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Guinée: Alpha Condé et la logique de la personnalisation du pouvoir

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Alpha Condé est le quatrième président de la République de Guinée. Il a succédé au militaire Moussa Dadis Camara. C’est un personnage bien connu de la scène politique guinéenne bien avant l’indépendance. Il fut un opposant politique du premier président du pays, Ahmed Sékou Touré. Comme d’autres opposants africains, il s’est exilé à l’étranger. Sous Lansana Conté, il a passé une partie de sa vie en prison. Il a été candidat malheureux aux élections présidentielles de 1993 et 1998 face au général Lansana Conté.

C’est en 2010 qu’il remporte l’élection présidentielle et devient ainsi le premier président guinéen élu par le peuple.

Depuis son indépendance en 1958, ce pays d’Afrique de l’Ouest a connu quatre Constitutions ou Lois Fondamentales. Certaines ont été réformées, comme la Loi Fondamentale de 1991, (révisées en 2003). La constitution, qui régit les relations institutionnelles, est adoptée le 7 mai 2010 sous la présidence par intérim du général Sékouba Konaté. L’article 27 stipule que «le président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. 

En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non.»

Il est à la fin de son second mandat et l’élection présidentielle est prévue pour 2020. La présidence du professeur Alpha Condé a été marquée par les fraudes électorales, les frondes syndicales et la tentation de réformer l’actuelle constitution. Or cette tentation s’apparente plus à un camouflage constitutionnel pour s’ouvrir la voie à un 3è mandat.

L’opposition et la société ont rejeté toute idée de réforme de la constitution. Pour les acteurs de ces deux groupes, il s’agit de la préparation d’une constitution sur mesure pour Alpha Condé, suivant ainsi la voie d’autres de ses collègues africains, qui dès les troisièmes élections après l’instauration du régime politique pluraliste, ont supprimé la disposition constitutionnelle limitant le mandat présidentiel à deux.

Face à une politique de manipulation des masses populaires, les partis de l’opposition et la société civile ont créé le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). La diaspora guinéenne, intéressée par la cause, participe aussi à la défense de la constitution. Ce sont des citoyens de la Guinée-Conakry, qui montrent par leurs actions la stabilité et le développement de leur pays. C’est ainsi que des membres de la diaspora guinéenne en Belgique se sont réunis le 12 mai 2019 pour discuter de leur apport à cette cause noble: défendre une constitution qui a amené la stabilité au pays, après des décennies de conflits politiques meurtriers.

Par Bahdon Mohamed Abdillahi

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