Accueil A la une Mali: vivement la lumière sur «le mariage de Bounti»!

Mali: vivement la lumière sur «le mariage de Bounti»!

A quand la vérité sur la frappe aérienne de Bounti? (Ph. illustration- studiotamani.org)

L’affaire remonte à janvier, soit au début de cette année. La force française Barkhane, présente notamment dans le Sahel, pour la chasse sans répit aux terroristes, a été accusée d’avoir tué, au Mali, de nombreux civils rassemblés dans une cérémonie de mariage. Faux, rétorquent les Français qui ont affirmé avoir mis, hors d’état de nuire, des terroristes repérés et pistés depuis lors. Mais la division des droits de l’homme de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), donne une version toute autre. Le rapport qui jette comme un gros pavé dans la marre opaque de la lutte contre le terrorisme, affirme que cette frappe des militaires français a bel et bien atteint des populations civiles dans le village de Bounti, dans le centre du Mali. Et c’était bien au cours d’un mariage, confirme le document qui fait état d’au moins 16 civils tués sur le coup et de trois autres personnes qui ont succombé à leurs blessures, suite à la frappe.

Mais, il n’y avait pas que des populations civiles innocentes qui ont trouvé la mort à Bounti. Toujours selon le rapport onusien, 3 djihadistes, sur les 5 présents sur les lieux, sont également restés sur le carreau, lors de la frappe aérienne. Ceci conforte bien la version des militaires de Barkhane, qui traquaient des terroristes. Le ministère français des Armées, droit dans ses bottes, relève, du reste, que la «frappe a suivi un processus de ciblage robuste qui permet d’assurer le strict respect des règles de droit des conflits armés». L’imbroglio reste entier et le mystère total, en attendant, peut-être, les résultats de cette enquête neutre et internationale, une requête des Nations unies. Toutefois, une grande interrogation se pose, d’ores et déjà: que s’est-il réellement passé?

Bavure ou volonté délibérée des Français d’occire des terroristes armés, en sacrifiant les populations civiles? Des questions qui ont tout leur sens, quand on sait que cette guerre asymétrique que les djihadistes imposent aux armées nationales, et aux forces Barkhane du G5 Sahel, ne répond à aucune règle de combat conventionnelle. Pire, il est démontré que les terroristes se diluent toujours dans les populations civiles, desquelles ils se soustraient pour mener leurs activités funestes et qu’ils réintègrent, en toute quiétude. Parfois, les populations sont prises comme bouclier humain. Tout comme, cela arrive, de plus en plus, les terroristes ne sont autres que des habitants, des fils de ces communautés où sont implantés les disciples de Iyad Ag Ghaly, le chef de guerre touareg, patron du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et d’autres groupes terroristes qui écument et endeuillent, au quotidien, le Sahel.

En attendant d’autres développements et rebondissements futurs, cette situation apporte, irréfutablement, de l’eau au moulin de tous ceux pour qui la présence militaire française est urticante au plus haut point, selon des desseins personnels ou idéologiques. Les tenants de l’appel au démantèlement de la Force Barkhane en particulier, qu’ils soient en France, au Mali, au Burkina Faso, au Tchad ou au Niger, viennent de trouver corde supplémentaire à leur arc toujours bandé pour décocher des flèches contre cette présence militaire. Et c’est le sentiment anti-français qui va encore enfler, reléguant aux oubliettes, l’action saluée comme héroïque, en son temps, de l’armée française portée en triomphe, lorsqu’elle a stoppé, net, la progression des djihadistes en terre malienne. Les nostalgiques de François Hollande pourront toujours se rappeler ces hauts faits de guerre de l’ancien président français, comme souvenirs d’une histoire tumultueuse du Mali. Vivement la lumière sur «le mariage de Bounti».

Par Wakat Séra

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