Accueil A la une Burkina/Kadiogo: le port du casque «respecté» à «près de 95%»

Burkina/Kadiogo: le port du casque «respecté» à «près de 95%»

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Une vue des usagers en circulation

Le port du casque de sécurité par les conducteurs des engins à deux et trois roues est «respecté» à «près de 95%», a affirmé le Contrôleur général de police, Aguima Abdoulaziz Yonli, directeur régional de la Police nationale de la région du Kadiogo (Centre du Burkina), face à des journalistes qui ont effectué une visite de terrain avec ses équipes, ce lundi 5 octobre 2026, à Ouagadougou.

Après plusieurs opérations de sensibilisation, les responsables du ministère burkinabè de la Sécurité ont sifflé la fin de la récréation et annoncé la tolérance zéro à partir du 1er octobre, date de la rentrée scolaire au Burkina Faso. En vue de cerner la réalité du terrain et avoir une idée de l’application des instructions relatives au port du casque par les conducteurs d’engins à deux ou trois roues dans la ville, la Police nationale de la région du Kadiogo, Centre burkinabè, a organisé une sortie de terrain avec des journalistes ayant pris en compte six sites de contrôle à Ouagadougou.

Briefing entre agents de sécurité avant les réactions avec la presse lors de la sortie

Du Commissariat central de la Police de Ouagadougou (CCPO), l’équipe de la sortie s’est immobilisée d’abord au feu du carrefour jouxtant le Palais royal du Moogho Naaba. A ce niveau, comme au rond-point de la Bataille de rail, en passant par le feu tricolore du marché de Gounghin, le rond-point situé devant l’hôpital de Schiphra et un point de contrôle de Balkouy sur la voie de Pô, le constat est similaire. La plupart des usagers portaient leur casque de sécurité.

«En sortant, ça nous permet de toucher du doigt, de voir réellement et de nous rendre compte que près de 95% des usagers de la route qui circulent avec des engins à deux ou trois roues portent des casques de sécurité. Et cela nous réconforte beaucoup», a déclaré le directeur régional de la Police nationale du Kadiogo, le Contrôleur de police, Aguima Abdoulaziz Yonli, pour qui, cette sortie terrain permet également de suivre les instructions.

Le directeur régional de la Police du Kadiogo, le Contrôleur général de Police, Aguima Abdoulaziz Yonli (micros)

Le directeur régional de la Police du Kadiogo, a signifié qu’à l’instar des autres villes, à Ouagadougou, plusieurs opérations ont été également organisées pour la mise en œuvre des instructions de la hiérarchie du Département de la Sécurité. Au cours de l’opération «bouclier tête» qui avait consisté à sensibiliser les populations sur la nécessité du port du casque, les agents de sécurité avaient durcir le ton après le communiqué du ministre de la Sécurité, Mahamadou sana qui invitait les populations au port du casque de sécurité.

Le premier responsable du Département de la Sécurité informait par la même occasion les populations qu’à partir du 1er octobre 2026, des mesures répressives allaient être utilisées contre les contrevenants du port de casque de sécurité. Et donc, depuis jeudi à ce jour, les opérations se poursuivent, d’où cette sortie pour faire le constat et faire le point. «Comme bilan, il y a eu dans la région du Kadiogo, près de 3 000 personnes qui ont été interpellées, contrôlées pour non port du casque de sécurité», a révélé M. Yonli.

Des engins à deux roues saisis pour non port de casque

«Et au nombre de ces 3 000, on a près de 1 600 qui ont été verbalisées. Et elles ont pu entrer en possession de leurs engins après présentation aussi d’un casque. La première journée, on avait eu près de 2 000 contrevenants, près de 600 contrevenants le deuxième jour et avant-hier, on était à environ 500 contrevenants», a-t-il ajouté, notant que l’analyse de ces données fait remarquer que depuis le premier jour, les usagers ont pris conscience et ont commencé à appliquer la mesure.

Aussi, en sortant, cela permet à lui et ses collaborateurs ainsi qu’à ses équipes de «toucher du doigt, de voir réellement et de se rendre compte que près de 95% des usagers de la route qui circulent avec des engins à deux ou trois roues portent des casques». Et cela, a-t-il lancé, «réconforte beaucoup», poursuivant qu’au titre aussi des amendes, les agents de sécurité ont perçu pour les 1 600 contrevenants, «3 561 000 francs CFA comme amende forfaitaire» qui ont renflouer les caisses de l’Etat.

