Accueil Communiqué de presse Lutte pour la suppression de L’IUTS: l’appel à mobilisation de F-SYNTER

Lutte pour la suppression de L’IUTS: l’appel à mobilisation de F-SYNTER

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Ceci est un appel à mobilisation de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER) pour lutter pour la suppression de l’impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS). 

Le pouvoir du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) une fois de plus a engagé une opération de saccage des conditions de vie et de travail des travailleurs de notre pays. En effet, on notera que depuis son avènement, ce pouvoir anti travailleurs s’est illustré par des attaques constantes et insidieuses contre les travailleurs et leur structure de défense que sont les organisations syndicales. A titre illustratif, on retient :
la tentative de remise en cause de la loi 081 portant statut général de la Fonction publique sous prétexte que le Conseil National de la Transition (CNT) n’avait pas budgétisé la mise en œuvre de ladite loi ;
l’initiation de projets et propositions de loi visant à restreindre le droit de grève et la déclaration du sit-in comme une activité illégale ;
des actions de remise en cause du droit de grève se traduisant par des licenciements, des relèvements de leurs fonctions de travailleurs occupant des postes de responsabilité,  des coupures abusives de salaires et des affectations répressives pour activités syndicales ;
la mise en œuvre d’une campagne de diabolisation des luttes, allant jusqu’à leur attribuer un caractère putschiste voire terroriste. On se rappelle à ce propos que Dame Rosine Coulibaly, Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement dans le gouvernement de Paul Kaba Tiéba n’a pas hésité à taxer des travailleurs en lutte de terroristes. Plus récemment c’est le sieur Clément Sawadogo, Secrétaire Général du MPP et dame Laurence Marshall/Ilboudo, Ministre de la femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire qui qualifient respectivement les syndicats d’« agitateurs extrémistes », de « hors-la loi » ;
la réduction de la masse salariale à travers une opération baptisée « remise à plat des salaires des agents publics de l’Etat » ;
la remise en cause des libertés démocratiques et syndicales avec d’une part une révision du Code pénal qui restreint la liberté de presse et limite le droit à l’information des citoyens et d’autre part, la répression que subissent de nombreux travailleurs du fait de leurs activités syndicales ;
le mépris vis-à-vis des organisations syndicales à travers le non-respect des engagements pris avec elles ;
etc.

L’application de l’IUTS sur les primes et indemnités, telle qu’opérée par le pouvoir, a pour objectif de :
diviser les travailleurs et liquider leurs organisations de lutte ;
opérer une diminution des salaires conformément aux injonctions du FMI suite aux conclusions de sa mission du 24 octobre au 06 novembre 2019. C’est tout le sens de l’application de l’IUTS selon « le principe de l’acceptabilité et de la progressivité » que le Ministre Ouaro fait bien de mettre en lien avec la « remise à plat des salaires dans le secteur public » ;
reléguer au second plan les préoccupations essentielles des populations en général et des travailleurs en particulier et masquer du MPP incurie dans sa gestion du pouvoir ;
etc.

Pendant ce temps, aucune action véritable n’est engagée contre les auteurs des nombreuses et monstrueuses malversations qu’ont révélées entre autres les enquêtes parlementaires, les rapports de l’ASCE/LC, du RELAC, de la Cour des comptes, etc. en l’occurrence dans les domaines du foncier, des mines. A cela, il faut ajouter les dossiers scandaleux d’achat de véhicules par le Maire de Ouagadougou, de charbon fin, l’augmentation à la fois du nombre et des montants des caisses noires appelés de façon euphémique « fonds spécieux » passant ainsi de 5 à 11 et de 31,5 à 205 milliards de francs courant 2019. En outre, quand des Ministres s’octroient des salaires ne respectant pas le décret régissant leur rémunération, le gouvernement et le MPP deviennent muets comme des carpes sur le principe de respect de la loi !

Au regard de cette situation et de ses enjeux, le BNF appelle l’ensemble des structures, les militant(e)s, travailleurs de l’éducation et de la recherche à :
une préparation et mise en œuvre avec détermination et réussite des mots d’ordre engagés dans le cadre de la lutte contre ces mesures iniques du pouvoir notamment les actions sectorielles, les marches du 07, du 17 et la grève du 16 au 20 mars 2020 ;
la tenue de rencontres, d’assemblées générales d’explication sur la situation avec les travailleurs, les populations ;
la poursuite de toute action que l’évolution de la situation commanderait ;
etc.

Face à un monstre froid, il n’y a pas d’autre attitude qui vaille que celle de lui asséner les coups nécessaires à même de le contraindre à battre en retraite. Toute tergiversation peut alors se payer lourdement en terme de conséquences.
En avant pour la défense des libertés et des acquis !
Pain et liberté pour le peuple !
Fait à Ouagadougou, le 05 mars 2020

Pour le Bureau national fédéral

Souleymane BADIEL
Secrétaire Général