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Togo: Lomé interpelle l’Union européenne après la résolution sur Abdoul Aziz Goma

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Le gouvernement togolais a convoqué, le 12 septembre 2025, l’ambassadeur de l’Union européenne à Lomé pour protester contre une résolution du Parlement européen. Cette dernière demandait la libération d’Abdoul Aziz Goma, citoyen irlando-togolais condamné au Togo à dix ans de prison en février dernier. Les autorités togolaises dénoncent une “ingérence” dans un dossier qu’elles jugent judiciaire et souverain, tandis que des ONG alertent sur l’état de santé préoccupant du détenu.

Le 12 septembre 2025, à Lomé, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a convoqué Gwilym Ceri Jones, ambassadeur de l’Union européenne au Togo. Cette décision fait suite à une résolution adoptée par le Parlement européen réclamant la libération d’Abdoul Aziz Goma, arrêté en décembre 2018 lors de manifestations et condamné en février 2025, avec treize autres personnes, à dix ans de prison pour « complot contre la sécurité intérieure de l’État » et « groupement de malfaiteurs ».

Selon le gouvernement togolais, cette résolution constitue une ingérence manifeste dans les affaires internes du pays. « La justice au Togo est indépendante et souveraine. Ce dossier est purement judiciaire et doit être respecté comme tel », a insisté le ministre Robert Dussey, dénonçant ce qu’il considère comme une pression politique extérieure.

Du côté européen, le texte adopté à Strasbourg met en avant plusieurs préoccupations. Les eurodéputés dénoncent la longueur de la détention provisoire de Goma, la rapidité du procès, ainsi que les conditions de détention qualifiées de préoccupantes. Selon l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), la santé du détenu se serait fortement dégradée ces derniers mois. L’ONG fait état de surpopulation carcérale, de manque de soins adaptés et de mauvais traitements présumés.

Ces inquiétudes ont été renforcées par la grève de la faim entamée fin août par Abdoul Aziz Goma pour protester contre ses conditions de détention. Ses proches et des organisations de défense des droits de l’homme craignent une aggravation de son état de santé.

Pour les autorités togolaises, cette affaire illustre la volonté du pays de faire respecter sa souveraineté judiciaire. Toutefois, la pression internationale pourrait continuer de s’accentuer, tant sur le plan diplomatique que sur celui des droits humains, alors que la situation de Goma attire de plus en plus l’attention de la communauté internationale.

Par Nourah THIOMBIANO (Stagiaire)