Accueil A la une Mondial 2026: la xénophobie prive les Bafana-Bafana de supporters africains!

Mondial 2026: la xénophobie prive les Bafana-Bafana de supporters africains!

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Chasse à l'homme noir dans la nation arc-en-ciel (Ph. VOA Afrique)

Le Mondial 2026, désormais à sa deuxième journée continue d’enflammer les stades mexicains, canadiens et américains. En Afrique, devant les écrans de télévision, où ils s’installent individuellement ou en groupe d’amis, malgré des horaires contraignants les poussant souvent à se priver de sommeil, car ils doivent veiller, les supporters des 10 représentants du continent s’enthousiasment également. Ils ne perdent aucun des exploits de leurs joueurs. Le mot d’ordre semble être «tous derrière tous les Africains».

«Tout sauf l’Afrique du sud»! Ce slogan, lui aussi est tout autant spontané, car, les Bafana-Bafana souffrent, loin de la mère patrie, des effets malheureux du vent de xénophobie qui souffle sur leur pays et livre les étrangers africains aux assauts sans répit de leurs hôtes. Certains amoureux du ballon rond, après s’être réjouis ouvertement, sur les réseaux sociaux notamment, de la défaite des Sud-Africains contre le Mexique en ouverture du Mondial 2026, étaient même allés jusqu’à souhaiter une débâcle à la sélection sud-africaine lors de ses prochains matchs! Résultats imprévisibles et dégâts collatéraux de cette vague meurtrière qui a déferlé sur les migrants africains, à partir de la ville de Durban, en avril dernier. Exposés à des agressions sans limite, les Africains, subitement devenus indésirables, paradoxe des paradoxes, dans la nation «arc-en-ciel», ne savent plus à quel saint se vouer. Leur quotidien se résume à la désolation, aux larmes, à l’amertume et au rapatriement pour les plus chanceux.

Victimes d’actes d’une violence inouïe, parfois sanctionnés par la mort, qu’ils soient Nigérians, Zimbabwéens, Malawites ou Mozambicains, ou autres, ils sont traqués dans leur dernier retranchement. Ils assistent, alors, impuissants à la destruction de leurs biens, la mise à sac de leurs commerces, les incendies de leurs domiciles, sans oublier le tabassage, voir le lynchage systématique sur leur personne. Le seul péché à eux reproché par des Sud-Africains déchainés et aveuglés par la détestation, c’est d’être venus chez eux, où ils gagnent honnêtement de l’argent à la sueur de leur front, grâce à de petits métiers, pourtant délaissés, voire dédaignés par les locaux.

Une xénophobie, pour ne pas dire une haine incompréhensible du noir contre le noir! Ironie du sort, alors que la politique ségrégationniste de l’apartheid battait son plein et les confinait dans les ghettos, ou en faisait tous des prisonniers en sursis, les noirs de l’Afrique du Sud, n’ont eu de soutien inconditionnel, que celui de ceux qui sont devenus aujourd’hui pour eux, des «chiens galeux» à abattre. Et le dernier discours du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, loin de désarmer les cœurs et les bras destructeurs, a comme ravivé la flamme de ce rejet inimaginable qui anime ses concitoyens. En une semaine, 2745 étrangers ont été rapatries, renvoyés chez eux, la plupart n’ayant même pas pu prendre une aiguille leur appartenant!

En tout cas, les Bafana-Bafana eux, malgré le nul qu’ils ont réussi à concéder, ce jeudi face à la Tchéquie, espèrent toujours, comme les neuf autres représentants africains, réussir une coupe du monde hors gabarit, avec ses 48 équipes et ses 104 matches qui sont joués dans les trois pays co-organisateurs que sont les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. A partir de cette deuxième journée, tous les matchs, deviennent décisifs, et bien évidemment, le partage de points avec les Tchèques ne fait nullement l’affaire de l’Afrique du sud.

Et l’Afrique continue d’y croire!

Par Wakat Séra