Accueil Société Burkina: 25 journalistes formés sur la désinformation et les poursuites judiciaires

Burkina: 25 journalistes formés sur la désinformation et les poursuites judiciaires

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L’International Development Law Organization (IDLO), a initié, une formation sur les thématiques de la désinformation et les poursuites judiciaires, à l’intention de 25 journalistes en vue de renforcer leurs connaissances. Cet atelier visant à renforcer les capacités des participants qui traitent régulièrement des questions juridiques et judiciaires, notamment les procès, s’est déroulé du lundi 18 au mardi 19 août 2025, à Koudougou, au Centre-Ouest du Burkina.

Les journalistes apportent une contribution considérable à la lutte contre la criminalité, aux efforts de respect des droits humains dans les procédures judiciaires et à la sensibilisation des justiciables sur l’accès à la justice. C’est dans cette optique que l’International Development Law Organization (IDLO), a initié une formation sur la désinformation et les poursuites judiciaires pour 25 hommes et femmes de médias, des partenaires essentiels dans la diffusion de l’information judiciaire et juridique pénale, du lundi 18 au mardi 19 août 2025, dans la Cité du Cavalier rouge, située au Centre-ouest du Burkina Faso.

Selon les initiateurs de l’atelier, la formation vise à outiller suffisamment les journalistes afin qu’ils jouent pleinement leur rôle de veille citoyenne et de vulgarisation de l’information judiciaire au public. Le coordonnateur du programme de IDLO, Nicodème Bado, a indiqué, que l’organisation inter-gouvernementale soutiendra des structures comme l’association JCOM (Journalistes et communicants commis d’office) qui est dans la dynamique du renforcement de la justice et de l’État de droit au Burkina Faso.

Quant au porte-parole des participants, Firmin Ouattara, il a remercié IDLO pour son appui à JCOM et les formateurs pour leurs différentes et riches communications qui, à n’en pas douter, vont renforcer les compétences des journalistes afin qu’ils s’améliorent dans le traitement des questions judiciaires.

Le coordonnateur du programme de IDLO, Nicodème Bado

Les communications ont porté essentiellement sur la désinformation et ses sous composantes ainsi que les poursuites judiciaires (les actions pénales : enquête, poursuite, instruction et jugement). Cela a permis de renforcer les capacités des participants pour qu’ils soient plus professionnels, responsables sur les plans de l’éthique et de la déontologie en vue d’assurer la diffusion efficiente et efficace de l’information judiciaire et juridique pénale.

Sur la première thématique concernant la désinformation, le communicateur de cette problématique, Koundjoro Gabriel Kambou, journaliste et communicateur, l’a d’abord définie avant de montrer ses conséquences aux participants. Selon cet expert, la désinformation est « un défi » pour le journalisme surtout à l’ère du numérique. Il a affirmé que «la désinformation n’est pas seulement un élément des réseaux sociaux » mais une réalité qui existait depuis belle lurette. Les fausses nouvelles ont pris beaucoup d’ampleur l’avènement du numérique.

Frmin Ouattara, représentant des participants

Le formateur a caractérisé les fausses nouvelles en trois types. Il s’agit de la mésinformation, de la désinformation et l’information malveillante. Abordant le cadre juridique sur la désinformation au Burkina Faso, il a signifié que c’est la désinformation et l’information malveillante qui sont considérées comme des infractions aux yeux de la loi au Burkina car comportant une intention de nuire.

M. Kambou après des analyses avec des exemples concrets sur la problématique et des procédures judiciaires qui en découlent, a terminé son exposé par la sensibilisation des participants sur les risques potentiels liés à la publication de fausses informations. Il a, par ailleurs, donné des astuces aux participants pour se prémunir de ces risques.

Le formateur Koundjoro Gabriel Kambou, journaliste et communicateur

La deuxième communication a porté sur les poursuites judiciaires, notamment en lien avec la désinformation. L’expert Fulbert Paré, a d’abord déterminé le dispositif organisationnel de répression de la désinformation avant de s’attarder sur la procédure de répression d’actes constitutifs de désinformation. L’ancien journaliste devenu consultant a ensuite évoqué les principes gouvernant la diffusion de l’information judiciaire et juridique pénale et terminer par les fondements de la sensibilité de l’information judiciaire et juridique pénale.

Le consultant, avant de rentrer dans le vif du sujet, a fait des clarifications importantes sur les notions du droit pénal et procédure pénale; code pénal et code de procédure pénale; information juridique et information judiciaire et les infractions liées à la désinformation. «Une infraction est caractérisé par trois éléments à savoir le fait légal, le fait matériel et le fait moral», a-t-il dit.

Une infraction de fausse information est «toute allégation ou imputation inexacte ou trompeuse d’un fait (art. 312-13 CP) et  tentative (art. 312-19 CP) ». Un délit ou crime de fausse nouvelle (art. 130, 110 et 86 respectivement de la loi sur la radiodiffusion sonore et télévisuelle, la presse écrite et en ligne), se caractérise par l’existence d’une publication, la fausseté de la nouvelle, le trouble à la paix publique et la mauvaise foi de l’auteur», a précisé le formateur, poursuivant que la démoralisation des Forces de défense et de sécurité est encadrée par l’Article 312-11 du Code pénal (CP).

Fulbert Paré, consultant juridique

Selon les éclairages de Fulbert Paré, le dispositif organisationnel de répression de la désinformation prend en compte la Première instance composé du Tribunal de Grande Instance (TGI), du Tribunal militaire, de la Cour d’Appel et de la Cour de Cassation. Sur la procédure de répression d’actes constitutifs de désinformation, il a énuméré plusieurs phases que sont «l’enquête, la poursuite, l’instruction (information judiciaire), le jugement et l’exécution des décisions judiciaires».

Sur les principes gouvernant la diffusion de l’information judiciaire et juridique pénale, l’expert Paré a abordé les notions de la présomption d’innocence; du secret de l’enquête et de l’instruction (art. 240-1 al.1 CPP); du principe de la personnalité de la peine (art.5 al.3); du droit d’exercice des voies de recours (art. 100-1 al.2 CPP); du droit de se faire assister gratuitement d’un interprète, au besoin (art. 100-1 al. 4 CPP) et de l’autorité de la chose jugée (art. 100-1 al. 7 CPP).

Le spécialiste du droit a terminé son exposé sur les fondements de la sensibilité de l’information judiciaire et juridique pénale. Il a fait noter qu’il existe à ce niveau les fondements d’ordre légal et les fondements d’ordre éthique.

Par Bernard BOUGOUM