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Péages :Le syndicat contre la privatisation

Le secrétaire général du syndicat des agents des péages du Burkina Hubert Sawadogo

Le secrétaire général du syndicat des agents des péages du Burkina Hubert Sawadogo affirme qu’ils ont engrangé « plus de six milliards FCFA » de recette au cours de l’année 2016, dans un entretien à Wakat Séra.

 

WakaSéra : Cela fait près de deux ans que les agents des péages se sont regroupés en syndicat, qu’est-ce qui a motivé cette organisation ?

 

Hubert Sawadogo : Les travailleurs pour mieux réclamer leurs droits doivent se regroupent. C’est pour cela que nous avons jugé bon de nous retrouver en syndicat. Après sa création, le syndicat s’est affilié à la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B).

 

Vous parlez de revendication des droits des travailleurs, quels sont les problèmes auxquels font face les agents des péages et qui nécessitent un regroupement syndical ?

 

Depuis l’année 1998 les agents des péages ont toujours dénoncé un manque de plan de carrière pour eux. Il n’y a pas un statut clair pour les agents des péages. C’est un gros problème qui mine actuellement les péages. Il y a aussi qu’en 2012, le régime de Blaise Compaoré avait décidé de privatiser les péages et nous, nous ne savions pas pour quelle raison. Pourtant toutes les prévisions assignées aux différents postes de péages sont dépassées chaque année. Donc on ne connait pas la raison réelle qui a poussé les autorités en son temps à vouloir privatiser les péages.

 

Par exemple en 2015 sur une prévision de six milliards nous avons fait plus de 6.400.000.000 FCFA. Donc il n’y a pas de raison qu’on veuille privatiser aujourd’hui les péages. Nous sommes contre.

 

Aux nouvelles autorités nous leur avons dit que nous ne sommes pas d’accord pour la privatisation.

 

A ce jour quel est le nombre d’agents des péages et combien en moyenne ils peuvent faire rentrer par an dans les caisses de l’Etat ?

 

Nous tournons autour de 457 agents de péages. Cette année la prévision était de six milliards mais sauf erreur, je sais qu’au 31 décembre 2016 nous serons au-dessus de six milliards comme l’année passée.

 

Ces derniers temps vous multipliez les manifestations. Tout dernièrement vous avez appelé vos militants à se mobiliser pour des actions à venir. Quel est l’état de dialogue entre les autorités et votre syndicat ?

 

Les autorités n’ont jusque-là pas fait le bon pas. Le 21 octobre 2015, le ministre de l’Economie et des Finances (Rosine Coulibaly) nous a rencontrés par rapport à nos préoccupations. Elle a dit qu’elle va mettre un groupe de travail où elle demandait que nous ayons des représentants. Nous avons dit que nous sommes d’accord pour le principe, mais nous voudrions savoir d’abord quelles sont les attributions de ce groupe, quand est-ce que le travail va commencer et quand est-ce qu’on va remettre les travaux ? Il faut qu’on ait tous ces informations avant de désigner qui que ce soit. Et depuis le 21 octobre jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas eu de réponse. Nous avons même fait une lettre de rappel à madame le ministre mais jusque-là elle n’a rien dit.

 

Bientôt la coordination va se réunir et elle va décider ce qu’il y a à faire.

 

Est-ce à dire que vous prévoyez d’autres manifestations ?

 

Evidemment ! Evidemment ! Notre dernière grève était de 96 heures et ça veut dire que si  jusque-là il n’y a rien et que madame le ministre est en train de nous tourner en rond, ce qui va venir sera plus de 96 heures. Ça c’est évident.

Interview réalisée par Mohamed ZOUNGRANA

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