Accueil A la une Liberté de la presse au Burkina : des efforts restent à faire

Liberté de la presse au Burkina : des efforts restent à faire

Des journalistes mobilisés pour la couverture du défilé du 11-Décembre à Manga (Ph. Daouda ZONGO)

Au Burkina Faso, dans le monde de la presse, quatre cas d’intimidation et ou des menaces de mort à balle réelle, un cas de cambriolage, deux cas de condamnation, ont été enregistrés au cours de l’année 2020. Des faits qui montrent que des efforts restent à faire pour une garantie de la liberté de la presse au pays des Hommes intègres, même s’il occupe la première place, en la matière, dans l’espace Afrique francophone, selon le Centre national de presse Norbert Zongo.

Ce 3 mai 2021 est célébré, dans le monde, la 28e Journée mondiale de la liberté de la presse, sous le thème : « L’information comme bien public », un thème qui montre l’importance de défendre l’information afin qu’elle soit bénéfique à tous.

Au Burkina Faso, en plus des menaces et cambriolages, constatés en 2020, on note que la plupart des entreprises de presse traversent des situations difficiles liées notamment à la santé économique globale du pays mais également à la maladie du coronavirus.

Au regard de cela, le Burkina Faso, a retenu, le thème « La viabilité de l’entreprise de presse », pour la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse en cette année 2021.

Inoussa Ouédraogo, président du Comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo (2e à gauche)

« En choisissant ce thème, nous exprimons notre souhait de voir l’ensemble de la communauté politique, économique et médiatique consentir des efforts au profit de l’entreprise de presse », a déclaré Inoussa Ouédraogo président du Comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo. « Nous espérons qu’à travers les réflexions qui seront menées, des solutions ou des débuts de solutions commenceront à germer pour que nous ayons des entreprises de presse prospères », a poursuivi M. Ouédraogo.

L’implication des pouvoirs publics souhaitée

Pour lui, « tant que les entreprises de presse vivront des situations économiques difficiles, la liberté de presse se sentira menacée, les journalistes vivront des conditions de vie extrêmement difficiles et la qualité de l’information se trouvera touchée ».

Selon le Comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo, « les pouvoirs publics doivent non seulement aider les médias à réussir leur transition numérique, les aider à l’assainissement de leur milieu totalement infesté malgré la carte de presse et le laisser-passer, mais également à la gouvernance des entreprises médiatiques ». « Si tout cela est suivi d’une meilleure structuration du soutien à la presse privée, de l’allègement de la fiscalité, nul doute que les médias burkinabè éviteront la mort certaine dont la plupart ne pourront échapper », a affirmé le président du Comité de pilotage Inoussa Ouédraogo.

Mathias Tankoano, président du Conseil supérieur de la Communication (CSC)

Le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Mathias Tankoano, a marqué sa présence au Centre de presse Norbert Zongo, pour saluer le travail des femmes et hommes de médias, en cette Journée mondiale de la liberté de la presse. Pour lui, si le Burkina Faso occupe la première place en Afrique francophone en matière de liberté de la presse, cinquième en Afrique et 37e au rang mondial, cela « montre la qualité du travail que les médias nationaux abattent mais aussi l’effort de synergie entre les pouvoirs publics, notamment le régulateur et les organisations professionnelles de la presse ».

« Nous sommes donc satisfait et nous pensons qu’il y a encore des éléments de blocage pour lequel, depuis deux ans le CSC s’est engagé aux côtés des organisations professionnelles de la presse à voir comment mener un plaidoyer auprès de l’Assemblée nationale pour obtenir la défiscalisation des entreprises de presse, parce que la fiscalité pèse énormément sur les entreprises de presse et si nous ne faisons pas un effort en ce sens nous allons éteindre des voix dans le milieu de la presse », a souligné m. Tankoano.

Hommage au Pr Marie Soleil Frère Minoungou

Au cours de la célébration de la Journée de la liberté de la presse, un hommage a été rendu au Directeur de recherche, professeur et vice-recteur de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), Marie Soleil Frère Minoungou, décédée dans la nuit du 18 au 19 mars 2021, des suites de maladie. Elle qui a beaucoup fait pour le Burkina Faso et contribué à l’édification du Centre national de presse Norbert Zongo est vue, par le professeur Serge Théophile Balima, comme étant personne « très douée » qui a développé beaucoup d’initiatives en faveur des étudiants et du Burkina Faso et qui « défend des causes justes ».

Portrait du Pr Marie Soleil Frère

Un portrait de Marie-Soleil Frère de 3m x 2m a été confectionné pour lui rendre hommage.

Le Prix de la meilleure journaliste burkinabè 2021 lancé au cours de cette journée, porte désormais son nom et devient Prix Marie Soleil Frère de la meilleure journaliste burkinabè.

Il a été également procédé au lancement du Prix Norbert Zongo du journalisme d’investigation, dont les lauréats seront connus au cours du Festival international de la liberté d’expression et de presse qui se tiendra du 10 au 13 novembre 2021.

Par Daouda ZONGO

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