La Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC) a interpellé un revendeur de cartes SIM, dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité, selon un communiqué de l’institution, ce samedi 1er août 2026.
«Accepter d’identifier des cartes SIM à partir de documents d’identité reçus via WhatsApp ou tout autre canal, sans vérifier l’identité de la personne concernée ni requérir sa présence physique, facilite la commission d’infractions. De tels actes engagent votre responsabilité pénale et vous exposent à des poursuites judiciaires.
C’est pourtant ce qu’a fait O.M., âgé de 24 ans, revendeur de cartes SIM de nationalité burkinabè résidant à Kombissiri.
L’affaire fait suite à plusieurs plaintes enregistrées par la Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC). Les investigations menées par la Division des Enquêtes (DE) ont permis d’établir que O.M. avait été approché dans sa boutique par un individu souhaitant acquérir plusieurs cartes SIM. Après cette première rencontre, les échanges se sont poursuivis via WhatsApp.
Prétextant être en déplacement à l’étranger et dans l’impossibilité d’accomplir lui-même les formalités requises, cet individu a demandé à O.M. d’identifier des cartes SIM à son profit. Pour ce faire, il lui a transmis, via WhatsApp, les photographies des documents d’identité de plusieurs personnes afin que les cartes soient enregistrées à leurs noms.
Sans procéder aux vérifications requises, O.M. a identifié au profit dudit individu, trois (03) cartes SIM aux prix allant de 2000 à 7000 francs selon l’opérateur de téléphonie. À la demande de ce dernier, il lui a ensuite communiqué, depuis son propre téléphone, les codes de vérification (OTP) reçus par SMS. Ces codes ont permis au cyberescroc d’activer à distance les cartes SIM et de créer des comptes WhatsApp, Mobile Money et Facebook, sans jamais être en possession des cartes SIM physique.
Les investigations ont révélé que ces comptes servaient à administrer une fausse page Facebook de vente en ligne de prétendus articles importés de Chine, dénommée « ASTOU J », ainsi qu’un groupe WhatsApp intitulé « ALIPRO AFRICA ». Ces plateformes étaient utilisées pour escroquer des internautes en leur proposant des produits fictifs.
Le mode opératoire était simple : les personnes intéressées par ces prétendus produits étaient invitées à effectuer le paiement de leurs commandes via des comptes Mobile Money ouverts grâce aux cartes SIM frauduleusement identifiées. Une fois les fonds encaissés, les cyberescrocs devenaient injoignables et les marchandises n’étaient jamais livrées.
Interpellé puis auditionné par la Division des Enquêtes (DE), O.M. a été conduit devant le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I afin de répondre de ses actes.
La BCLCC rappelle aux revendeurs de cartes SIM qu’ils sont tenus de procéder à l’identification des abonnés dans le strict respect de la réglementation en vigueur. Tout manquement à cette obligation est susceptible d’engager leur responsabilité pénale et de les exposer à des poursuites judiciaires.
Par ailleurs, elle invite également les citoyens à faire preuve de vigilance et à signaler sans délai sur la plateforme Alerte-BCLCC tout comportement suspect ou toute tentative d’escroquerie.
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