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Niger: élections, c’est pas la guerre!

Des scènes à bannir des habitudes électorales

Mais pourquoi font-ils tout ça? Ils ne peuvent pas attendre leur tour? Des questions de Rachida, actrice et témoin oculaire du vote du second tour de la présidentielle nigérienne, en tant qu’accesseur dans un bureau de vote, où elle a même lié amitié avec un délégué du représentant de l’opposant Mahamane Ousmane, le challenger malheureux de Mohamed Bazoum.

Mais, ce calme et cette exemplarité de comportement des électeurs nigériens, salués par tous les observateurs, qu’ils soient locaux ou internationaux, des prédateurs de la paix et de la cohésion nationale les ont vendangés, ce mardi 23 février, incendiant et pillant sur leur passage, sous prétexte que victoire leur a été volée, lors du second round de l’élection présidentielle nigérienne. Pourtant, les résultats rendus publics par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne sont que provisoires, donnant la possibilité à leur champion, de déposer des recours auprès de la Cour constitutionnelle, avant toute proclamation définitive.

Pourquoi donc, en Afrique, élection doit-elle toujours rimer avec violences et tensions sociales inutiles, qui provoquent des fractures dont le recollage devient difficile, voire impossible? Pourquoi faire, en détricotant ainsi, le tissu social, le lit à des conflits et à des attaques extérieures, dont celles de Boko Haram et des jihadistes affiliés à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui endeuillent au quotidien, le Niger et ses voisins du Mali, du Burkina Faso, du Mali, du Nigeria, pour ne citer que ces pays?

Pourquoi endommager des infrastructures construites, et qui seront réhabilitées, avec l’argent du contribuable nigérien? Pourquoi s’en prendre aux biens du pauvre boutiquier innocent qui, contribue par son petit commerce, au mieux-être de sa famille et au développement du Niger, à sa petite dimension? Aucune réponse ne saurait être apportée à ces interrogations. Juste que c’est la bêtise humaine qui fait son œuvre, faisant paire avec les intérêts égoïstes et très personnels de politiciens qui s’accrochent, où veulent accéder, au pouvoir à tout prix. Y compris marcher sur des cadavres ou dans le sang de jeunes jetés dans la rue. Paradoxalement, ces hommes politiques sans foi ni loi, se mettent bien à l’abri, eux-mêmes, et déconseillent fortement à leurs enfants et proches de se mêler «aux autres» dans ces manifestations souvent des meurtrières.

Le continent noir, en quête d’un développement qui le fuit depuis la nuit des temps, et confronté à la pauvreté et aux maladies, ne mérite pas ces pratiques d’un autre âge. Des scénarios machiavéliques, conçus dans les laboratoires de politiciens sans vergogne, qui surfent sur la misère et le manque de culture politique de populations, manipulées, souvent avec quelques billets de banque, sacs de riz ou des promesses mirobolantes, jamais tenues. Il est temps que l’opposition s’oppose de manière républicaine et que les «gens du pouvoir» agissent en gentlemans, pour les causes d’élections ouvertes et transparentes.

Car, c’est également, et surtout, le déficit de confiance qui génère ces échauffourées et guérillas urbaines entre forces de l’ordre et manifestants et des affrontements sanglants, entre voisins de cour ou de quartier, d’habitude très complices. Le poisson pourrissant toujours par la tête, comme l’enseigne cet adage bien africain, le mauvais exemple vient, également, toujours, de leaders assoiffés de pouvoir, qui ne lésinent sur aucun moyen pour parvenir à leurs fins. Il urge pour les politiciens, de revoir leur copie, pour que les Africains, au nom de la démocratie, arrêtent de s’écharper après les élections.

Elections, c’est pas la guerre, aurait bien pu chanter le congolais Zao, auteur du célèbre refrain, «football, c’est pas la guerre»!

Par Wakat Séra

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