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49 militaires ivoiriens détenus au Mali: encore une provocation de l’expert en intrigues?

Le spécialiste des intrigues, le colonel Assimi Goïta

Le colonel Assimi Goïta à force de jouer avec le feu finira un jour, s’il n’y prend garde, par se brûler les doigts. En multipliant à souhait les tentatives de coups d’état et d’assassinat fictives montées de toutes pièces pour se faire de la publicité gratuite et renforcer son aura populiste, le double putschiste de Bamako ne s’impose aucune limite. La dernière sauce du cuisinier malien, avec tous les ingrédients qu’il faut, et d’ailleurs en surdose, a été de fabriquer des «mercenaires» ivoiriens qui ont débarqué ce dimanche, avec des armes lourdes à l’aéroport de Bamako pour déstabiliser le Mali, à en croire les hommes forts du pays. «Les 49 soldats ivoiriens arrêtés hier (le 10 juillet, NDLR)  par les forces de défense et de sécurité du Mali sont considérés comme des mercenaires et seront jugés au Mali».

La déclaration est sans ambages et porte tout son pesant d’officiel car prononcée par le porte-parole du gouvernement malien, le colonel Abdoulaye Maïga, qui plus est sur la chaîne de télévision nationale. Ce ne sont donc plus les réseaux sociaux qui colportent une rumeur, la junte militaire au pouvoir s’étant fendue d’un communiqué de trois pages habillé du sceau officiel. Sauf que d’autres sources donnent une autre version à l’opinion quant à elle habituée aux farces et accusations théâtralisées de celui qui est passé maître en fiction au Mali.

Les 49 soldats seraient, en réalité, du 8e détachement du NSE, le National Support Element et auraient foulé le tarmac de l’aéroport de Bamako pour assurer la relève d’une autre équipe repartie à Abidjan le matin du même dimanche, à bord des mêmes deux appareils incriminés, l’un transportant les hommes et l’autre le matériel. Et comme l’attestent des documents dont la liste des soldats et une note express du ministère ivoirien de la Défense, cette rotation de routine aurait respecté toutes les règles en vigueur. Mais la junte militaire malienne soutient le contraire, rejouant avec brio, le scénario qui lui a permis de renvoyer chez lui, le contingent danois qui a débarqué à Bamako, battant pavillon Takuba, la force européenne engagée dans la lutte contre le terrorisme. Comme aujourd’hui pour les éléments du NSE, à qui elles font porter la casquette de «mercenaire», les autorités de la transition malienne avaient dégainé, contre les Danois, l’argument fallacieux selon lequel, les procédures habituelles n’étaient plus en mesure d’encadrer ce genre d’opération.

Mais, la méthode est loin d’être inédite! Elle a déjà été mise en œuvre ailleurs, comme par hasard en Centrafrique où est présente, comme au Mali, la société de sécurité privée russe Wagner. Serait-ce donc une marque déposée russe? La similitude des faits est trop criarde pour ne pas faire ce lien. En tout cas, en son temps, les Centrafricains avaient arrêté quatre militaires français qu’ils ont brandis comme des trophées de guerre, sous le prétexte qu’ils préparaient un coup d’Etat contre le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Que veut finalement Assimi Goïta qui se met à dos un voisin comme Alassane Ouattara, dont les deux ports sont loin d’être inutiles pour un pays enclavé comme le Mali? Quelles sont les intentions du colonel malien, lui dont la diaspora est éparpillée dans les pays voisins d’où ils font vivre leurs familles, petites comme grandes, restées à la maison? Quel est le combat par procuration que mène le chef de la junte militaire pour qui les Européens et surtout les Français sont devenus des pestiférés de premier ordre? En somme, le concept de bon voisinage fait-il encore partie du répertoire de la junte militaire, prête à tous les stratagèmes pour garder le pouvoir qu’elle a arraché par les armes au Mali, un certain 18 août 2020?

Tout est fait comme si la junte malienne a des comptes personnels à régler avec certains pays et que dans cette logique, tous les coups sont permis, sans aucun égard pour les codes de la diplomatie. Certes, le Mali dans les relations commerciales tient une place importante en Afrique de l’ouest, mais doit savoir en même temps qu’il ne peut vivre en autarcie surtout en cherchant à humilier, souvent sur du faux, les dirigeants et d’autres peuples de la sous-région.

Dans l’attente de la réaction officielle d’Abidjan, il faut espérer que la junte militaire malienne saura raison garder pour qu’une tension inutile ne monte entre les deux pays «frères et amis» de la Côte d’Ivoire et du Mali. Quand ces genres d’imbroglio enflent davantage leur issue est longue et difficile à trouver. Un colonel averti en vaut deux!

Par Wakat Séra

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