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Violences à Yirgou: l’UNDD se pose la question de la gestion de l’avenir

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Hermann Yaméogo

Dans cette déclaration,  l’Union nationale pour le Développement et la Démocratie (UNDD) estime qu’au « delà de l’incommensurable douleur des ayants droits des victimes, de leurs amis et de celle de la communauté peule en général, se pose la question de la gestion de l’avenir, face aux conséquences d’une si funeste preuve apportée au délitement sans cesse stigmatisé de la cohésion sociale et nationale ».

Le drame sans précédent de Yirgou, pour lequel le chiffre gouvernemental de 46 morts se dispute à d’autres chiffres avoisinants sinon dépassants la centaine, interpelle la conscience nationale et internationale.

Jamais depuis son indépendance notre pays n’a été autant meurtri dans son âme, par un acte d’intolérance aussi absolu.

Au delà de l’incommensurable douleur des ayants droits des victimes, de leurs amis et de celle de la communauté peule en général, se pose la question de la gestion de l’avenir, face aux conséquences d’une si funeste preuve apportée au délitement sans cesse stigmatisé de la cohésion sociale et nationale. Une corrosion des structures de l’harmonie nationale, du vouloir vivre ensemble, fortement prononcée, que l’UNDD individuellement et collectivement dénonçait depuis des années, à un pouvoir hermétiquement fermé aux propositions faites, pour en colmater les brèches visibles.

Il est grand temps devant la cancérisation du mal, que par delà les plaintes, les larmes et les imprécations, la conscience nationale sorte de l’incantation et réalise que les pères fondateurs n’ont pas pu léguer aux héritiers que nous sommes, ce pays jadis connu pour son courage, son sens de l’hospitalité, sa cohésion ( fortifiée grâce à la ferme et indistinctive adhésion de ses filles et fils à la construction de la nation ) , en insultant sa constitution ( plurale et  hétérogène ), la richesse de sa diversité, en accordant la sécurité aux uns et en laissant les autres se débrouiller. Cette conscience nationale doit rappeler à tous, qu’après Dieu elle est le peuple, qui donne et reprend le pouvoir et s’assumer pleinement en conséquence.

Si l’union sacrée, pour la réorientation de la gouvernance de ses aspirations revanchardes et vengeresse, vers la reconstruction de la cohésion nationale par la réconciliation n’est pas impulsée et activée par le haut, elle peut l’être et plus surement par le bas. Les moments de dures épreuves ne favorisent pas seulement l’émergence de grands hommes, ils révèlent aussi de grands peuples et nous sommes la preuve vivante.

A la conscience internationale, aux portes de laquelle le parti a sans cesse tambouriné, rappelant que notre pays est aussi partie intégrante de la communauté internationale aspirant légitimement à sa protection, l’UNDD dit qu’il est grand temps au delà des inquiétudes, enfin exprimées par le secrétaire général de l’ONU suite à la généralisation de l’insécurité violente, de s’intéresser de plus près, aux causes de cette déchirure de notre cohésion, comme aux responsabilités encourues et aux moyens de restaurer l’empathie sociale.

La sécurité, la Concorde au Burkina Faso participent peu ou prou à la sécurité et à la Concorde dans la sous région , en Afrique et dans le monde.

L’UNDD demande qu’à l’exemple du secrétaire général des Nations Unies qui a donc exprimé ses inquiétudes au sujet de la montée en flèche de l’insécurité au Burkina Faso, les organes dirigeants de nos communautés sous-régionales, régionales et l’UA et l’UE en fassent de même .

Mais le parti demande par-dessus tout que dépassant les compassions de pures formes, ces instances nous fournissent en termes de soutiens, les moyens de notre réconciliation pour nous permettre d’apporter en toute efficacité, notre part contributive à notre sécurité et à celle internationale. Cette réconciliation permettra de combattre les risques de guerre civile, et redonnera par ailleurs, dans les conditions de sa mise en oeuvre, les forces qui manquent à l’armée, qui malgré le tribut quotidiennement payé dans une guerre contre des invisibles peine à en venir à bout.

Le parti ( parce qu’ils  doivent se retourner dans leurs tombes ), demande pardon aux nombreux devanciers peuls, au nombre desquels : Aladiogo Arba Diallo, Ahmadou A DICKO, Darsalam Diallo , Guédé Kielo , Ahmadou Gani Tamboura, Sekou Amadou Tidiani Tall, Yero A Dicko, Amadou Ba, Ousseni Dicko, tous artisans de l’émergence de notre pays au rang d’Etat et de l’édification de notre commune  nation.

L’UNDD souhaite, à toutes les victimes un repos paisible sous une terre légère.

Aux familles éplorées,aux peuls ratonner, «  pogromés » et à tous les Burkinabé, le parti exprime ses condoléances les plus attristées.

Aux blessés il formule ses voeux de prompt rétablissement.

Que l’esprit du mal qui sévit dans le corps national en soit chassé et à jamais exorcisé.

Président de l’UNDD

Me Hermann Yameogo