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Afrique: passer du point d’interrogation de Tchicaya U Tam’si au point d’exclamation de Sidi Ould Tah

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Dr Sidi Ould Tah, le président du Groupe de la BAD affique sa cvonviction pour une Afrique de développement

«Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté». C’est le thème qui a rassemblé, du 25 au 29 mai 2026, à Brazzaville en République du Congo, près de 3000 participants, décideurs, membres de la société civile, acteurs philanthropiques, universitaires, étudiants, agriculteurs, industriels, diaspora africaine, jeunes, femmes, etc., autour des 61e Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement. Des assises qui ont mis l’Afrique sur l’orbite d’une nouvelle dynamique de développement. C’est ce qui ressort de ces propos du président de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, à la fin de ces rencontres importantes pour accélérer le développement d’un continent noir qui compte passer de la vente de ses matières premières à la transformation et à l’industrialisation.

Paroles dignes de foi

«Permettez-moi, tout d’abord, d’exprimer mon entière gratitude et ma profonde reconnaissance à Son Excellence Denis Sassou N’Guesso, Président de la République du Congo. Son leadership, sa vision, et sa bienveillante attention ont été le socle du succès de nos réunions ici, à Brazzaville.

Je souhaite également saluer la participation remarquable de leurs Excellences Archange Faustin Touadéra (Président de la République de Centrafrique, NDLR) et Brice Clotaire Oligui Nguéma (Président de la République du Gabon, NDLR) à notre Dialogue présidentiel. Leurs contributions ont constitué l’un des sommets politiques de cette semaine (du 25 au 29 mai, NDLR).

Mes remerciements les plus chaleureux vont au gouvernement et au peuple congolais pour leur accueil fraternel, leur mobilisation exemplaire et la qualité remarquable de l’organisation. J’associe pleinement à cette reconnaissance les personnels techniques, les forces de défense et de sécurité, les équipes logistiques, ainsi que les médias qui ont fait résonner nos travaux bien au-delà de cette enceinte.

Je veux enfin saluer le personnel du Groupe de la Banque africaine de développement. Votre engagement sans faille et votre professionnalisme forcent le respect.

Le panel des chefs d’État ainsi que le dialogue de haut niveau des gouverneurs ont été, à cet égard, des moments d’une intensité politique et stratégique exceptionnelle. Je tiens à saluer très chaleureusement l’expression du soutien clair, franc et massif que nous avons reçu.

Je tiens à vous assurer ici que vos orientations stratégiques ont été pleinement écoutées, comprises et entendues. Elles constituent désormais la boussole de mon mandat.

Dynamique d’action, dynamique de transformation, dynamique d’intégration

Je veux le dire avec la plus grande clarté: je vous ai écoutés, et je vous ai entendus.

Je vous remercie pour la clarté de vos orientations, pour la richesse de nos échanges et pour votre soutien massif à notre agenda de réformes. Les résultats auxquels nous sommes parvenus à Brazzaville dépassent nos attentes.

Mais au-delà des chiffres, ce que nous avons bâti ici est plus profond: nous avons enclenché une dynamique d’action, une dynamique de transformation, une dynamique d’intégration.

Denis Sassou N’Guesso supprime les visas pour tous les Africains

Car l’Afrique est à un tournant décisif de son histoire. L’Agenda 2063 nous fixe un cap: celui d’une Afrique unie, prospère et souveraine. La ZLECAf [Zone de libre-échange continentale africaine) nous offre l’outil macroéconomique pour concrétiser cette ambition. Mais ce sont nos décisions politiques courageuses qui feront la différence sur le terrain.

C’est pourquoi je voudrais saluer un acte politique fort — et je vous invite à l’applaudir chaleureusement: la décision du président Denis Sassou N’Guesso de supprimer les visas pour tous les citoyens africains à compter du 1er janvier 2027.

Il s’agit d’une décision courageuse. Une décision stratégique. Un acte profondément panafricain. Le fait qu’elle ait été annoncée ici, durant nos Assemblées, envoie un signal puissant: l’intégration africaine passe des discours à la réalité concrète.

Je pense en premier lieu à la table ronde sur le Fonds bleu pour le Bassin du Congo. Ensemble, nous avons franchi une étape historique avec près de trois milliards de dollars d’engagements en faveur de 17 pays directement bénéficiaires. Le Bassin du Congo n’est pas seulement un sanctuaire écologique; c’est un actif stratégique pour le continent et pour le monde.

Rôle irremplaçable de la société civile, des acteurs philanthropiques et de la diaspora africaine

Un autre moment fort de cette semaine fut notre rencontre avec les organisations de la société civile, les acteurs philanthropiques et la diaspora africaine. En effet, le développement ne se conçoit pas uniquement dans les salles de réunion; il se construit au cœur des communautés, avec celles et ceux qui agissent chaque jour sur le terrain.

À vous, forces vives de la société civile, philanthropes, et membres de notre diaspora: votre rôle est irremplaçable. Nous allons intensifier notre coopération pour cibler des priorités absolues: l’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes, le soutien aux PME et l’accès universel aux services essentiels. La Banque sera votre partenaire de premier plan.

6,5 millions d’euros de l’Angola pour le FAD

Je me réjouis de vous annoncer une excellente nouvelle: l’Angola confirme sa décision d’investir 6,5 millions d’euros dans la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD). Cet élan remarquable porte désormais à 25 le nombre d’États africains engagés dans le financement du 17e FAD, pour un montant global dépassant les 190 millions de dollars.

Obrigado Angola! (NDLR: Merci Angola)

Interpellation

Au moment de clore ces travaux, je souhaite convoquer la parole puissante d’un grand auteur de cette terre congolaise. Tchicaya U Tam’si écrivait, je cite: «Mon continent est un grand point d’interrogation sur la carte du monde»fin de citation.

Cette phrase doit continuer de nous interpeller. Mais aujourd’hui, ici à Brazzaville, je veux vous dire avec une conviction absolue: ce que nous accomplissons ensemble, c’est transformer ce point d’interrogation en un éclatant point d’exclamation.

  • Un point d’exclamation d’ambition!
  • Un point d’exclamation de confiance!
  • Un point d’exclamation d’action!

C’est sur cette note d’optimisme et de détermination que je clos mes propos.»

Propos recueillis à Brazzaville par Wakat Séra