Accueil Société Burkina: «84,13% de non-conformité» constatés sur 189 échantillons d’aliments pour bétail analysés

Burkina: «84,13% de non-conformité» constatés sur 189 échantillons d’aliments pour bétail analysés

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Les responsables de la Direction générale des services vétérinaires (DGSV)

Sur 189 échantillons d’aliment pour bétail analysé par le laboratoire, « 159 contenaient des moisissures et des levures en des teneurs supérieures à la norme (NBF 236-239, 2021), soit 84,13% de non-conformité », a déclaré le directeur général des Services vétérinaires, le capitaine Aboubacar Nacro, ce vendredi 19 décembre 2025, à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse sur les campagnes d’assainissement du marché des aliments pour animaux et de produits laitiers au Burkina Faso.

Les responsables de la Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) ont animé, ce vendredi 19 septembre 2025, une conférence de presse sur les campagnes d’assainissement du marché des aliments pour animaux et de produits laitiers au Burkina Faso, lancées dans le cadre des informations du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques (MARAH) sur l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. En effet l’autosuffisance et la sécurité alimentaire riment avec la sécurité sanitaire des aliments, notamment les aliments pour animaux et les aliments d’origine animale qui sont produits pour la consommation humaine.

Dans cette dynamique, le MARAH avait fait un communiqué invitant les promoteurs des établissements de production, de commercialisation, ou d’importation des aliments pour animaux d’élevage ou de transformation des produits laitiers à se faire enregistrer au niveau de la Direction Générale des Services Vétérinaires. A l’échu de la date de dépôt du 28 juillet 2025, la DGSV a réceptionné «660 dossiers de demandes d’autorisation provisoire dont 90 concernant les produits laitiers et 570 concernant les aliments pour animaux», selon les conférenciers.

Mais, avant la diffusion du communiqué, «des missions d’identifications et de sensibilisations ont été effectuées par les services techniques du MARAH. Elles ont permis d’identifiés et de sensibiliser le personnel de 361 établissements dont les dossiers ont été retenus pour examen», a fait savoir le capitaine Aboubacar Nacro, directeur général des Services vétérinaires. Il précise que pour l’examen des dossiers, ses directions techniques, ont démarré les premières missions de terrain pour inspecter les établissements de la région du Kadiogo (ex-Centre). 

Ces missions, a poursuivi le capitaine Nacro, ont permis de «vérifier le respect des bonnes pratiques de fabrication, des normes d’hygiène et de procéder aux prélèvements de produits pour les analyses de laboratoire en vue de la délivrance des autorisations provisoires aux établissements conformes». Au total, «249 dossiers ont été reçus et examinés» dans la région du Kadiogo dont «13 dossiers non conformes à l’issue du contrôle documentaire et 15 dossiers non conformes à l’issue de l’inspection vétérinaire».

Le directeur général des Services vétérinaires, Capitaine Aboubacar Nacro

Sur les 236 dossiers qui ont fait l’objet d’inspection, 221 ont reçu un avis favorable des inspecteurs, selon les conférenciers. Les analyses de laboratoire ont concerné pour cette première phase les établissements de production d’aliments ou de transformation du lait. Elles révèlent que «261 échantillons dont 227 pour les aliments pour animaux et 34 pour les produits laitiers ont été prélevés dans 83 établissements». «Sur 189 échantillons d’aliment analysé 159 contenaient des moisissures et des levures en des teneurs supérieures à la norme (NBF 236-239, 2021), soit 84,13% de non-conformité», a révélé le directeur général des Services vétérinaires,  le capitaine Aboubacar Nacro.

Pour le lait, les analysent montrent «41% contiennent des bactéries coliformes». «La valeur nutritionnelle de ces produits était non conforme pour les protéine (22%), les glucides (16%)», a souligné le capitaine Nacro, rassurant que les 13 établissements non conformes sur le plan documentaire seront appellés à corriger les documents avant de prétendre à une autorisation provisoire. Lesdits établissements seront fermés jusqu’à la mise à jour des documents.

Quant aux 15 établissements dont l’inspection physique est défavorable, ils seront également «fermés» jusqu’à la prise en compte des recommandations de l’inspection. Pour les établissements dont les résultats de laboratoires sont «non satisfaisants», notamment pour la «microbiologie et les valeurs bromatologiques», ils seront contraints de procéder à la correction. Ils devront refaire les analyses de laboratoires avant de prétendre aux autorisations provisoires.

Par contre, les établissements conformes à l’issue de l’inspection et dont les résultats de laboratoire sont satisfaisants au moins pour «la microbiologie et les protéines», ils recevront leur autorisation provisoire et la liste de ces établissements seront publiés sur les canaux de communication du ministère (MARAH).

Pour le capitaine Aboubacar Nacro, vétérinaire de formation, la fermeture des établissements non conformes et la notification aux établissements dont les résultats de laboratoire sont insatisfaisants permettront: «d’éviter l’utilisation des d’aliments pour animaux ou de produits laitiers de mauvaise qualité par les populations et limiter l’ouverture anarchique des établissements de production, d’importation, de transformation et de commercialisation des aliments pour animaux ou de produits laitiers».

Les actions vigoureuses que sa structure, la Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV), compte mener les jours à venir, visent aussi à «éviter la concurrence déloyale vis-à-vis des établissements conformes aux bonnes pratiques de production, de transformation et de commercialisation d’aliments pour animaux ou de produits laitiers, et, à sensibiliser les éleveurs et les consommateurs sur la nécessité de leur implication effective dans l’assainissement du domaine des aliments pour animaux et des produits laitiers sur tout le territoire national».

Selon les données officielles datant de 2017, communiquées par les conférenciers, la consommation annuelle de lait par habitant est de «20-30 litres au Burkina Faso», consommation qui se trouve en deçà de la moyenne ouest-africaine. «Seulement 2 à 4 millions de litres, soit 0,8% de la production totale burkinabè, sont commercialisées par les voies officielles. La majeure partie du lait est consommée par les producteurs eux-mêmes».

Le MARAH à travers la DGSV a pour mission de concevoir et de veiller à la mise en œuvre de la politique nationale et des stratégies en matière de santé animale et de santé publique vétérinaire.

Par Bernard BOUGOUM