Accueil A la une A Ouagadougou, des larmes accompagnent Alino Faso à sa dernière demeure

A Ouagadougou, des larmes accompagnent Alino Faso à sa dernière demeure

0

Ouagadougou 23 août 2025. Visages fermés, des larmes discrètement dissimulées, des Ouagavillois, certains tous de noir vêtus et d’autres en blancs ont conduit Alain Christophe Traoré, plus connu sous le nom d’Alino Faso, à sa dernière demeure, au cimetière municipal de Gounghin. Le corps de l’activiste et influenceur burkinabè décédé, le 24 juillet 2025, en détention dans une école de gendarmerie en Côte d’Ivoire, avait été accueilli dans la capitale burkinabè, le lundi 18 août.

Cercueil de Alino

Parti de l’hôpital Bogodogo dans la matinée du samedi 23 août 2025, le cortège funèbre qui s’étirait sur plusieurs kilomètres, composé de voitures et de motos, s’est rendu à l’Église catholique Saint-Camille pour l’Absoute, les bénédictions pour le dernier voyage de Alain Christophe Traoré, que les Burkinabè pleurent depuis l’annonce de sa mort.

11h48 ! L’atmosphère lourde de tristesse, le corps franchi le portail du cimetière municipal de Gounghin. Des visages fermés, des regards vides, décrivent la douleur ressentie, l’amertume que vivent parents, amis et connaissances du départ forcé de l’activiste.

Prière pour le repos du défunt

La famille du défunt, vêtue de noir, avançait d’un pas lent, le regard noyé dans les larmes. Alain n’est plus. Décédé dans des conditions non encore élucidées, il laisse un vide dans la famille Traoré et constitue une perte pour son pays, le Burkina Faso. «Il organisait des quêtes, tendait la main à ceux qui en ont besoin. Son sourire et sa bonté resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Son départ laisse un vide immense», déclare son épouse dans son discours lu par un représentant de la famille du défunt.

«À jamais dans nos cœurs». «Ton départ n’est pas une fin, c’est une semence de courage plantée dans le cœur de notre nation». Ces mots sur des tee-shirts blancs portés par certains individus, traduisent leur attachement au défunt qui, de son vivant, s’est battu pour venir en aide à des personnes vulnérables, dans le besoin.

Une de ses filles à l’enterrement

«Aujourd’hui, je peine à trouver les mots face à ce vide immense», s’est exprimé le président de l’association des volontaires de la charité, Karim Bandaogo, qui déclare que le défunt fut son «mentor, (son) protecteur». «A chaque fois que je publiais quelque chose, il m’appelait pour me dire : “mon petit, tu ne devrais pas publier ça”», témoigne-t-il.

Alino Faso ne laisse pas seulement derrière lui des vidéos, des prises de position et une communauté de suiveurs sur les réseaux sociaux. Il laisse un sourire sur les visages de ceux à qui il est venu en aide de par ses actions, un héritage de courage et d’engagement citoyen.

Inhumation de Alino Faso

En ce samedi 23 d’août 2025, ce n’est pas seulement un homme qu’on a enterré, mais une voix qui s’est tue, une flamme qui s’est éteinte, et un symbole que beaucoup promettent déjà de faire vivre.

Par Nourrah Tombiano (Stagiaire)