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Terrorisme au Burkina: les sources d’approvisionnement des groupes armés

Combattants jihadistes en mai 2012 près de Tombouctou (Mali) (STR-AP-SIPA-AP)

«Sur la filière d’approvisionnement, les recherches ont montré que tous les pays côtiers constituent des bases logistiques des groupes armés», a confié, le 27 août 2022, l’expert en sécurité, Mahamoudou Sawadogo, au cours d’une conférence publique sur la sécurité au Sahel. Il a noté que l’or est la principale source de financement de ces groupes au Burkina, qui l’écoulent avec certains pays voisins.

Lors de la conférence publique organisée le 27 août 2022, par la Société burkinabè de géopolitique (SBG), Mahamoudou Sawadogo, chercheur, spécialiste des questions sécuritaires, s’est prononcé sur la filière d’approvisionnement des groupes armés terroristes qui endeuillent les pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger.

L’expert a souligné que le trafic de l’or est la principale source de financement de ces groupes armés au Burkina. Il a pris l’exemple sur la région de l’Est qu’ils occupent depuis 2018, confiant qu’après renseignement pris auprès du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB), les pertes enregistrées en une année par cette société avec l’orpaillage artisanal dans cette région s’évaluent entre 15 et 35 milliards en taxes, sans compter ce qui est sorti sans taxe. Il a déduit que c’est ce que gagnent les groupes armés en une année dans la région de l’Est.

A travers cette région, a poursuivi Mahamoudou Sawadogo, les groupes armés écoulent l’or vers les autres pays. «On a pris l’exemple sur le Togo, qui ne possède pas de mine d’or. Mais aujourd’hui, ce pays a ouvert des comptoirs d’or à Dubaï et il vend 36% de l’or burkinabè», a confié le gendarme à la retraite.

Dans son développement, le chercheur a noté que les Etats voisins du Burkina ont, à un moment donné, bénéficié des avantages de ce fléau, précisant que des recherches ont montré que tous les pays côtiers constituent des bases logistiques des groupes armés. «En armement, on a le Ghana et le Togo. En motos et en carburant, c’est le Bénin à travers le Nigeria», a-t-il informé.

Bien qu’il ait appelé à des coopérations bilatérale et régionale, Mahamoudou Sawadogo a toutefois souligné qu’il est important de choisir la forme de coopération et avec qui il faut le faire. «Dans le cadre de la coopération bilatérale ou régionale, il va falloir être franc et se dire la vérité», a-t-il insisté.

Il s’est par ailleurs étonné que le Benin, dans cette lutte contre le terrorisme, n’ait pas annoncé ses couleurs jusque-là. «Il se trouve que nous avons un problème frontalier avec le Bénin. Il faut résoudre ce problème, parce que cette situation profite aux groupes armés», a prévenu le spécialiste des questions sécuritaires.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)

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