Pourquoi l’opposition congolaise ne s’est-elle pas encore prononcée sur ce retour dans le maquis de Joseph Kabila, qui a pris la tête, le 12 octobre 2026, du mouvement politico-militaire du Front pour la refondation nationale (FRN), dans le but de reconquérir le pouvoir par les armes? Quelle sera la position d’ensemble des opposants sur le dialogue national prévu par le président Félix Tshisekedi, un dialogue qui est dit inclusif, mais laisse à quai certains opposants? Que pensent ces mêmes opposants du charcutage de la constitution que s’apprête à opérer le chef de l’Etat congolais avec pour finalité de s’offrir un troisième mandat présidentiel? Autant d’interrogations qui trouveront, peut-être, réponse sur les chemins européens de l’opposition battant pavillon C64 et dont la tournée sur le vieux continent commence, ce lundi, par Rome, en Italie.
Alors que la RDC subit la furie dévastatrice de Ebola Bundibugyo qui continue d’y faire des ravages malgré le dispositif de lutte, et de traverser allègrement les frontières, se promenant désormais entre l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’ouest, les politiciens congolais eux, se déchirent autour du pouvoir. Un pouvoir que le président Félix Tshisekedi compte conserver après ses deux mandats constitutionnels et que ses opposants entendent lui arracher au nom de la sacro-sainte règle de l’alternance démocratique. Visiblement maître du jeu, du moins pour l’instant, et pour gagner du temps, le chef de l’Etat congolais prépare, sereinement, son dialogue national dit inclusif, mais qui a largué certains opposants. Parmi ces derniers, l’homme le plus ciblé n’est autre que l’ancien président congolais, Joseph Kabila, condamné à mort par contumace, en septembre 2025, par la justice de son pays.
Il n’a jamais aimé le Congo, a dit Félix Tshisekedi, évoquant la nouvelle option de Joseph Kabila de prendre les armes contre son pays, à travers une rébellion armée. En effet, le prédécesseur du président congolais avait déjà, sur le dos le grief de collusion avec les combattants de l’AFC-M23 que le Rwanda est accusé de soutenir, d’où sa condamnation à mort. Mais sa sortie du bois révèle, désormais, sa détermination d’en découdre ouvertement avec Kinshasa, pour faire partir son successeur dont il a pourtant favorisé, à l’époque, la victoire à des élections contestées qu’il a organisées en décembre 2018. Question: Joseph Kabila a-t-il choisi la bonne option alors que l’opposition luttait contre sa mise à l’écart du dialogue national qualifié d’inclusif, mais en réalité exclusif, de Félix Tshisekedi? Si c’est, indubitablement, le moyen pour l’ancien président congolais de se replacer dans un jeu politique totalement verrouillé par son successeur, il n’en demeure pas moins qu’il aura, difficilement, l’aval d’une opposition républicaine pour qui le pouvoir ne peut être conquis que par les urnes, dans une république démocratique.
Sur quel soutien compte donc Joseph Kabila pour assouvir son dessein belliqueux, alors que des défections de cadre sont déjà observées dans son camp? Du reste, avant même la tournée européenne du C64, l’opposant Augustin Matata Ponyo Mapon, ni plus ni moins, ancien Premier ministre de Joseph Kabila, a, peut-être, esquissé la position de l’ensemble de l’opposition, en affirmant sa conviction que le pouvoir, en RDC, ne peut se conquérir par les armes. C’est dans cette même dynamique que Félix Tshisekedi, pour contrer l’offensive guerrière de Joseph Kabila, a sonné la mobilisation de sa majorité parlementaire.
En tout cas, c’est loin d’être le fait du hasard si la tournée des opposants congolais, commence par Rome, siège de l’Eglise catholique, très influente sur la politique en RDC.
Par Wakat Séra





































