Accueil Communiqué de presse Procès en diffamation contre Lookman Sawadogo: une organisation de journalistes déplore la...

Procès en diffamation contre Lookman Sawadogo: une organisation de journalistes déplore la procédure

0

Dans le communiqué suivant parvenu à la rédaction de Wakat Séra, l’Union de la presse indépendante du Faso procès en diffamation intenté par les 6 hauts magistrats membres de la commission d’enquête du CSM contre le directeur de publication de Le Soir, Lookmann Sawadogo, et la suspension de l’émission « Bibenoore » de Radio Optima « déplorent vivement la procédure telle qu’engagée par les membres de la Commission d’enquêtes du CSM sur les cas de corruption dans la magistrature »

L’Union de la presse indépendante du Faso (UNPIF) a tenu une réunion ce mardi 25 juillet 2017 autour de son processus de mise en place et des questions relatives à la profession notamment le procès en diffamation intenté par les 6 hauts magistrats membres de la commission d’enquête du CSM contre le directeur de publication de Le Soir, Lookmann Sawadogo, et la suspension de l’émission « Bibenoore » de Radio Optima.

Sur le premier point la réunion a décidé de la mise en place d’une commission chargée d’élaborer et de lui proposer une feuille de route pour l’opérationnalisation de l’UNPIF dans les meilleurs délais. André Eugène ILBOUDO a été chargé de coordonner ladite commission.

L’UNPIF conformément à son premier communiqué en date du 5 juillet 2017, réaffirme son soutien intransigeant au journaliste Lookmann Sawadogo dans cette épreuve inique d’acharnement, d’intimidation et de persécution.

Les incohérences de la procédure, la disproportion entre la qualité des plaignants (6 hauts magistrats contre un journaliste) ainsi que la distorsion notoire de la procédure utilisée (code pénal au lieu de la loi sur la presse) ; indiquent clairement la volonté d’abattre la cible désignée en la personne du journaliste Lookmann Sawadogo. Le procès ainsi engagé vient en contradiction flagrante de la longue lutte engagée par les organisations de défense de la liberté de presse et d’opinion qui a abouti au vote des lois sur la presse au Burkina Faso.  Le fait est d’autant plus inique que ceux-là même qui accusent sont d’une part des praticiens aguerris en matière d’application des lois de notre pays et d’autre part dans une situation manifeste de conflits d’intérêts puisque l’un d’eux est chargé de la défense des intérêts d’un média important de la place.

Par ailleurs, l’UNPIF constate que dans le fond comme dans la forme, le journaliste a exercé dans un cadre réglementaire puisque la publication en ligne Lesoir.bf est une page officielle du journal Le Soir et que l’écrit incriminé respecte en tous points les règles en la matière.

En ce qui concerne le cas de Radio Optima avec la suspension par le CSC de son émission Biibénooré, l’UNPIF marque son étonnement sur l’attitude du CSC qui non seulement s’érige en instance de répression et non de régulation mais en plus viole ses propres textes en matière de prise de décisions. En effet il nous parait anachronique qu’un organe de promotion de la liberté de la presse s’auto-saisisse pour réprimer alors que les personnes susceptibles de se sentir brimées ne se plaignent pas. Par ailleurs l’UNPIF note avec stupéfaction le fait que la décision de suspension n’a pas été prise par le collège des Conseillers comme cela devrait l’être. Cette procédure est un précédent extrêmement grave qui interpelle tous les défenseurs de la liberté de presse.

Vu tout ce qui précède, l’UNPIF et les signataires du présent communiqué :

  • Déplorent vivement la procédure telle qu’engagée par les membres de la Commission d’enquêtes du CSM sur les cas de corruption dans la magistrature contre le journaliste Lookmann Sawadogo ;
  • Lancent un appel à tous les journalistes, aux citoyens et aux démocrates à apporter leur soutien aux journalistes menacés et intimidés dans l’exercice de leur profession où qu’ils se trouvent ;
  • Réaffirment leur soutien au journaliste Lookmann Sawadogo dont le cas apparait comme une tentative de museler les médias au regard du fait qu’en plus de ses fonctions au journal Le soir il anime l’émission de débats «Presse Echos » de la télévision privée BF1 ;
  • Appellent les acteurs du système judiciaire au Burkina Faso à se mettre à la hauteur des enjeux ;
  • Dénonce la suspension abusive de l’émission « Biibenoore » de la Radio Optima.

La réunion a décidé de l’ouverture de la signature du présent communiqué aux organes et associations des médias qui le souhaiteraient.

Fait à Ouagadougou le 25 juillet 2017

Ont signé :

  • Association des médias communautaires (AMC) :

André Eugène ILBOUDO

  • Association des éditeurs et promoteurs des journaux en langues nationales (AEPJLN) :

Evariste ZONGO

  • Médias Foundation for West Africa : 

Youssef OUEDRAOGO / Représentant au Burkina Faso

  • Le Quotidien :

Souleymane TRAORE

  • L’Œil du Faso :

Adama GUEBRE

  • Burkina Hebdo :

Juvénal SOME

  • Notre voix :

Issouf SIDIBE

  • Le Soleil :

Roger SAWADOGO

  • Radio Horizon FM :

Salif GUIGMA

  • Radio Optima :

Ambroise TAPSOBA

  • L’Opinion :

Issaka LINGANI

  • Le soir :

Thierry NABYOURE

  • Le réveil du Faso :

Boubacar OUATTARA

  • net :

Antoine DABILGOU

  • Faso Actu :

Daouda SA

  • net :

Joachim VOUKOUMA

  • Intégration :

Abdallah KABORE

  • Télévision BF1 :

Issoufou SARE

  • Fémina FM :

Eveline SALEMBERE

  • Tiligré FM :

Fabrice TAPSOBA

  • Le Dossier :

Adama OUEDRAOGO

  • Radio Solidarité :

Abdoul Karim OUEDRAOGO

  • Radio Manegnoogo :

Emmanuel BAMOGO