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UGEB: 60 années de «luttes fermes et intransigeantes» des étudiants

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Une vue des militants au cours du meeting

Ceci est une déclaration de l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB), à l’occasion de ses 60 ans d’anniversaire.

Le 27 juillet 2020, l’Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGEB) a eu 60 ans. En rappel, c’est le 27 juillet 1960 que les étudiants voltaïques organisés au sein de l’Association des Etudiants Voltaïques en France (AEVF) créée en 1950 et de l’Association des Scolaires Voltaïques à Dakar (ASB Dakar) créée en 1955 décidèrent d’unir leurs forces pour créer l’Union Générale des Étudiants Voltaïques (UGEV) devenue plus tard Union Générale des étudiants Burkinabè (UGEB) suite au changement du nom du pays sous le régime du Conseil national de la Révolution (CNR).

Dans quel contexte l’UGEB a-t-elle été créée ?
Le contexte de création de l’UGEB est indissociable de l’histoire de la lutte de notre peuple et des peuples d’Afrique. Devant la volonté farouche des peuples engagés résolument dans la résistance anticolonialiste, les étudiants africains décidèrent d’intensifier leurs luttes aux côtés des masses populaires de leurs pays respectifs. Ils fondent ainsi la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) aux congrès constitutifs de Lyon puis de Bordeaux respectivement tenus les 5, 6, 7 avril et les 28, 29, 30 décembre 1950.

Née dans le feu de la lutte anticolonialiste, la FEANF va s’engager fermement dans la lutte contre le système colonial. De nos jours, comment poursuivre cet élan internationaliste dans le contexte actuel de la lutte des peuples africains ? Les journées anti-impérialistes (JAI) ouvrent une perspective dans ce sens.

Les étudiants Voltaïques de l’époque ont été partie prenante des positions politiques de la FEANF à travers l’AEVF et l’ASB Dakar. Pour mieux organiser leur contribution à la lutte anti-impérialiste en Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso), ces étudiants créèrent l’UGEV.

L’UGEB est donc née dans le feu de la lutte contre la domination impérialiste et pour l’émancipation des peuples d’Afrique et de Haute Volta. Elle a grandi en déjouant tous les complots et assauts de ses ennemis internes comme externes. Elle a subi la répression de la part de tous les régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat néocolonial de Maurice YAMEOGO à Roch Marc Christian KABORE. En témoignent quelques faits :
l’interdiction du 2ème Congrès de l’UGEB en 1964 ainsi que la diffusion de son organe de lutte « Jeune Volta »  sous Maurice YAMEOGO ;
les répressions multiformes sous le régime du général Sangoulé LAMIZANA (les coupures de bourses ; expulsions des étudiants de certains pays avec la complicité du régime …);
les violentes attaques contre les libertés sous le régime du Comité militaire de Redressement pour le Progrès national du colonel Saye ZERBO (refus de la tenue des activités sur le campus, levée des meetings manu militari, arrestation du Président de l’AEVO le 09 avril 1981 et émission d’un mandat d’arrêt contre les autres membres du comité exécutif, …) ;
les attaques des Comités de Défense de la Révolution (CDR) contre l’UGEB sous le régime du Conseil national de la Révolution (CNR) du capitaine Thomas Sankara  (interdiction des activités syndicales, suspension du Président de l’ANEB feu SOME Bouhir et son interdiction d’accès à l’UO, aux cours, aux examens, au bus X9,…
la répression sanglante de mai 1990 sous le régime du Front populaire (FP) du capitaine Blaise COMPAORE ayant culminé avec l’assassinat de notre camarade DABO Boukary suivi de l’exclusion de militants de l’UGEB à l’Université de Ouagadougou ;
le maintien de la furie répressive sous la IVE République (invalidation de l’année universitaire 1999-2000, exclusions des étudiants des universités comme ce fut le cas des étudiants de l’université de Koudougou en 2012, la mise en application des PAS et du système LMD…)
la poursuite de la politique répressive contre les étudiants en particulier des militants de l’UGEB sous le régime de Rock Marc Christian KABORE. Pour preuve le maintien du décret liberticide n°2012-646/PRES/PM/MESS qui a été brandi pour tenter de mettre fin aux études de notre camarade BAHAN Yénilo en 2017…).

En dépit de la répression dont elle a été victime, l’UGEB s’est battue tout au long de son existence pour la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants et a pris activement part aux luttes de notre peuple pour le pain et la liberté. Ce qui lui a permis d’engranger d’énormes acquis dont il serait fastidieux d’énumérer dans cette déclaration.

C’est donc dire que les soixante années d’existence de l’UGEB correspondent à soixante ans de vie et de luttes fermes et intransigeantes pour la défense des droits sociaux et démocratiques des étudiants. C’est aussi soixante ans de luttes aux côtés de notre peuple.

Ces acquis ont été possibles du fait de l’orientation révolutionnaire de notre organisation depuis son 5ème Congrès en 1971 et son approfondissement en ses 8ème et 9ème congrès (en 1977 et 1979). C’est cette orientation révolutionnaire qui lui a permis de faire face aux courants opportunistes en son sein notamment le nouveau courant opportuniste et liquidateur (NCOL) dont bon nombre de ténors ont animé le CNR, le Front populaire, le CDP et actuellement le MPP.

En ce jour anniversaire, le Comité Exécutif voudrait donc rendre un vibrant hommage à tous ces pionniers qui malgré l’adversité, la répression et les difficultés de tous ordres ont porté l’UGEB sur les fonts baptismaux, l’ont construit avec patience et persévérance au prix de leur sueur et de leur sang. Il adresse également ses hommages à toutes les générations de militants qui se sont succédées au sein de l’UGEB en maintenant haut levé le flambeau de la lutte. L’UGEB pleure ceux qui nous ont quitté et qui furent des hommes honnêtes, intègres, dignes restés fidèles à leurs idéaux jusqu’à leur dernier souffle.

Ainsi donc la commémoration des 60 ans de vie et de lutte de l’UGEB mérite d’être célébrée au regard des nombreuses tentatives de liquidations dont elle a été l’objet depuis sa création et auxquelles elle a su résister.

C’est pourquoi, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire liée à la crise de la COVID, l’UGEB organisera courant le dernier trimestre de l’année 2020, une série d’activités pour commémorer ses soixante années de vie et de lutte.

Pour ce faire, le CE lance un appel aux étudiants à se tenir prêts pour prendre massivement part aux activités commémoratives qui viendraient à être programmées.

Vive la jeunesse estudiantine intrépide et combattante de notre pays !
Vive l’UGEB !

En avant pour la célébration réussie du soixantième anniversaire !
Pain et Liberté pour le Peuple

Le Comité Exécutif

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