Accueil A la une Militaires ivoiriens détenus au Mali: bientôt 49-3-46=0?

Militaires ivoiriens détenus au Mali: bientôt 49-3-46=0?

Les trois soldates, des 49 militaires ivoiriens détenus à Bamako, libérées le 3 septembre

Une mission fructueuse des trois mousquetaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) auprès du chef de la junte militaire au pouvoir au Mali! C’est, du moins, l’espoir des 46 militaires ivoiriens encore détenus à Bamako, suite à leur arrestation le 10 juillet et leur jugement sous la casquette de «mercenaires» dont les ont coiffés les autorités malienne. Pourtant leur pays d’envoi en mission, la Côte d’Ivoire, n’a de cesse de les confirmer comme des soldats faisant régulièrement partie des effectifs de l’armée ivoirienne. Ils constituent même des éléments de soutien (NSE), et devaient remplacer une mission précédente, la 8è du genre, qui avait quitté Bamako, a affirmé Abidjan. Mais les choses sont allées très vite selon le plan déroulé par Bamako pour mettre en difficulté le président ivoirien Alassane Ouattara, accusé de former, avec son homologue nigérien Mohamed Bazoum, la ligne dure dans la prise de sanctions contre le Mali, plus précisément contre les putschistes, au temps où ceux-ci s’offraient une transition à durée indéterminée ou tout au moins démesurée.

Du reste, ces chefs d’Etat en ont pris pour leur grade, dans un discours au vitriol prononcé par le Premier ministre par intérim du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, lors de la 77è Assemblée générale de l’Onu. La «junte» française -c’est le mot du colonel malien- d’Emmanuel Macron, tout comme le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, ont également été servis, les flèches décochées par le Premier ministre ayant été d’une précision chirurgicale. C’est donc depuis New York que la CEDEAO avait pris la décision de dépêcher auprès de la junte militaire malienne une délégation de haut niveau, pour plaider la cause des prisonniers du colonel Assimi Goïta. Ces militaires ivoiriens qui étaient devenus des otages dans les mains des ravisseurs maliens qui exigeaient, au titre de rançon bien singulière pour les laisser retourner dans leurs familles, que la Côte d’Ivoire, en plus de certains avantages, livre à la junte, des anciens dignitaires du régime déchu, dont l’ancien Premier ministre Boubou Cissé, le fils de Feu le président Ibrahim Boubacar Kéïta, Karim et l’ancien ministre Hubert Tiéman Coulibaly. En tout cas, les putschistes, forts de leur butin du 10 juillet qui s’est légèrement amaigri avec la libération, le 3 septembre, des trois femmes du groupe, campent sur leur position, tout en se disant ouverte à la discussion.

C’est dans ce jeu de souffler-mordre, dans lequel excelle la souris, que le colonel Assimi Goïta qui tire une certaine fierté du fait de toujours  faire croire que c’est lui le maître du jeu et du temps, a, finalement reçu la délégation reliftée de la CEDEAO. Et cela, 48 heures après le mardi 4, date initialement prévue pour la visite sur les bords du Djoliba du trio de la CEDEAO. C’était le Gambien Adama Barrow, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, le seul qui figurait sur la première liste des envoyés de l’institution sous-régionale, et le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, représentant le président togolais Faure Gnassingbé, l’unique médiateur reconnu par la junte malienne dans cette affaire dite des «49 militaires ivoiriens» en détention à Bamako. Pourquoi le président en exercice de la CEDEAO, le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo, le président en exercice de l’Union africaine, le Sénégalais Macky Sall et le Togolais Faure Gnassingbé étaient-ils absents? Ont-ils prétexté des contraintes calendaires pour se dérober, parce qu’excédés par la surenchère toujours renouvelée du pouvoir en treillis de Bamako? Les deux premiers du trio des dirigeants ouest-africains ont-ils été dissuadés, d’une manière ou d’une autre, par les autorités maliennes de mettre les pieds à Bamako? Les interrogations demeurent, mais, chose certaine les Maliens n’ont fait aucun mystère de leur position de considérer ce dossier comme une affaire entre les seuls Mali et Côte d’Ivoire et dont le seul médiateur reconnu par eux est Faure Gnassingbé.

Le dénouement de ce scénario digne d’un western est-il pour bientôt, dans un happy-end, il faut l’espérer? Une fin heureuse, si tel est le cas, à laquelle il faudra associer les efforts de Faure Gnassingbé mais aussi de leaders religieux, dont l’influent Cherif de Nioro qui avait reçu, ce mercredi, une délégation ivoirienne, conduite par un missi dominici d’Alassane Ouattara, le ministre conseiller Aly Coulibaly, bien connu au Burkina pour y avoir porté la lettre de demande de pardon de l’ancien président du Faso Blaise Compaoré. Tout porte à croire que des avancées ont été obtenues. Sauf que, dans ces genres d’affaire, où les positions semblaient inconciliables il n’y a guerre longtemps, les rebondissements ne sont jamais loin! Surtout si l’on compte sur la bonne foi, honni soit qui mal y pense, de la junte militaire au pouvoir à Bamako.

Par Wakat Séra  

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