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Lutte contre l’insécurité: des milliers de Burkinabè ont marché à Ouaga, Bobo, Ouahigouya, Kaya…

Les manifestants au rond-point des cinéastes

Les partis membres de l’opposition politique burkinabè et leurs sympathisants sont sortis nombreux ce samedi 3 juillet 2021 à Ouagadougou, pour rendre hommage aux victimes des attaques terroristes et interpeller le gouvernement sur sa gestion de la crise sécuritaire au pays. Partis de la place de la Nation, Eddie Komboïgo et ses hommes sont passés par le rond-point des Cinéastes, la Cathédrale, la Banque Commerciale du Burkina (BCB), le rond-point des Nations-Unies pour revenir au point de départ.

Des coups de sifflet qui fusaient de partout, des pancartes brandies çà et là par des manifestants qui avaient pour la plupart noué le drapeau national. Des micros haut-parleur, des appareils de sonorisation qui émettaient un bruit assourdissant, toutes les combinaisons étaient bonnes pour donner de la voix et se faire entendre. C’est l’ambiance qui régnait à la Place de la Nation, lieu de rassemblement des centaines de manifestants, avant l’arrivée des officiels de la marche.

Le CFOP avec des responsables de partis de l’opposition

C’est aux environs de 9h45 que quelques responsables de partis politiques, notamment Do Pascal Sessouma, Achille Tapsoba, Gilbert Noël Ouédraogo, Tahirou Barry et bien d’autres ont fait leur entrée sur la grande aire  de la Place de la Nation. Cinq minutes plus tard, c’est le chef de file de l’opposition politique, Eddie Komboïgo qui est arrivé, escorté par des éléments de sa garde rapprochée. Difficile en ce moment de se frayer un passage tant le monde qui se ruait vers le nouveau venu pour juste prendre une image de lui, se bousculait.

L’opposition appelle à l’organisation des assises nationales sur la sécurité

C’est après des efforts énergiques que le staff de la sécurité du CFOP a pu s’offrir un passage et a permis à celui-ci de retrouver sa tribune d’où il a livré une déclaration à l’assistance. Dans son allocution, il a abordé la situation sécuritaire et sa gestion par le pouvoir en place. «Roch Marc Christian Kaboré a juré de protéger la vie de tous les Burkinabè et de défendre l’intégrité du territoire national, qu’est ce qu’il fait de ce serment», s’est interrogé M. Komboïgo qui a d’abord demandé à son auditoire de faire du bruit pour les «martyres» après une minute de silence observée en leurs mémoires.

Le CFOP Eddie Komboïgo galvanisant la foule

Dans son message, il a réitéré la disponibilité de l’opposition à discuter de toutes les questions relatives à la sécurité du pays et a appelé à l’organisation des assises nationales sur la sécurité. C’est l’une des 10 recommandations formulées par les partis de l’opposition pour être remises au Premier ministre Christophe Dabiré qui à son tour le transmettra au chef de l’Etat.

Aucun débordement, ni acte de vandalisme n’ont été observés pendant la marche

Une fois la déclaration lue par le chef de file de l’opposition autour de 10h et quart, la marée humaine s’est dirigée vers le rond-point des cinéastes, à environ 100 mètres du lieu de rassemblement. Ce qui a donné le top départ d’une véritable partie de sport où il fallait être au mieux de sa forme pour pouvoir suivre le rythme de la marche. Des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) étaient aux avants gardes d’une foule hystérique composée de membres de partis politiques, d’Organisations de la Société Civile et de particuliers.

Les marcheurs scandaient des slogans à travers lesquels certains réclamaient la libération du général Gilbert Diendéré pendant que d’autres entonnaient l’hymne national burkinabè. Du rond-point des cinéastes, la foule est passée devant la Cathédrale pour rejoindre la BCB sur l’avenue Kwamé N’Krumah.

Une vue de la foule à la Place de la Nation

Elle a continué son avancée sur le rond-point des Nations où les responsables de la marche devraient remettre au Premier ministre, la note adressée au président du Faso. Elle n’a finalement pas pu être transmise. «Il y a eu un problème de concordance, de coordination, parce que nous avons informé le gouvernement très tard, rien que hier soir, de la remise de ce document. Il se trouvait qu’il y avait des dispositions à prendre, elles n’ont pas pu être prises, donc nous avons préféré surseoir à la transmission de la note», a expliqué le président du comité national d’organisation, Boubacar Sanou, qui a confié que le CFOP prendra des dispositions pour que le message parvienne au chef de l’Etat.

Burkina: l’opposition non-affilée annonce sa participation à la marche

Tout au long de la marche, il n’y a pas eu de débordement et aucun acte de vandalisme n’a été observé. Les consignes des organisateurs qui demandaient «une marche pacifique et silencieuse», ont été suivies à la lettre. La marche s’est terminée à la place de la Nation qui a été le point de départ d’un parcours estimé à environ deux kilomètres.

L’appel de l’opposition à manifester concernait toute l’étendue du territoire national. Et d’autres marches ont eu lieu dans d’autres villes comme Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, à Kaya. Les partis de la mouvance présidentielle avaient instruit leurs membres de ne pas prendre part à cette manifestation, chose que l’opposition avait qualifié de «sabotage» de son action.

Siaka CISSE (stagiaire)

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