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RDC: une manifestation de l’opposition dispersée à Kinshasa

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La tension est montée d’un cran, ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa, où les forces de l’ordre ont dispersé un rassemblement de l’opposition organisé à proximité du Parlement. Selon plusieurs sources, les manifestants dénonçaient un projet de réforme constitutionnelle qu’ils considèrent comme une tentative du président Félix Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir après 2028.

Des affrontements ont éclaté entre la police et des militants de l’opposition réunis dans la capitale congolaise pour protester contre l’éventualité d’un changement de la Constitution. À l’appel de la coalition C64, plusieurs centaines de sympathisants s’étaient mobilisés pour un sit-in initialement prévu devant le siège du Parlement.

Les autorités avaient cependant interdit cette manifestation à cet endroit, invoquant le caractère «inviolable» du site parlementaire, et avaient proposé un autre lieu de rassemblement. Une décision rejetée par les organisateurs, qui ont maintenu leur volonté de se rapprocher du Parlement.

Plusieurs sources indiquent qu’un important dispositif sécuritaire avait été déployé dans la matinée de ce vendredi 12 juin autour des institutions, comprenant notamment des unités antiémeutes et des militaires. L’atmosphère est restée relativement calme jusqu’à ce que plusieurs figures de l’opposition, parmi lesquelles Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga, prennent la tête d’un cortège en direction du Parlement.

La situation a alors dégénéré en affrontements. Selon plusieurs témoignages relayés par les médias, des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre, qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Des blessés ont été signalés, dont Martin Fayulu, légèrement atteint lors de la bousculade. Plusieurs manifestants auraient également été interpellés.

Des pneus incendiés et d’épais nuages de fumée ont marqué les scènes de tension observées sur le boulevard Lumumba. Si aucun bilan officiel n’était disponible dans l’immédiat, certaines sources médiatiques faisaient état de possibles pertes en vies humaines.

Cette mobilisation intervient quelques jours après l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi encadrant l’organisation des référendums. Adopté à une «très large majorité», ce texte est perçu par l’opposition comme une étape clé vers une éventuelle révision de la Constitution.

Les adversaires du pouvoir accusent le président Félix Tshisekedi de préparer le terrain pour briguer un nouveau mandat au-delà de la limite fixée par la Constitution actuelle. De son côté, la majorité présidentielle rejette ces accusations et défend une démarche présentée comme relevant du débat institutionnel.

Alors que le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC s’intensifie, les incidents de Kinshasa illustrent la profonde fracture politique autour de la question constitutionnelle. Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’équilibre démocratique du pays à l’approche de l’échéance présidentielle de 2028.

Par Valentin SOMANDE