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Manque d’infrastructures et d’enseignants: le calvaire des élèves de Boussera

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«L’insuffisance criarde d’infrastructures scolaires et de personnels enseignants» à Boussera, dans la région du Sud-Ouest, constituent un calvaire pour les élèves de cette localité qui compte 57 villages. Les lignes qui suivent sont, à cet effet, un cri du cœur d’un ressortissant de cette commune rurale, Djèbouonété Somé, lancé à l’endroit du Ministre de l’éducation nationale et de la promotion des langues nationale (MENAPLN).

Monsieur le Ministre,

Je m’excuse avant tout propos pour ce canal par lequel je m’adresse à vous. J’aurai souhaité vous voir en tête à tête comme on le dit, afin de vous faire savoir la profondeur de ma pensée, mais n’ayant pas cette occasion, c’est pourquoi je saisis cette voix virtuelle afin de vous parler.

Monsieur le Ministre,                  

La rentrée scolaire dans la Commune de Boussera, constitue chaque année pour les parents d’élèves, les élèves, des moments d’insomnies. C’est pourquoi, à travers ces lignes, je voudrais très respectueusement vous interpeller à trouver des solutions urgentes à deux situations majeures à savoir l’insuffisance criarde d’infrastructures scolaires et de personnels enseignants pour ces nombreux parents et élèves qui ne savent plus à quel saint se vouer. Je sais combien votre temps est précieux, c’est pourquoi, je vais aller à l’essentiel.

Monsieur le Ministre ;

La commune rurale de Boussera est située à 25 km de Gaoua avec une superficie de 496 km2 pour 57 villages. Cependant, comme infrastructures scolaires, elle n’en compte seulement que 27 écoles primaires dont deux sous paillottes, un seul lycée départemental composé de sept (7) classes et deux CEG qui sont dans des bâtiments d’emprunt. Il est bien que vous sachiez qu’aucune classe du seul lycée n’est doublée et qu’il n’ya que seulement une terminale A comme si les élèves de Boussera ne valaient rien dans les matières scientifiques.

Monsieur le Ministre,   

A coté de ce problème d’infrastructures, il ya un manque criard de personnels surtout au lycée départemental. Afin de mesurer l’ampleur de la situation je vous laisse lire ce cri de cœur d’un parent d’élèves sur les réseaux sociaux :

« SOS lycée départemental de Boussera en détresse !!!! Il est inadmissible qu’un lycée public légalement reconnu puisse autant souffrir de ce manque criard de professeurs au vu et au su des autorités !!! Les questions qu’on est tenté de se poser sont les suivantes: est-ce la population qui a demandé à ce que ce CEG soit érigé en lycée??? Ou bien envoyer des professeurs de lycée dans ce lycée n’est-il pas nécessaire ??? Ou bien même que la hiérarchie n’est pas au courant de ce manque de professeurs ??? L’année passée nous avions vécu ce même problème ce qui a affaibli considérablement le taux de succès au BAC mais nous avons toléré pensant qu’une solution pouvait être trouvée à cette rentrée scolaire. Malheureusement le problème s’est empiré cette année avec le manque des professeurs de maths, philosophie, et allemand au second cycle !!! Nous populations de Boussera et parents d’élèves mettons en garde les dirigeants de ce pays ! Si et seulement si à la reprise en Janvier aucune solution n’est trouvée ! Que toute l’opinion tienne pour responsable les autorités pour tout ce qui arriverait car nous prendrons nos responsabilités et la suite que les autorités assument. Kouman banan !!! »

Monsieur le Ministre

Le célèbre philosophe Danton ne disait-il pas : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple »

Bref ! Je fais expressément économie de toutes les difficultés inimaginables que peut rencontrer cette commune en matière de satisfaction de l’offre éducative. Je n’ignore pas les multiples efforts consentis par l’Etat Burkinabè, çà et là, dans l’accroissement de l’offre éducative et l’amélioration de la qualité de l’éducation, mais le cas de Boussera reste tout de même énigmatique car les habitants de cette partie du Burkina ont le sentiment d’être des laissés pour compte. 

Monsieur le Ministre,

Au regard de ce qui précède, je peux dire sans peur, qu’à cette allure le développement de cette partie du Burkina n’est pas pour demain si l’on consent que l’éducation est la base de tout. Je souhaite fortement que vous mettiez tout en œuvre pour respecter et faire respecter la carte éducative afin de permettre à tous les enfants du Burkina d’avoir les mêmes chances en matière d’accès à l’école.

Tout en espérant que cette lettre vous parviendra, et tout en comptant sur votre prompte réaction à travers des actions fortes et conséquentes pour une année scolaire 2019-2020 réussie, je vous prie de croire Monsieur le Ministre à mes sentiments respectueux.

Fait à Boussera le 29 décembre 2019

Djèbouonété SOME

Ressortissant de Boussera

 

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