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Guinée: Sidya Touré exilé jusqu’à la tombe, quête sans fin de justice après le 28 Septembre!

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Ils demandent toujours justice (Ph. d'illustration-amnesty.org)

Ainsi donc, Sidya Touré, 81 ans, décédé le Z5 septembre 2026 à l’hôpital américain de Neuilly en France, ne sera pas inhumé en Guinée, mais bien en terre ivoirienne, son pays d’exil de son vivant. A moins d’une décision contraire de dernière minute, il en sera ainsi et les obsèques seront, financièrement, prises en charge par le président ivoirien, Alassane Ouattara. Comment en est-on arrivé là? Ce sont nos confrères guinéens qui ont sorti le son.

«Malgré le souhait des autorités guinéennes, qui avaient dépêché l’ambassadeur de Guinée en Côte d’Ivoire au domicile du défunt, la famille a choisi Abidjan pour les obsèques. Les enfants évoquent notamment l’absence de domicile familial à Conakry, la maison familiale ayant été reprise par le pouvoir en place.»  Autant c’est presque logique que Alassane Ouattara, qui a donné gîte et couvert à son ancien collaborateur, lorsque celui-ci a fui son pays, injecte de l’argent dans ses funérailles, autant c’est incompréhensible et presqu’ahurissant que le défunt, ancien Premier ministre et infatigable serviteur de l’Etat, n’ait pas de «domicile familial» pour accueillir sa dépouille! Le repos éternel sera-t-il possible pour l’illustre disparu, alors que son âme est en errance, loin de la terre de ses ancêtres?

Toujours selon nos confrères guinéens, le corps de Sidya Touré serait attendu à Abidjan le 1er octobre, et son inhumation programmée pour le lendemain. Une mort au bout d’un si long exil qui vient confirmer, la situation d’extrême précarité des droits de l’homme dans une Guinée qui a célébré, ce 28 septembre, le douloureux et triste anniversaire du massacre du 28 septembre 2009 dont le bilan macabre affiche au moins 156 morts, des centaines de femmes violées à ciel ouvert et des milliers de blessés. Et les victimes et familles de victimes attendent toujours réparation, suite au procès historique, et fleuve, qui a été organisé 15 ans après le drame.

Pendant ce temps, le pouvoir du général Mamady Doumbouya installe une véritable chape de plomb sur le pays. Les grains s’ajoutent au long chapelet des maux dont souffrent des populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. Les arrestations arbitraires se multiplient se multiplient, tout comme les disparitions inexpliquées de politiques et de militants de la société civile, la dissolution de partis de l’opposition, les suspension et fermeture de médias nationaux et internationaux, la contrainte de leaders politiques à l’exil, et bien d’autres violations des droits humains. Des dérives qui maintiennent la Guinée dans une quête de justice sans fin.

Pourtant, le coup d’Etat de Mamady Doumbouya, le 5 septembre 2021, avait été applaudi à tout rompre par un peuple qui se croyait libéré du régime de fer du Professeur Alpha Condé, l’ancien opposant devenu président et qui, finalement, s’est laissé séduire par les charmes du 3e mandat! Depuis lors, la Guinée semble aller de Charybde en Scylla, avec un pouvoir qui s’est offert une virginité par les urnes, à travers des élections qui ressemblent à toutes celles organisées en Afrique, où la victoire est toujours volée aux challengers battant pavillon opposition, quand il y en a!

Ainsi va la Guinée du général Mamady Doumbouya, celui-là même qui n’accepte les opposants que lorsque ceux-ci sont loin de Conakry! Exemples: l’ancien président de la république Alpha Condé et les anciens Premiers ministres, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré!

Par Wakat Séra