Accueil Economie Affaire charbon fin: le CISAG demande «une expertise indépendante»

Affaire charbon fin: le CISAG demande «une expertise indépendante»

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Les responsables du CISAG

Le Conseil d’information et de suivi des actions du gouvernement (CISAG) a animé ce mardi 3 septembre 2019, à Ouagadougou, une conférence de presse pour se prononcer sur l’affaire dite de charbon fin dont le jugement débuté le 7 août dernier a été renvoyé pour octobre prochain. Et pour cette organisation de la société civile qui dit avoir échangé avec toutes les parties prenantes de ce dossier, il faut une «expertise indépendante» pour clarifier cette affaire qui a pris des proportions «démesurées».

Après avoir rencontré les ministères de la Justice, des Mines, la direction générale ds Douanes, la société minière IAM GOLD Essakane SA et la société de Transport Logistic BOLLORE, de même que Ladji Bama, le journaliste d’investigation, le CISAG est parvenu à la conclusion qu’il y a de la surenchère médiatique dans cette affaire qui n’en est vraiment pas une.

Le CISAG a noté à la suite de ses rencontres, «de réelles divergences de vue entre d’un côté le journaliste (Ladji Bama) à l’origine de l’affaire et de l’autre une partie du gouvernement. Ensuite, des divergences profondes et inquiétantes au sein même du gouvernement entre d’une part le ministère de la Justice et de l’autre celui de l’Economie par l’entremise de la Douane, celui des Mines ainsi que les différentes entreprises concernées (Essakane, BOLLORE)», a déclaré son président Issiaka Ouédraogo.

C’est pourquoi, le CISAG souhaite au regard de ces «divergences profondes, qu’une expertise africaine ou internationale indépendante puisse se pencher sur l’affaire et situer» les Burkinabè qu’il a appelés à «respecter la présomption d’innocence en attendant que la justice tranche». Le CISAG «s’inquiète de la cacophonie engendrée par cette affaire et pour l’image peu reluisante qu’elle donne du Burkina Faso en termes de sérieux et d’attrait pour les investisseurs nationaux et étrangers, mais aussi pour la sécurité juridique des personnes et des biens», a affirmé M. Ouédraogo.

Pour le CISAG, le ministre des Mines, Oumarou Idani, dont la démission est réclamée par certains dans cette affaire, est «sincère» lorsqu’il avait soutenu à une conférence de presse qu’il n’y a pas eu «fraude» dans ce dossier. Selon Issiaka Ouédraogo, il y a une tentative de «dénigrement de certaines autorités et des sociétés concernées» dans cette affaire avec la bénédiction de médias et des réseaux sociaux.

Par Bernard BOUGOUM