Une nouvelle affaire secoue le monde des influenceurs en Côte d’Ivoire. Une dizaine de personnalités sont visées dans un dossier de fraude immobilière présumée, portant notamment sur des faits d’escroquerie, d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux. Au centre du dossier, l’influenceuse Rita Bénédicte Djédjé Grahon, accusée par plus d’une soixantaine de plaignants d’avoir vendu des parcelles qu’elle n’aurait pas possédées. Le préjudice provisoire est évalué à plus de 320 millions de francs CFA.
L’affaire a été révélée, le mercredi 7 octobre 2026, par le procureur national financier, Jean-Claude Aboya. Dans un communiqué, celui-ci fait état d’une vaste affaire de fraude immobilière impliquant plusieurs personnalités très suivies sur les réseaux sociaux.
Connue sous le pseudonyme de «Maman Na Caï Caï», Rita Bénédicte Djédjé Grahon dirige la société Ivoire Challenge Corporation SARL. Elle a été placée sous mandat de dépôt dans le cadre de cette affaire, selon le procureur dans un communiqué.
D’après les éléments communiqués, plus de 60 personnes se sont constituées plaignantes. Elles reprocheraient à l’influenceuse d’avoir proposé à la vente des parcelles dont elle n’aurait pas été la propriétaire. Le montant provisoire évoqué dans le dossier dépasse 320 millions de francs CFA.
Des célébrités également dans la tourmente
Le dossier s’étend à plusieurs personnalités connues du public ivoirien. Parmi les noms cités figurent l’ancien international Serey Dié, l’influenceur Apoutchou National, de son vrai nom Stéphane Agbré, ainsi que Pantcho Le Gatair, John Jay, Maa Bio et Yaka Yaka de Paris.
Selon le communiqué du procureur, ces personnalités sont poursuivies pour leur implication présumée dans la promotion des opérations immobilières concernées ou en raison de leurs liens avec Rita Djédjé.
Certaines ont, depuis, publié des vidéos pour expliquer leur position et prendre leurs distances avec l’influenceuse. Ces déclarations n’ont toutefois pas mis fin aux investigations les concernant.
Apoutchou National est déjà connu de la justice ivoirienne. Il avait été condamné en juin 2026 dans une autre affaire de blanchiment de capitaux.
La suite des investigations devra notamment permettre de préciser le rôle de chaque personne citée, de vérifier les conditions dans lesquelles les transactions ont été réalisées et d’établir l’ampleur exacte du préjudice allégué.
À ce stade, les faits rapportés relèvent toujours d’une procédure en cours et les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence.
Par Valentin SOMANDE






