Le sergent-chef de Police, Drissa Traoré en service au Commissariat central de Police de Ouagadougou (CCPO)

«Je peux dire qu’à l’heure actuelle on est satisfait par rapport au port du casque vu le travail de sensibilisation sur le terrain. Les usagers ont compris le message, beaucoup porte le casque. Il y a bien-sûr quelques récalcitrants mais on se dit qu’avec les sensibilisations et les différentes méthodes de répression, ils vont revenir à la raison», a déclaré le sergent-chef de Police, Drissa Traoré en service au CCPO. L’équipe du sergent-chef Drissa Traoré est postée au niveau du feu tricolore jouxtant la Cour royale du Moogho Naaba.

Lors de cette sortie, les usagers en conflit avec la mesure gouvernementale se classe en trois catégories. Selon les agents de police, il y a ceux qui ont leur casque mais qui oublient de bonne foi de les porter. Ensuite la deuxième catégorie concerne ceux qui portent le casque mais de manière fantaisiste. Et la troisième catégorie prend en compte les récalcitrants qui ont le casque mais l’accroche d’une manière désinvolte comme pour narguer les agents de sécurité. En principe toutes ces trois catégories tombent sous le coup de loi nous a-t-on fait savoir mais les agents de sécurité étant toujours dans la phase de sensibilisation, comprennent souvent la première catégorie par rapport aux deux autres situations.

Une vue d’usagers ayant porter des casques à une feu tricolore

Parmi les usagers dont les motos ont été saisies pour non port du casque, nous avons constaté que certains appellent leurs proches pour qu’on leur emmène sur place un casque. D’autres paient sur place le casque, condition sine qua non pour repartir avec l’engin sur place ou dans une base de police après paiement forfaitaire de la contravention. La plupart de ceux qui avaient remorqué un binôme, disent ignorer que celui qui est remorqué aussi devait porter le casque. Il y aussi certains qui affirment qu’ils ne portent pas le casque parce qu’il n’en non pas ? Ils disent n’avoir pas les moyens de s’en procurer.

Comme appel, le directeur régional de la Police du Kadiogo, Aguima Abdoulaziz Yonli, a invité la population au port effectif du casque de sécurité. «Porter le casque de sécurité, c’est se protéger soi-même d’abord et protéger sa famille, porter le casque de sécurité est un acte civique, porter le casque de sécurité, c’est être patriote», a-t-il dit annonçant que pour atteindre les 100% de port de casque par les usagers, «il y aura un moment où on dira opération bouclier double tête pour prendre en compte le passager aussi qui est à bord» en plus de la répression qui va se poursuivre.

Un conducteur de tricycle s’étant procuré un nouveau casque sur place

«Si vous regardez les statistiques des accidents, il y a beaucoup de décès. Et depuis qu’on a commencé avec le port du casque, on a constaté une réduction des cas de décès liés aux accidents. Ça nous réconforte et ça nous amène encore à redoubler d’ardeur pour que toute la population puisse porter le casque», s’est-il réjoui, profitant des micros et autres caméras des journalistes pour remercier et encourager «tous les agents consciencieux qui ont compris la nécessité de protéger la population contre le non-port du casque».

En rappel, depuis le 1er octobre 2026, il est appliqué une amende de 3 000 F CFA pour les usagers d’engins à deux et trois roues qui ne respectent pas la mesure sur le port du casque. Dans le cadre de la mise en œuvre des opérations de contrôle sur le port obligatoire du casque, menées par les équipes de la Police nationale dans les régions, il ressort du point consolidé couvrant la période du 1er au 3 octobre 2026, «un total de 14 165 usagers contrôlés pour non-port du casque sur l’ensemble du territoire national».

A l’issue des contrôles, selon les chiffres de la Police nationale, «9 799 usagers ont été verbalisés sur place, après paiement de la contravention et présentation d’un casque» et «3 231 engins ont été saisis et mis en fourrière pour non-paiement de la contravention ou défaut de présentation du casque».

Par Bernard BOUGOUM