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Ouattara-Gbagbo: enfin!

Laurent Gbagbo (à gauche) et Alassane Ouattara (Photo d'archives)

Sans être l’une des têtes d’affiche des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, la rencontre entre le président Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo, prévue dans la soirée de ce mardi 27 juillet, n’en capte pas moins toutes les attentions en Côte d’Ivoire. Mieux, elle est considérée, à raison, comme historique! Et les Ivoiriens espèrent de ces retrouvailles entre les deux meilleurs ennemis politiques, qu’elle soit habillée du sceau de la fraternité et contribue surtout à renforcer les balises de la réconciliation, plantées par Alassane Ouattara. Depuis son retour triomphal, le 17 juin, qui a mis dans les rues des foules acquises à sa cause, preuve que sa popularité n’a pas pris la moindre ride, Laurent Gbagbo était très attendu sur la route du palais présidentiel, selon les souhaits des Ivoiriens, le vrai peuple accroché à l’espoir de la réconciliation. Mais l’actuel locataire des lieux et l’ancien, son hôte du jour, semblaient bien prendre leur temps, comme s’ils se jaugeaient. Occasion pour leurs lieutenants de s’envoyer des flèches bien acérées, comme pour pimenter davantage ces retrouvailles.

Des discours va-t-en guerre qui ont bien fait monter le mercure politique ces derniers temps. Certes, les propos de l’ancien prisonnier de La Haye, qui, depuis l’avion qui le ramenait de Bruxelles où il s’enkystait malgré son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), a remis sur la table, son combat politique, récriminant contre le troisième mandat, n’ont pas beaucoup plu du côté d’Abidjan. En récidiviste notoire, le fils de Mama a, d’ailleurs, mis à profit ses activités d’après retour au bercail, pour se mettre, en bon «soldat» à la disposition de son parti politique, car pour lui, «la lutte continue». Toutefois, les deux dinosaures de la jungle politique ivoirienne ont peut-être compris qu’il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix. En attendant de vivre cette rencontre de courtoisie, qui devrait être plus qu’un symbole dans la quête de la paix et de la cohésion sociale sur les bords de la lagune Ebrié, les projections vont bon train.

Dans une Côte d’Ivoire du tout politiquement possible, le pays où toutes les opportunités sont saisies par les politiciens experts dans les mariages et divorces de raison, une alliance Ouattara-Gbagbo, n’est pas à écarter. Se fera-t-elle avec la bénédiction du troisième larron, l’inoxydable Henri Konan Bédié, ou contre son gré? Un acte qui, sans doute, participera à affaiblir encore un peu plus le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, le PDCI-RDA et enterrera définitivement le jusque-là insubmersible Guillaume Kigbafori Soro et ses Générations et Peuples Solidaires. C’est certain, le GPS semble de plus en plus déboussolé, malgré quelques sorties d’éclat de son leader, l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, contraint à l’exil depuis son désamour avec son ancien mentor, Alassane Ouattara. Certains vont jusqu’à penser que le fauteuil de vice-président resté inoccupé depuis la démission du dévoué inaugurateur des chrysanthèmes, Daniel Kablan Duncan, pourrait trouver preneur si rapprochement il y a entre Ouattara et Gbagbo.

Laurent Gbagbo qui se verrait bien de retour aux affaires se contentera-t-il de si peu? En tout cas, la politique fiction bat son plein, et toutes les hypothèses trouvent défenseurs acharnés, parfois eux-mêmes peu ou prou convaincus par leurs propres arguments. Politiciens de tous les bords, faites vos jeux et que la réconciliation qui a été mangée à toutes les sauces, sauf la bonne, soit surtout privilégiée dans l’intérêt de tous et non que de chacun. Alassane Ouattara, reste, pour l’instant en tout cas, maître incontestable du sablier!

Par Wakat Séra

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