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Transition en Guinée: «La junte doit rendre le pouvoir dans les plus brefs délais»

Président de la Transition en Guinée, le Colonel Mamady Doumbouya,

Ceci est une déclaration du groupe de réflexion «La Nouvelle Donne» sur la transition en Guinée. Le groupe, dans ce document, soutient que «la junte doit rendre le pouvoir dans les plus brefs délais».

« Une leçon de realpolitik …

Rarement le crédit de notre pays aura été si faible. Une junte violente, qui méprise les Guinéens et leurs représentants. Un gouvernement de façade, dont le chef est parti. Une confusion lamentable sur l’issue de notre transition …

Mais nos « partenaires » nous observent et savent tirer parti de notre « rupture de légitimité ». Après avoir ignoré les injonctions martiales de la junte, puis menacé de mettre au chômage plusieurs milliers de Guinéens, des investisseurs chinois ont mis la main sur le premier gisement de fer du monde (Simandou).

Aucune convention n’a été soumise à l’assemblée – elle n’existe pas. Aucune information n’a été communiquée aux citoyens – cela ne les regarde pas (pensent certains). La Guinée va mal, sa junte est aux abois, et ses ressources minérales peuvent s’acquérir à moindre coût.

Après la « retraite en uniforme », la « mission-découverte » à l’intérieur du pays, puis le recyclage du « grand nettoyage », voici venu « le temps de l’endettement » pour nos ministres. 50 millions d’euros empruntés à l’Agence Française de Développement. Une France qui répond à notre intérêt soudain pour l’assainissement. Une « banque de développement » qui traite avec un régime illégitime. Qu’en penser ?

Les États n’ont que des intérêts. On invoquera la « lutte contre la terreur ». La nécessité de riposter à la concurrence asiatique. Ou encore l’importance de tenir en échec d’hypothétiques visées russes. Après la suspension de la coopération militaire avec la Guinée suite au coup d’État, dès le début de l’année 2022, elle a repris de plus belle.

Un ministre a dû expliquer sa présence lors d’un salon de l’armement à Paris du 13 au 17 juin. Puis démentir l’installation d’une base française en Guinée. Depuis, les forces de sécurité et de défense françaises communiquent sur l’appui fourni à une junte qui nous prive de nos libertés fondamentales. Voici donc l’état de notre État – pitoyable.

Faute d’avoir pu régler, entre civils, la fin du deuxième mandat d’un président “délinquant”, nous voici contraints de subir les ordres et le chaos de quelques soldats ignorant tout de l’administration. C’est une leçon magistrale pour ceux qui, comme nous, pensent que la Guinée mérite mieux que ce triste spectacle.

Que Faire ?

  • Demander aux ministres de se prononcer clairement sur leur rôle : appartiennent-ils à un gouvernement de mission ou sont-ils les complices d’une équipe de façade, dont le chef a pris le large ? Des « décrétés » prêtant allégeance à une junte à la recherche d’une caution.
    ● Rappeler que le CNT n’est pas une assemblée légitime et que les délibérations de ses membres engagent des individus – qui seront tenus pour responsables de leurs actes lorsque le retour à la légalité surviendra.
    ● S’entendre le plus vite possible sur les modalités d’organisation d’un scrutin crédible. Organisé par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, son résultat sera identique à celui des deux élections présidentielles précédentes : un vol, avalisé par des institutions inter/nationales complices.

Il importe donc de créer un bloc cohérent autour d’une plate-forme crédible. La junte proposera peut-être un dialogue – dont la sincérité reste à établir. Il convient d’être prêt et d’identifier les modalités d’une sortie de crise. Partis politiques, syndicats, leaders d’opinion, citoyens … la solution viendra de (chacun d’entre) nous.

Il s’agit d’un chantier de taille, qui exigera rigueur, patience, principes, et un patriotisme d’action (plutôt que de déclaration). La tâche est ardue mais personne ne peut croire que l’on corrigera en quelques mois les mauvaises habitudes prises depuis plus de vingt ans.

La junte doit rendre le pouvoir dans les plus brefs délais : oeuvrons ensemble pour que cette date soit proche et que notre nation puisse répondre à ses défis en tirant parti du potentiel (considérable) de la Guinée. »

Déclaration faite le 05 Août 2022
La Nouvelle Donne

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