
L’ancien Premier ministre guinéen, Sidya Touré, décédé le samedi 26 septembre 2026 à Paris, dans sa 81e année, sera bel et bien inhumé en Côte d’Ivoire, loin de la terre de ses ancêtres, la Guinée. Wakat Séra avait été parmi les premiers médias à avoir annoncé cette information dans ses éditoriaux des 27 et 29 septembre. Certes, cette situation regrettable et déplorable à plus d’un titre, relevait de la volonté de sa famille d’enterrer le défunt à Abidjan, où il a longtemps été un serviteur de l’Etat très apprécié. Mais Abidjan est surtout une ville où il possédait une résidence qui pouvait accueillir ses obsèques, contrairement à Conakry en Guinée où, tout comme son compagnon de l’opposition, et également ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, il a été dépossédé de son domicile par les autorités militaires. C’est ainsi qu’à la suite de l’arrivée de la dépouille mortelle, le 2 octobre, en provenance de la capitale française, le domicile du président de l’Union des Forces républicaines (UFR), reçoit de nombreuses personnalités et des personnes anonymes qui y défilent pour saluer, la mémoire de «celui qui a vécu utile».
Les hommages les plus poignantes se succèdent à la résidence mortuaire, sise aux quartier 2 Plateaux Vallon, depuis le dimanche 4, et ce, à ce mardi 6 octobre. De 16h à 20h, comme ce lundi 5 octobre, en présence d’une équipe de Wakat Séra, des délégations d’institutions, des anciens camarades de lycée et d’université, des parents, amis et proches de l’illustre disparu, en costumes, en boubous blancs ou en simple tenue de ville, ont effectué, dans un profond respect lié aux circonstances de deuil, l’une des dernières visites à Sidya Touré. En attendant la levée du corps et la prière mortuaire, prévues le jeudi 8 octobre, à la Grande mosquée de la Riviera Golf et l’inhumation qui, en principe, doit se dérouler, dans la foulée au cimetière de Williamsville, toujours à Abidjan, le recueillement se poursuit, rassemblant, en plus des proches de Sidya Touré vivant en Côte d’Ivoire, des amis, des proches et connaissances, des quatre coins du monde, d’anciens collaborateurs et des militants de partis politiques, venus de la Guinée ou d’ailleurs. Il en sera, sans doute, de même, lors des cérémonies du 3e, du 7e et du 40e jour, prévues à la Grande mosquée de la Riviera Golf, le dimanche 11 octobre.

Au titre de ces partisans figurent en bonne place, les militants de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) qui ont sonné le tocsin de la mobilisation autour de leur leader, Cellou Dalein Diallo. Celui-ci se souvient de Sidya Touré, comme «d’un compagnon de toujours, d’un combattant de la liberté, d’un défenseur des droits humains et surtout d’un homme constamment en quête du mieux-être des Guinéens». Des valeurs qui collent également comme un gant, au président de l’UFDG contraint à l’exil en Côte d’Ivoire, depuis au moins cinq ans, comme son «frère Sidya». Non seulement les deux hommes ont été de toutes les luttes pour la défense de la Constitution, la libération du peuple guinéen du 3e mandat du Professeur Alpha Condé et la contestation du pouvoir de fer du général Mamady Doumbouya, mais ils sont aussi des compagnons d’exil en terre ivoirienne, ayant pour seul tort de s’être rangés aux côtés de Guinéens et de Guinéennes assoiffés de justice.
Que fait donc la communauté internationale pour aider les Guinéens et Guinéennes dans leur quête constante d’un meilleur sort? Question à un plat de Konkoé, le savoureux poisson fumé guinéen!
Que la terre ivoirienne soit légère à Sidya Touré et que sa mort en exil et son inhumation loin des siens et de ses ancêtres soient matière de réflexion pour les autorités guinéennes, afin qu’elles favorisent le retour à la maison, dans la paix et la justice, de tous les enfants du pays, pour la construction d’une Guinée où il fera bon vivre pour chacun et pour tous.
Par Wakat Séra à Abidjan





































