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RDC: la présence de Joseph Kabila auprès de l’AFC et du M23 suscite des interrogations

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L'ancien président de la RD Congo, Joseph Kabila (Ph. d'archives)

Julien Paluku, actuel ministre du Commerce extérieur de la République démocratique du Congo et ancien gouverneur du Nord-Kivu au moment où la rébellion du M23 soutenue a été défait sous le règne de Joseph Kabila, a affirmé le mardi 27 mai 2025, que la présence de l’ex-Chef de l’Etat à Goma, confirme la thèse de connivence avec les rebelles de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mai (M23) comme l’a plusieurs fois indiqué son successeur, Félix Tshisekedi.

L’annonce de la présence de l’ancien président Joseph Kabila au côté des forces rebelles suscite des interrogations chez Julien Paluku, actuel ministre du Commerce extérieur de Félix Tshisekedi et ancien gouverneur du Nord-Kivu, qui l’a fait savoir le mardi 27 mai 2025, lors d’un briefing à la presse avec le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

«Je connais l’homme et la lutte qu’il a pu faire pour que nous en arrivions là, c’est la raison pour laquelle je me pose la question si c’est la silhouette de la personne ou c’est la personne elle-même. S’il est à Goma, c’est une manifestation de ce que le Président de la République, Félix Tshisekedi avait dit qu’il y a une connivence avec le M23. Beaucoup de gens ne l’ont pas cru, maintenant s’il est à Goma, effectivement ça va donner cette connivence là…», indiqué le ministre Paluku.

Pour M. Paluku, la présence de Kabila est inexplicable «dans les mains des officiers qu’il a radiés des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), rappelant «qu’il y a une ordonnance qui a été prise (…) à Kinshasa pour radier Sultani Makenga, actuel chef rebelle du M23 de l’armée par le fait d’avoir pris les armes contre la République».

«Je vois cet homme-là qui a radié tous ces gens, se retrouver maintenant à être encadré par eux, c’est quand même contradictoire. S’il est là, il va porter tous les déboires et ça c’est grave: les massacres de Kishishe, Bunagana, Tamugenga, Sake, Nyabiondo, toutes les tueries de Goma avec le nombre de morts 10 000 morts à Goma, Bukavu. Ce n’est pas possible, la personne contre laquelle le Président honoraire Joseph Kabila s’est battu, Paul Kagame que ça soit chez lui où il est passé pour entrer dans la ville de Goma, je peine à croire. J’en appelle à la mobilisation générale des enfants de Goma, Masisi, Lubero, Beni», a déploré le ministre du Commerce de la RDC, Julien Paluku.

Après une longue période de silence, l’ancien Chef de l’État Joseph Kabila s’est exprimé, le 24 mai 2025 sur la gestion du pays depuis la dernière alternance pacifique entre lui et Félix Tshisekedi. Dans son analyse de la situation, M. Kabila a dressé un tableau sombre et chaotique de la situation sociopolitique, économique et sécuritaire en RDC.

L’ex-président de la RDC, Joseph Kabila a dénoncé ce qu’il qualifie de «gouvernance non orthodoxe» sous le régime de son successeur, Félix Tshisekedi. Parmi les problèmes évoqués figurent la corruption, le détournement des deniers publics, et une dérive autoritaire où «la volonté du Chef de l’État tient désormais lieu de loi suprême, supplantant la Constitution et les lois».

À l’en croire, les conséquences de cette gouvernance sont dramatiques sur la population et la jeunesse, citant le «chômage, les arriérés de salaires, la baisse du niveau de vie, l’exode rural, la criminalité urbaine, la famine, etc». Abordant l’aspect sécuritaire, Joseph Kabila a déploré la montée de l’insécurité dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Mai-Ndombe, qu’il attribue à une «mauvaise gouvernance». Face à ce qu’il décrit comme une crise «profonde et multidimensionnelle», l’ex-président Joseph Kabila propose un «pacte citoyen» ayant pour objectif de restaurer la stabilité, la démocratie et le développement en RDC.

Ces événements interviennent au lendemain de la levée des immunités de Joseph Kabila par le Sénat à la suite du réquisitoire de l’auditeur général des FARDC près la Haute Cour Militaire. Cette décision de la chambre haute du Parlement ouvre la voie à des poursuites judiciaires.

Valentin SOMANDE (Stagiaire)