Le contentieux électoral en Zambie prend une nouvelle tournure. L’opposition a saisi l’Union africaine (UA), dénonçant des entraves présumées aux voies de recours et appelant à une intervention avant l’investiture annoncée du président Hakainde Hichilema, prévue le 1er septembre 2026. L’affaire, largement commentée par plusieurs médias, suscite de vives réactions au regard de son importance pour la stabilité politique et le respect des mécanismes constitutionnels dans le pays.
L’opposition zambienne hausse le ton. Dans une note datée du 25 août 2026, rendue publique ce jeudi 27 août, l’Alliance Tonse-Pamodzi affirme avoir saisi l’Union africaine (UA) afin de solliciter son intervention dans le contentieux né de l’élection présidentielle.
Dans une lettre adressée au président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, l’ancien diplomate zambien Emmanuel Mwamba, agissant au nom de l’Alliance Tonse-Pamodzi, soutient que les possibilités de recours prévues par la Constitution auraient été compromises.
M. Mwamba, par ailleurs, ancien ambassadeur de Zambie en Éthiopie pointe particulièrement du doigt la fermeture des tribunaux, intervenue le 24 août, qui aurait empêché des avocats de déposer des recours alors que le délai constitutionnel de sept jours arrivait à son terme. Des forces de sécurité armées auraient été déployées sur les lieux.
«Un État ne peut exiger que les litiges électoraux soient réglés exclusivement par des voies judiciaires tout en bloquant physiquement ces mêmes voies», a dénoncé Emmanuel Mwamba.
Selon lui, les autorités zambiennes ne sauraient se prévaloir d’une impossibilité de recours alors qu’elles auraient elles-mêmes contribué à la créer.
L’investiture du 1er septembre au cœur des inquiétudes
Pour l’opposition, le temps presse. Emmanuel Mwamba estime que les irrégularités dénoncées pourraient encore être corrigées, mais uniquement avant la cérémonie d’investiture de Hakainde Hichilema, annoncée pour le 1er septembre 2026.
L’opposition craint en effet qu’une prestation de serment avant l’examen des recours ne rende ces derniers inopérants. Elle considère qu’une telle situation porterait atteinte aux mécanismes constitutionnels prévus pour contester les résultats d’une élection présidentielle.
Afin de respecter le délai légal, l’avocate Linda Kasonde, l’activiste Brebner Changala et la LCK Freedom Foundation auraient transmis leur requête par voie électronique à l’adresse privée du président de la Cour suprême, Mumba Malila. Celui-ci en aurait accusé réception avant de transmettre le dossier à la Cour constitutionnelle.
Militaires dans les centres de vote
L’opposition dénonce également le déploiement de militaires dans plusieurs bureaux de vote et centres de compilation des résultats. Emmanuel Mwamba évoque, en outre, une opération menée au domicile du principal candidat de l’opposition, Brian Mundubile.
Au cours de cette opération, l’ancien ministre Mutotwe Kafwaya aurait été tué et plusieurs personnes arrêtées, selon les accusations rapportées par l’opposition.
La Commission électorale de Zambie est elle aussi dans le viseur de l’Alliance Tonse-Pamodzi. Celle-ci lui reproche notamment d’avoir suspendu la compilation des résultats le 14 août, avant de proclamer les résultats définitifs le 18 août. L’opposition affirme que les données détaillées par bureau de vote n’auraient pas été publiées.
Le pouvoir judiciaire conteste l’existence d’un recours
Face à ces accusations, le pouvoir judiciaire zambien rejette l’existence d’un recours actuellement en instance.
Le porte-parole de la Cour constitutionnelle, Kalumba Slavin, a déclaré que le greffe de la juridiction n’avait reçu aucune requête contestant l’élection présidentielle à la clôture de ses activités, le 25 août.
En conséquence, la prestation de serment de Hakainde Hichilema demeure maintenue au 1er septembre, conformément aux dispositions constitutionnelles, selon les autorités judiciaires.
Une affaire suivie de près
Cette bataille autour de la validation du scrutin et de l’accès aux voies de recours est désormais largement commentée par plusieurs médias, tant en Zambie qu’au-delà, compte tenu de ses implications politiques et institutionnelles. La saisine de l’Union africaine ajoute une dimension régionale à un contentieux qui intervient à quelques jours seulement de l’investiture annoncée du président réélu.
Entre accusations de blocage des recours, déploiement des forces de sécurité et contestation de la procédure électorale, l’opposition zambienne entend désormais internationaliser le dossier. Reste à savoir si l’appel lancé à l’Union africaine pourra produire un effet avant le 1er septembre, date à laquelle Hakainde Hichilema doit, sauf nouveau rebondissement, prêter serment pour un nouveau mandat.
Par Valentin SOMANDE







































