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Tribune libre : La NégroÉvolution

Emmanuel Argo (à droite) et Nelson Mandela (Ph. libertebonhomme.fr)

La NégroÉvolution – néologisme et concept dont l’auteur est Emmanuel Argo1 – prend son origine dans la rencontre qu’il fit en 1993 avec Nelson Mandela dans son bureau de l’ANC (African National Congress) à Johannesburg. Apprenant que son visiteur était natif de la Martinique, le père de la Rainbow nation lui parla de Frantz Fanon et d’Aimé Césaire.

Co-auteur du livre intitulé NEPAD and the African Renaissance avec le Business innovation Centre de l’université de Pretoria (publié en 2005), Emmanuel Argo, a toujours gardé en mémoire ce premier contact avec celui qui faisait de l’African renaissance l’un de ses leitmotivs et qui allait devenir le premier président noir de la république d’Afrique du Sud élu démocratiquement.

En créant la NégroÉvolution, son auteur s’inscrit dans la continuité de la renaissance africaine telle que Nelson Mandela l’a définie, c’est-à-dire une émancipation des peuples africains et des diasporas afro descendantes établies dans le monde. Il allait obtenir quelque temps plus tard, et conjointement avec son prédécesseur Frederik Willem de Klerk, le prix Nobel de la paix en 1993.

Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon- Gontran Damas, Marcus Garvey, Rosa Parks, Aretha Franklin, Harry Belafonte, Sidney Poitier, les prix Nobel Martin Luther King, et Derek Walcott ont été parmi les plus connus qui ont lutté pour la reconnaissance des identités noires à travers le monde. Dans sa démarche, Emmanuel Argo entend se placer dans la continuité de leur combat mais sur le terrain plus pragmatique du développement économique de responsabilité sociétale.

 

Père de la NégroÉvolution, Emmanuel Argo s’insurge contre les préjugés d’une culture esclavagiste coloniale et post -coloniale qui perdure en ce début du XXI ème siècle et qui maintient, malgré elles, les identités noires dans un carcan psycho- sociologique.

Le 27 juin 1981, lors de la 18ième Conférence de l’Organisation de Unité Africaine, la charte africaine des Droits de l’homme et des peuples a été adoptée à Nairobi, capitale du Kenya. Elle prend appui tant sur la charte des Nations Unies que sur la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, condamnant dans ses principales dispositions, le néocolonialisme, l’apartheid et d’autres comportements tout aussi condamnables.

La démarche négroÉvolutioniste trouve son fondement dans une action de Paix intergénérationnelle et multiraciale intégrant non seulement des noirs et gens de couleurs, mais aussi tous ceux qui ont été bercés et élevés dans des cultures africaines et afro- diasporales.

Á cet effet, la décennie des Afro-descendants, programme porté par les Nations unies pour la période allant de 2015 à 2024, conforte la démarche négroÉvolutioniste qui entend affirmer les droits des générations futures et contribuer à l’élaboration d’une charte spécifique. Ainsi, il s’agit désormais d’attirer davantage l’attention des générations actuelles afro descendantes et africaines sur la nécessité d’une protection de leurs identités culturelles, des patrimoines naturels et immatériels, ainsi que des ressources en sous-sols inaliénables dont elles sont les dépositaires. 

Jusqu’ici rejetées, les demandes de réparations matérielles émises par les afro-descendants seront réitérées en raison des préjudices subis pendant l’esclavage. Les types de réparations s’inscrivant dans le cadre de la NégroÉvolution, sont principalement : la redistribution de terres, la rétrocession de biens spoliés, des facilités et exonérations fiscales ainsi que d’autres compensations visant le rattrapage du développement économique et l’égalité des chances en milieux défavorisés.

La lutte contre les préjugés passe également par la responsabilité. De son point de vue, Emmanuel Argo pense que les afro descendants qui sont riches de savoirs et de compétences technologiques, scientifiques, artistiques, culturelles et politiques doivent non seulement servir d’exemples mais doivent également poursuivre les valeurs de solidarité et d’altruisme qui font encore la force des communautés afro-continentales et diasporales.

En finir avec le racisme revendiqué, l’hypocrisie ou la condescendance, ce n’est pas faire la révolution mais conduire une action juste qui procède de stratégies loyales.

 

Par Serge SAMANDOULGOU

Dr. En philosophie

Institut des Sciences des Sociétés (INSS /CNRST)

Pair de la NégroÉvolution

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1Emmanuel Argo a co-écrit et écrit :

* 2005 Conflict and governance: NEPAD, South Africa and Africa: ISBN O-620-34809-7.

*NEPAD and the African Renaissance, ISBN: 0-620-32510-0

* Regional Integration Economic Partnership Agreements for Eastern and Southern Africa. ISBN : 978-

  • Est l’auteur du programme de formation professionnelle pour la diaspora intitulé : Africa Mundus
  • 2010 : a créé le néologisme international Remitt@nces qui exprime dans toutes les langues, l’immédiateté, l’importance des flux financiers ainsi que les enjeux économiques et sociaux, que représentent les transferts d’argent envoyés principalement par les diasporas, expatriés et migrants du monde entier à destination de leur pays d’origine.
  • 2013 : a préfacé l’ouvrage de Roger Yomba intitulé : Qui menace la paix et la stabilité en Afrique ? ISBN : 978-2336-00607-9.

*2013: est l’auteur du livre: Main basse sur l’argent des pauvres. Merci aux Remitt@nces : ISBN : 978-2-332-651853-9, qu’il a offert au Vatican au Pape François le 4 Décembre 2013 : http://www.caensavezvous.fr/?p=34790 . Livre traduit de l’original qu’il a écrit en Anglais, s’intitule : Thanks Remitt@nces : Global Economy : opening floodgates of the global backwaters, préfacé par le prix Nobel de la Paix Lech Wałęsa.

*Auteur de Nelson Mandela et la naissance de la Nouvelle Afrique du Sud. ISBN: 979-10-302-0003-4

 

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