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Afrique du Sud: Julius Malema s’indigne contre les actes de xénophobie

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Julius Malema

Le combattant pour la liberté économique, le Sud-africain Julius Sello Malema, leader du parti EFF (Economic freedom fighters), s’est indigné, ce jeudi 5 septembre 2019, contre les actes de xénophobie de ses compatriotes, rapporte la chaîne SABC. « J’ai honte aujourd’hui qu’on m’appelle sud-africain », a déclaré Julius Malema qui appelle ses compatriotes à être « unis » avec leur frères africains.

Les actes de xénophobies qui se sont caractérisés récemment en Afrique du Sud par des agressions physiques mortelles d’expatriés africains ou des pillages de leurs commerces, ont soulevé une vague d’indignation au sein des pays africains. Des pays comme le Nigeria, communauté fortement touchée dans cette affaire, la République Démocratique du Congo (RDC), le Congo Brazzaville, le Zimbabwé et la Tanzanie, ont, à travers leurs représentations diplomatiques, signifier leur mécontentement face à la situation.

Cette sortie de Julius Malema, l’un des pionniers du Congrès national africain (ANC), renforce ces positions. « Nous pouvons chasser de notre sol, tous nos frères africains, mais vous verrez qu’il n’y aura toujours pas de travail en Afrique du Sud », selon le leader de l’EFF, estimant que la richesse de l’Afrique du Sud « est entre les mains des Blancs qui refusent d’investir pour créer plus d’industries ».

« Il n’y a aucun Nigérian qui a volé une industrie et n’a employé que des Nigérians. Il n’existe aucun Zimbabwéen qui possède des grandes fermes dans lesquelles il n’a employé que des Zimbabwéens », a indiqué le président de la ligue de jeunesse du Congrès national africain (ANC) en 2008 qui a insisté que les industries sont « contrôlées par les Blancs qui emploient des étrangers et leur paient un maigre salaire. C’est ça qui vous pousse à croire que vos frères africains vous volent vos emplois ». C’est pourquoi, il a demandé à ses frères xénophobes d’« arrêter de glorifier les frontières qui séparent les africains ».

Selon l’acteur politique influent sud-africain, auparavant, ces frontières « n’existaient pas. Elles nous ont été imposées par l’homme blanc pour nous diviser, nous les noirs, afin de bien exploiter les richesses de notre continent ».

« J’ai honte aujourd’hui qu’on m’appelle sud-africain. Les images atroces qui nous viennent de certaines villes du pays sont totalement insupportables: Vous frappez des noirs, vous massacrez vos frères africains », s’est-il scandalisé.

« Je ne vous ai jamais vu frapper un Chinois, un Blanc, un Indien, sous prétexte qu’ils n’ont pas de papiers. Mais regardez ce que vous faites à vos propres frères africains !!! Cela prouve que vous ne vous aimez pas vous-mêmes. L’homme Blanc vous a appris à vous haïr vous-mêmes, raison pour laquelle vous haïssez vos propres frères africains », a déploré le combattant pour la liberté économique.

Pour Julius Malema, « cette cruauté appelée xénophobie doit cesser immédiatement. Nous devons être un  avec nos frères Africains », a-t-il conclu.

Par Bernard BOUGOUM

1 Commentaire

  1. C’est vraiment triste que des actes de xénophobie de certains.es Sud-africains.es contre des noirs.es pour la simple raison qu’ils/elles sont d’un autre pays. Aucun.e Sud-Africain n’est traité.e de la même façon dans d’autres pays africains.
    Quelle est cette maladie de ces jeunes et moins jeunes de l’Afrique du Sud post apartheid envers d’autres Africains.es? Les étrangers.es d’Afrique participent à la richesse de ce pays. Il faut mener un autre combat, celui du rapprochement entre peuples africains, qui ont souffert le joug colonial et les manipulations de certains.es populistes pour gagner des sièges au parlement.
    Les derniers actes de xénophobie comme ceux de 2008 et 2014 soulèvent l’incapacité des dirigeants.es politiques et acteurs.es sociaux.es de construire un pays ouvert. On ne peut être fatigué de rappeler à ces jeunes et moins jeunes la lutte que d’autres Africains.es ont mené pour la libération des populations noires, par exemple les manifestations des Sénégalais.es chaque année contre le régime d’apartheid et de les inciter de changer d’objectifs.

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