Un «guet-apens»! Sans détour, c’est ainsi que l’opposition a qualifié la fin prématurée de sa manifestation de ce mardi 15 septembre 2026. Une marche qu’elle a voulu hautement politique, la faisant coïncider avec la rentrée des députés qui avait pour plat du jour, la session budgétaire. Et c’est pour réaffirmer aux élus du peuple leur ferme volonté de faire échec au 3e mandat sous le charme duquel Felix Tshisekedi est, visiblement, tombé, que les opposants avaient décidé de battre le pavé, et de se rassembler non loin du Palais du peuple, siège des parlementaires. Mais, la marche a pris fin en queue de poisson, dispersée en face du QG de l’Union pour la démocratie et le progrès (UDPS), le parti au pouvoir. A qui la faute? Aux Forces de progrès, «la milice privée du pouvoir», accusent des opposants désabusés, dont la manifestation avait pourtant reçu l’autorisation officielle requise!
Un «guet-apens» en plein Kinshasa! Pas dans le Kivu où les combattants de l’AFC/M23, règnent en maîtres et tiennent en joue, des populations malmenées par l’épidémie dévastarice de l’Ebola, dans sa nouvelle souche, l’espèce Bundibugyo! Et si c’était depuis le début, c’est-à-dire à la vue de l’itinéraire de la marche que le «guet-apens» a été concocté avec minutie, faisant du passage devant le siège de l’UDPS à Kinshasa, l’endroit propice pour organiser la débandade des opposants qui osent aller contre le désir du prince? Rien, surtout pas des opposants aux mains nues, ne doit contrarier le plan de Felix Tshisikedi, si proche de son but. La loi sur le référendum constitutionnelle est déjà dans les tiroirs et tout est mis en œuvre par le pouvoir et ses partisans pour que la représentation théâtrale aille à son terme. Le texte, avec la caution des parlementaires, passera devant le peuple et ce dernier, qu’il dise «oui» ou «non», verra les urnes vomir des chiffres staliniens en faveur du «oui». Ainsi se passent presque toutes, pour ne pas dire toutes les élections en Afrique, surtout quand il s’agit d’assurer le pouvoir du chef.
Que pourra donc une opposition qui va constamment tomber dans le «guet-apens» d’un pouvoir aux mains d’un ancien opposant bercé depuis son enfance par la voix d’un père, feu Etienne Tshisekedi, qui a porté, jusqu’au seuil de sa mort, la contestation contre les pouvoirs sans partage de Mobutu Sese Seko et des père et fils Kabila? Non seulement Felix Tshisekedi a la force aveugle du pouvoir, mais il maîtrise l’art machiavélique du diviser pour régner, un autre «guet-apens» qui avale rapidement certains opposants avides de la courte échelle, trop vite séduits par les espèces sonnantes et trébuchantes et les strapontins politiques.
Dire que c’est dans cette ambiance délétère, envers et contre tous, bien entendu hormis ses zélateurs, que Felix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu’il dit inclusif, mais dont il éloigne les principaux protagonistes que sont les vrais opposants et les leaders de guerre. En réalité, c’est bien un monologue exclusif que vise Felix Tshisekedi pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le 3e mandat.
Ainsi va la RD Congo de Felix Tshisekedi!
Par Wakat Séra







































