Accueil Communiqué de presse Réformes scolaires : l’AEBF « encourage et soutient » la lutte des élèves

Réformes scolaires : l’AEBF « encourage et soutient » la lutte des élèves

Les élèves progressant vers le MENAPLN (photo d'archives)

L’Association des Étudiants Burkinabè en France (AEBF), association membre de l’Union générale des Etudiants du Burkina (UGEB), dans une déclaration dont Wakat Séra a reçu copie, « encourage et soutient vivement la lutte patriotique en cours des élèves du Burkina Faso ». Elle « condamne l’usage disproportionné » de la force contre les élèves et réclame la libération de tous les élèves enlevés et détenus « injustement ».

Depuis quelques semaines, les élèves des différentes villes du Burkina Faso réunis autour de leurs organisations combatives mènent une lutte patriotique pour une éducation démocratique et populaire accessible aux enfants du peuple. En effet, dans sa logique de détruire notre système éducatif de manière accélérée par l’application avec zèle des Programmes d’Ajustement Structurels (PAS) sous ses différentes variantes (CSLP, SCADD, PNDES, RND), le pouvoir MPP et ses alliés ont entrepris une nouvelle réforme des examens du BEPC et du Baccalauréat. Ainsi, on note dans cette réforme la suppression au BEPC du sujet au choix en SVT et en Histoire-géographie, avec comme argument fallacieux l’amélioration des résultats, sans au préalable revoir le contenu des programmes. Quelle aberration ! Par ailleurs, le pouvoir impopulaire du MPP compte faire du Baccalauréat le dernier diplôme de l’enseignement secondaire contrairement à sa forme actuelle où il est le 1er diplôme universitaire.

Notre Union, dans sa déclaration/analyse de l’offre éducative des principaux candidats à l’élection présidentielle du 22 Novembre 2020 alertait déjà en ces termes « Explicitement, le programme (NDLR : de Roch Marc Christian Kaboré) souhaite l’arrimage du Baccalauréat au Ministère chargé de l’Education comme diplôme terminal du secondaire, en application des textes de la CEDEAO. Faire du Bac le dernier diplôme du secondaire, c’est de façon voilée mettre un frein à l’accession de tous les bacheliers à l’université. C’est donc le retour au BAC OCECOS combattu par les organisations d’enseignants et d’étudiants en 1999-2000. »

Même si le ministre Stanislas Ouaro tente vainement de berner les élèves en leur faisant croire que les conditions ne changeront pas, les acteurs de l’éducation gardent fort heureusement leur lucidité. Plusieurs années après l’application des réformes LMD et Continuum, le constat est implacable : notre système éducatif s’est davantage engouffré.

Face aux justes et légitimes revendications des élèves, le pouvoir MPP dans sa logique de fascisation n’a rien trouvé mieux que d’user, comme il sait bien le faire, du mensonge en évoquant l’instrumentalisation des élèves, afin de justifier la répression. Une répression aveugle qui a déjà conduit à la mort d’élèves, Sinaré Abdoul Mohamine en classe de 6e au Lycée Municipal de Paspanga.  On déplore aussi le décès de Kinda Cécile, élève en classe de 3e à Kongoussi. Plusieurs élèves ont été blessés, d’autres bastonnés et poursuivis jusque dans leurs établissements en violation flagrantes des franchises scolaires. A Koudougou, la répression a causé la perte de l’œil du Président de l’Association des Scolaires de Koudougou, Bako Kévin, alors qu’il manifestait pacifiquement. Comme si cela ne suffisait pas, une dizaine d’élèves est en ce moment détenue à la MACO.

C’est le lieu pour le Comité Exécutif de l’AEBF de présenter ses condoléances aux familles et aux camarades des élèves Sinaré Abdoul Mohamine assassiné dans son école par des forces répressives aux ordres du pouvoir MPP, et Kinda Cécile décédée à Kongoussi dès les premiers moments. Il souhaite également un prompt rétablissement aux élèves blessés. Le ministre Stanislas Ouaro du fait de son entêtement, ainsi que ses chefs d’établissement en serviteurs zélés, endossent l’entière responsabilité des morts et blessés qui en découlent. Incapable d’arrêter la progression des terroristes djihadistes et leurs lots de morts et de déplacés, c’est face à nos camarades élèves avec leurs revendications légitimes que Stanislas Ouaro et son gouvernement MPP sont capables de bander leurs muscles par des répressions dans le sang. A se demander vraiment qui est terroriste et qui fait le lit du terrorisme dans notre pays !

L’AEBF :

  • Condamne l’usage disproportionné de la force contre les élèves qui ne font que réclamer une éducation de qualité ;
  • Exige la prise en charge de tous les blessés ;
  • Exige la justice pour les élèves Sinaré Abdoul Mohamine et Kinda Cécile ;
  • Réclame la libération de tous les élèves enlevés et détenus injustement ;
  • Encourage et soutient vivement la lutte patriotique en cours des élèves du Burkina Faso. Loin d’être des actes « d’incivisme », ces actions des élèves montrent toute leur maturité et sont porteuses d’un souffle d’espoir pour notre peuple ;
  • Appelle l’ensemble des étudiants Burkinabè en France à suivre de près ce qui se passe dans notre pays et à se solidariser avec les élèves de notre pays.

Non au sabotage de la formation des enfants du peuple !

Non aux réformes destructrices de notre système éducatif !

Vérité et justice pour Sinaré Abdoul Mohamine et Kinda Cécile !

Vive l’unité d’action entre élèves, étudiants et travailleurs !

Pain et liberté pour le peuple !

Le Comité Exécutif

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