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Russie-Ukraine: Africains pris au piège de la guerre, que peuvent les mots de l’UA?

Ouvrez les frontières pour les Africains de l'Ukraine! (Ph. bfmtv.com)

Des milliers d’Africains, ressortissants essentiellement de l’Afrique du sud, du Nigeria ou de la Côte d’Ivoire, pour ne citer que ces pays, sont pris non seulement au piège de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, mais également de la discrimination dans la tentative de traversée vers les pays frontaliers pour échapper aux roquettes, obus et autres artillerie lourde. S’ils réussissent à traverser l’Ukraine sous la pluie des bombes, c’est la désillusion qui les attend aux frontières qu’ils doivent traverser pour s’éloigner du théâtre du conflit.

Le refus et les traitements dégradants et inhumains infligés aux noirs dans leur fuite vers la vie, sont légion. Comme si la couleur de la peau et du passeport compte devant la mort, les noirs sont simplement bloqués, empêchés de prendre place dans les bus où les trains et surtout de traverser les frontières, notamment celle entre l’Ukraine et la Pologne.

Face au flot de dénonciations et de témoignages, souvent images à l’appui, Abuja et Pretoria, par exemple, n’ont pas hésité à élever le ton contre cet apartheid qui ne dit pas son nom, pratiqués dans des moments aussi affligeants de guerre. La Côte d’Ivoire, elle, essaie d’organiser le rapatriement des siens, au moins 500, embarqués dans la galère ukrainienne, mais ne sait pas pour l’instant, quel sort leur sera réservé à la frontière avec la Pologne, et plus loin, en Allemagne qui doit leur servir de pays de transit avant le retour au bercail.

Certains pourraient même chercher à mettre le cap sur d’autres horizons, pour la suite de leur aventure, car les Africains ne retournent jamais à la maison, tant qu’ils ne sont pas en mesure de faire la fierté de leurs familles ou de leurs villages, par la démonstration de force, dont les symboles sont la villa cossue, la belle voiture et tout ce qui peut émerveiller et faire pâlir de jalousie, le voisin dont le fils n’a pas pu franchir les hauts murs de la citadelle Europe, continent qui est encore considéré comme un eldorado par une jeunesse africaine désenchantée et sans espoir.

L’Union africaine, par les voix de son président en exercice et du président de la Commission, est également montée au créneau pour dénoncer avec véhémence, ce «traitement différent inacceptable, choquant et raciste», en violation du droit international. Mais les mots, malgré la virulence avec laquelle ils ont été assenés, auront-ils assez de force contre les maux pour ouvrir les frontières aux Africains en détresse? L’espoir est permis, sauf que l’organisation africaine aurait pu prendre le devant des opérations de traversée des frontières ukrainiennes.

L’initiative serait peut-être plus rapide et davantage efficace. En tout cas, elle aurait le mérite de prendre en compte, des ressortissants africains dont les dirigeants sont contraints au silence, pas parce que leurs pays sont épargnés par cette situation déplorable à plus d’un titre, mais à cause du manque de moyens, chez eux, pour mettre en place la logistique adéquate pour mener à bien ce genre d’action.

En tous cas, qu’ils soient africains ou d’ailleurs, le nombre de réfugiés dans les pays voisins de l’Ukraine ne cesse d’enfler. Si pour le moment, ils ne sont autour de 500 000, les déplacés de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pourraient atteindre, à la longue, 7 millions de personnes. D’autres soucis en perspective pour l’Europe qu’essaient de rallier, au quotidien et au risque de se faire engloutir par la Méditerranée, devenue un cimetière géant, des milliers de candidats à l’immigration. Et ce mardi, l’invasion sur fond de bombardements sera à son sixième jour, avec pour seul petit bémol, ces négociations entre délégations russe et ukrainienne, même si pour ce premier round, elles n’ont duré que quelques heures!

Par Wakat Séra   

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