aberration!

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, votre sortie tonitruante ne vise en réalité qu’à embastiller et à réduire les activistes et autres lanceurs d’alertes sur les réseaux sociaux sous un prétendu durcissement de la réglementation de la communication sur les actions des FDS. Aucune intention de notre part d’apporter une caution et un blanc seing à toutes les publications sur les réseaux sociaux concernant les FDS. Cependant, les mots que vous utilisez pour peindre ces ‘’dérapages’’ sont stigmatisants et dégradants. Beaucoup de tristes réalités que connaissent les FDS sur les terrains des opérations contre le terrorisme ont connu des débuts de solutions par le gouvernement grâce aux alertes d’activistes et la pression populaire sur les réseaux sociaux.

Cette méchanceté gratuite à l’égard des masses populaires et laborieuses nous amène encore une fois à nous interroger sur la sincérité de la ‘’charité’’ que vous donnez à voir depuis peu aux quatre coins du pays. Aussi, il est à se demander l’origine de toute la manne financière que vous utilisez pour montrer aux yeux de l’opinion votre ‘’magnanimité’’ subite. L’argent provient t’il de vos avoirs personnels ou du sacrifice du contribuable Burkinabè? il est même à perdre son latin qu’après avoir soumis les populations à une austérité cruelle et qu’après avoir fustigé de budgétivore le budget du parlement en 2014 sous le régime du Président Blaise Compaoré qui était chiffré à 8 milliards, l’actuelle assemblée nationale issue d’une insurrection soit en cette année 2019 dotée de 20 milliards avec pratiquement le même nombre de député.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Dans votre réquisitoire le 11 janvier 2019, vous avez réaffirmé l’égalité de l’ensemble des filles et des fils devant la loi dans notre pays. Nous nous demandons de quelle égalité vous parlez si après avoir publiquement revendiqué le 22 septembre 2016 à Léo aux deuxièmes journées parlementaires du MPP la paternité de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 sans que la justice n’ait daigné vous entendre sur ces affirmations très graves d’atteinte à la sûreté de l’état en 2014. Nous vous rappelons vos propos sur le sujet: «d’autres mêmes s’arrogent le droit ou le devoir d’organiser des conférences de je ne sais quoi. Mais la réalité historique est là: l’insurrection des 30 et 31 a été pensée et conduite par les forces politiques et patriotiques du Burkina Faso dont le MPP a été le moteur. La décision de lancer l’insurrection a été prise à notre BPN du 25 octobre au CENASA».

Honorable, voici un ensemble de questions qui tient notre esprit en pinces de crabes auxquelles nous souhaitons avoir des réponses claires de votre part. Tout compte fait, le Burkina Faso étant un pays qui se veut un Etat de droit, nous nous arrogeons le devoir dans les jours à venir, à travers une série d’activités, d’exiger de vous des réponses à notre interpellation.

Pour la Patrie, nous vaincrons!

Burkina Faso, le 24 Janvier 2019

Abraham Badolo

Président de l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP)

                                                         

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