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Ramadan mubarak!

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Temps de charité, le ramadan est considéré comme le mois saint par excellence pour les musulmans (Ph DR)

Ça y est, presque le monde entier est entré dans le mois saint par excellence pour les musulmans. Dans la gaîté pour certains et financièrement difficile pour d’autres, cette période au cours de laquelle s’accomplit le jeûne, l’un des cinq piliers de l’Islam, une fois de plus, ne se présentera pas sous le même visage pour tous. Certes, depuis ce jeudi 17 mai où ils ont débuté après l’observance de la lune, ces moments en principe de charité et de piété réuniront les fidèles musulmans autour de plusieurs autres événements dont «la nuit du Destin». Au bout de ces jours de carême, où ils s’abstiendront de bien de choses comme la nourriture, la boisson, les rapports sexuels, le tabac et dérivées, les musulmans ayant l’âge requis et aptes, se retrouveront autour de l’Aïd el-Fitr, en prenant le soin de s’acquitter de la zakât al-fitr, l’aumône exigée par la religion, au profit des plus pauvres. Si les jours de son début et de sa fin sont parfois difficiles à déterminer et ne sont donc pas forcément uniformes sur toute la planète, du fait de leur dépendance de l’apparition du croissant lunaire, le caractère sacré du ramadan ne souffre d’aucune contestation. Mieux, ou pire, c’est selon, la non observance des règles liées au ramadan, en plus de présenter son auteur comme un pestiféré dans sa communauté, sont passibles de diverses peines dans certains pays. Le pire des châtiments étant, bien entendu, celui divin.

Et c’est là que libertés individuelles et dogme religieux achoppent parfois, provoquant inévitablement des heurts entre des enfants du même Dieu. Plusieurs cas ont été notés, notamment en Tunisie où l’année passée, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein mois de ramadan. L’offense est si profonde que ces «rebelles» de la foi auraient connu pire condamnation, en d’autres temps. C’est dans une logique de prévention que dans ce pays foncièrement musulman, des associations, au nom du droit de ne pas jeûner, qui aurait des allures de blasphème sous d’autres cieux, se mobilisent. Provocation ou droit légitime de défense des libertés humaines dans un monde désormais ouvert à mille et un interdits religieux? Seule l’attitude des autorités tunisiennes donnera réponse à  ce mouvement. Une chose est certaine, le ramadan sera encore dur cette année. Non pas seulement à cause des rayons brûlants d’un soleil implacable qui lui ne connaît point de clémence surtout dans les régions sahéliennes, mais surtout avec la flambée des prix des produits de première nécessité qui rime avec cette période de jeûne. Le blé, le sucre, l’huile, pour ne citer que ces denrées deviennent souvent hors de prix, par le fait de commerçants véreux qui n’ont aucune pitié pour des consommateurs pourtant déjà accablés par les vicissitudes de la vie chère. Comme le dirait l’autre, ces marchands n’ont même pas peur d’Allah, eux pour qui toutes les occasions sont bonnes pour s’en mettre plein les poches. Le ramadan sera également dur et sanglant pour certains peuples, qui n’ont jamais connu la paix dans cette période pourtant de piété.

Une chose est certaine, au Burkina Faso où le premier jour de jeûne a été aspergé de quelques gouttes d’eau rendant le climat doux, dans une période où la canicule frappait sans ménagement, le ramadan est au rendez-vous avec ses joies et peines, mais surtout l’espoir pour tout fidèle musulman à se rapprocher davantage d’Allah. Comme l’a souhaité le premier ministre canadien Justin Trudeau, «Ramadan mubarak» à tous les fidèles musulmans!

Par Wakat Séra

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