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Prix Nobel de la paix 2018: Denis Mukwege et Yézidie Nadia Murad, lauréats

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Le chirurgien congolais, Denis Mukwege, l’un des récipiendaires

Le docteur congolais Denis Mukwege, gynécologue qui soigne les femmes violées en République démocratique du Congo, et Nadia Murad, ex-esclave sexuelle du groupe Etat islamique, sont les deux lauréats du prix Nobel de la paix 2018. Tous deux sont récompensés pour leur combat contre les viols de guerre.

Après la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), le prix Nobel change de mains. En effet, sur 311 candidats au départ, l’Académie suédoise a décerné à une dizaine de personnes et d’organisations luttant contre les violences sexuelles, l’insécurité alimentaire ainsi que la crise migratoire des prix Nobel ce vendredi 5 octobre 2018. Cependant, un prix qui a attiré l’attention des médias à l’instar de la Radio France Internationale (RFI). Il s’agit de celui du Congolais Denis Mukwege et de l’Irakienne Nadia Murad, deux personnes « très impliquées » dans la lutte contre les violences faites aux femmes en temps de guerre.

Denis Mukwege, L’Homme qui répare les femmes

Denis Mukwege, gynécologue congolais, vient en aide depuis de nombreuses années déjà aux femmes victimes de viols. L’hôpital de Panzi conçu pour permettre aux femmes d’accoucher en sécurité qu’il a créé 1999 devient rapidement une clinique du viol à mesure que le Kivu sombre dans l’horreur de la deuxième guerre du Congo (1998-2003) et de ses viols de masse. Il a été dénombré plus de 50 000 femmes prises en charge.

Déjà récompensé en Europe, aux Etats-Unis et en Asie pour son action, il a lancé en 2014 un mouvement féministe masculin, V-Men Congo. Denis Mukwege avait déjà reçu le prix Sakharov en 2014 pour son combat. Depuis 2015, alors que la RDC s’enfonce dans une crise politique émaillée de violences, L’Homme qui répare les femmes, comme le décrit un documentaire sur son combat a dénoncé à plusieurs reprises « le climat d’oppression […] et de rétrécissement de l’espace des libertés fondamentales » dans son pays.

Nadia Murad, l’ex esclave sexuelle

Nadia Murad, née en 1993 à Kocho un village près de Sinjar en Irak, est une activiste irakienne des droits de l’homme, issue de la communauté yézidie. A 25 ans, Nadia Murad a survécu aux pires heures traversées par les yézidis d’Irak persécutés par les djihadistes, jusqu’à en devenir une porte-parole respectée de sa communauté. Le 16 septembre 2016, elle devient ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations unies pour la dignité des victimes de la traite des êtres humains.

Nadia Murad, jeune femme de 25 ans est la 2e récipiendaire du prix Nobel de la paix

Elle a reçu grâce à son combat des distinctions dont le prix des droits de l’Homme Vaclav Havec et celui de Sakharov décernés respectivement par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et Parlement européen.

A 25 ans, Nadia Murad a vécu dans sa chair les persécutions djihadistes. Conduite de force à Mossoul, la « capitale » irakienne du « califat » autoproclamé de l’EI, elle est mariée de force, battue, torturée, violée, vendue et revendue comme esclave. Elle parvient à s’échapper avec l’aide d’une famille de Mossoul, gagne le Kurdistan et trouve refuge en Allemagne où elle vit toujours. Elle poursuit son combat pour la cause yézidie depuis l’Europe et bénéficie du soutien de l’avocate et militante des droits de l’homme libano-britannique Amal Clooney.

Par Alimatou SENI (Stagiaire)

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