Accueil A la une Dossier Tiégnan Acte 2: l’ancien ministre Laure Zongo/Hien poursuivi

Dossier Tiégnan Acte 2: l’ancien ministre Laure Zongo/Hien poursuivi

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Laure Zongo/Hien, ministre de la Femme

Le procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, Blaise Bazié, a animé, ce vendredi 28 novembre 2025, une conférence de presse sur la suite du dossier Amidou Tiégnan dont le jugement, retransmis en direct sur la télévision nationale, avait choqué l’opinion. Selon M. Bazié, un autre procès concernant la même affaire est programmé du 12 au 22 décembre prochain. Il s’agit de l' »Affaire Yé Yaké Camille et autres » qui poursuit huit personnes parmi lesquelles, l’ex-ministre Laure Zongo/Hien pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, complicité de détournement de deniers publics, faux en écriture publique et blanchiment de capitaux ».

Le dossier Amidou Tiégnan visant à lutter contre les détournements dans les institutions publiques burkinabè a refait surface. Ce vendredi 28 novembre 2025, le procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, Blaise Bakouli Bazié, assisté par ses proches collaborateurs, ont fait un point sur l’avancement du dossier relatif aux détournements de deniers publics au ministère de l’Action Humanitaire et de la Solidarité nationale. Les conférenciers ont annoncé une nouvelle affaire impliquant Yaké Camille Yé, Directeurs de la Gestion Financière (DGEF) au moment des faits et sept autres personnes. Le dossier est programmé pour être jugé du 12 au 22 décembre prochain.

En décembre 2024, le parquet a engagé, suivant la procédure de flagrant délit, des poursuites pénales contre Tiégnan Amidou, Bayoulou Philippe, Ouédraogo Salifou et Tarpaga/Ouédraogo Pétronille pour des infractions de faux, d’usage de faux en écriture publique, de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.

Parallèlement à ces poursuites, une « procédure avait été ouverte devant le doyen des juges d’instruction contre Yé Yaké Camille et 14 autres personnes » pour les mêmes faits présumés », a affirmé le procureur Blaise Bazié, informant que « par ordonnance en date du 17 novembre 2025, le juge d’instruction a procédé au renvoi de huit personnes devant la chambre de jugement spécialisée du Pôle Économique et Financier (ECOFI) ».

Dès l’enquête de police, le présumé cerveau de l’affaire, Amidou Tiégnan, avait mis en cause son supérieur hiérarchique, Yé Yaké Camille. Et, au cours de la procédure devant la chambre de jugement spécialisée, il a également fourni une liste de personnes présumées avoir participé aux malversations financières survenues au sein du ministère. A la clôture de l’information judiciaire, « le juge d’instruction a retenu la suffisance des charges » contre huit personnes dont Yé Yaké Camille, l’ancien ministre Laura Zongo/Hien, Yaméogo Kouka Dimanche, ZONGO Billy Mandel Josito, Pasco Billa Payiwendé, Bonkoungou Lydie, Sangaré Issiaka et Ouédraogo Sompagnimdi Ismaël, a déclaré le conférencier principal.

Le procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, Blaise Bazié (micros)

« Tous sont agents ou ex-agents du ministère de l’Action Humanitaire et de la Solidarité Nationale, à l’exception du dernier, commerçant de son état », a précisé M. Bazié, ajoutant que les infractions de « détournement de deniers publics, complicité de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ont été retenues contre eux ».

Il a poursuivi que les faits portent sur le compte « RENFORCEMENT PROT-SOC/MASSN », destiné à l’acquisition de vivres au profit des personnes déplacées internes et géré par les Directeurs de la Gestion Financière (DGEF) successifs, dont YE Yaké Camille. Les modes opératoires de Yé Camille et autres comprennent « les dépenses fictives ou activités fictives, la surfacturation des dépenses de manutention, la dissipation à des fins personnelles du carburant destiné aux activités du ministère », a souligné le procureur du Faso, près le TGI Ouaga I.

Le procureur Blaise Bazié a affirmé que le juge d’instruction a procédé à plusieurs saisies de biens immeubles en guise de mesures conservatoires, afin de garantir le recouvrement des condamnations pécuniaires éventuelles. Programmé au rôle des audiences de la chambre spécialisée ECOFI, le procureur du Faso espère que ce dossier connaîtra son dénouement en première instance lors de cette session.

En rappel, l’affaire Amidou Tiégnan avait connu un autre jugement en Appel où dans l’ensemble, des peines des détenus ont été revus à la baisse.

Par Bernard BOUGOUM