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Lutte contre la fraude: 800 sacs de mauvaise farine saisis

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Une vue de la farine impropre à la consommation saisie

L’Autorité nationale de lutte contre la fraude (ANLF), a saisi des mains d’opérateurs économiques burkinabè, 800 sacs de farine de mauvaise qualité destinée à la fabrication du pain et des gâteaux. Ce jour 26 septembre 2018, le coordonnateur national de l’ANLF, avec à ses côtés deux membres de la structure et le  représentant de la société de minoterie «Grands Moulins du Faso», a animé une conférence de presse au siège de l’ANLF, où a été présenté les produits mis hors du circuit de consommation.

Dans le cadre de ses missions de contrôle et de protection du consommateur, l’Autorité national de lutte contre la fraude (ANLF) a mis la main sur une importante quantité de produit impropre à la consommation, le 12 septembre 2018. Il s’agit de 837 sacs de farine de blé de marque «Le Trésor» et «Al Badr Tunisis», soit 41,850 tonnes de farine avariée et reconditionnée dans des sacs «Grand moulin du Faso ».

«La farine de marques «Le Trésor» et «Al Badr Tunisis»  est rentrée dans le pays depuis bien longtemps et elle est arrivée en bonne qualité. Mais il s’avère que les sacs de farine ont été conservés dans de mauvaises conditions. En effet, une partie du  toit du magasin dans lequel  le produit était conservé, n’a pas résisté à l’eau de pluie qui a atteint les sacs. Les insectes se sont alors invités dans les sacs. Au lieu d’écarter ce stock du circuit de consommation, l’opérateur économique a préféré tamiser la farine et  la reconditionner dans des sacs avec la marque «Grands Moulins du Faso». C’est ainsi que l’équipe de contrôle les a surpris en plein action», a expliqué le coordonnateur de l’ANLF, Issaka Tapsoba.

Sur cet acte illégal posé par l’opérateur économique dont le nom a été tu, l’ANLF recense deux infractions majeures, en l’occurrence la tromperie du consommateur à travers la qualité, la quantité et la nature du produit d’un côté et de l’autre la concurrence déloyale face aux Grands Moulins du Faso. Ces infractions sont prévues et réprimées par la loi n°16-2017/AN du 27 avril portant organisation de la concurrence au Burkina Faso. A en croire le coordonnateur de l’ANLF, l’auteur de ce forfait  sera puni conformément aux textes en vigueur. «Sur les sanctions prévues pour ce genre de cas, il risque une privation de liberté pouvant aller jusqu’à cinq ans», a ajouté M. Tapsoba.

Le coordonnateur de l’ANLF, Issiaka Tapsoba (2e à droite) et le représentant du Grand moulin du Faso, Rasmané Tiendrébéogo (1er à gauche) ont animé principalement animé la conférence

Le représentant des «Grands Moulins du Faso», Rasmané Tiendrebéogo, lui, a apprécié à leur juste valeur, ces investigations qui ont permis à la société qu’il représente d’échapper à la « catastrophe ». «Je voudrais au nom de ma structure dire un grand merci au coordonnateur national et à toute son équipe pour leurs efforts et aussi les encourager à continuer dans ce sens. Grâce à vous, nos activités vont continuer en toute quiétude. J’avoue que   nous venons d’éviter le pire», a déclaré Rasmané Tiendrebéogo.

C’était l’occasion pour l’ANLF, de lancer un appel à se conformer aux textes en vigueur en matière de commerce. «Nous vous invitons, opérateurs économiques, à suivre à la lettre les consignes des textes en vigueur pour éviter des situations pareilles. La santé des consommateurs en dépend. Prenez-en conscience dans vos activités. A ceux d’entre vous qui en sont conscients et qui font preuve de civisme fiscal en  ne mettant  sur le marché que des produits sains, recevez mes salutations et mes encouragements», a affirmé le coordonnateur. Par ailleurs, il n’a pas omis de s’adresser aux consommateurs. «Nous invitons les consommateurs, particulièrement ceux qui sont guidés par la recherche du moins cher, et ne perçoivent pas souvent les risques qu’ils encourent en consommant certains produits qui leur sont proposés à des prix défiant toute concurrence, à plus de prudence», a conseillé M. Tapsoba

En rappel, l’Autorité nationale de lutte contre la fraude est une structure chargée de l’exécution de la politique nationale de lutte contre la fraude, telle que définie par le gouvernement en matières fiscale, douanière, économique et environnementale. Elle est placée sous la tutelle du Premier ministère.

Par Tunwendyam Nadine ZONGO (Stagiaire)

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