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Alassane Ouattara soulage la Côte d’Ivoire!

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Le président ivoirien, Alassane Ouattara

Alassane Ouattara a annoncé officiellement qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain en Côte d’Ivoire. A-t-il seulement d’autre choix que de quitter le pouvoir? Non! La Constitution de son pays ne l’autorise à exercer que deux quinquennats et c’est pourquoi quand on évoque deuxième mandat, il est précédé du qualificatif «second» pour dire que c’est «bien fermé». Le président ivoirien qui a finalement décidé de lever le flou sur les intentions que d’aucun lui prêtaient à raison de vouloir succomber aux mirages suicidaires du troisième mandat, annonce également que c’est pour passer le témoin à la jeunesse. Faux et archi-faux pour ne pas dire que c’est trop prétentieux de sa part. Ce n’est pas à lui de décider de qui doit lui succéder. La Constitution a tout prévu et c’est le peuple souverain qui choisit son président. C’est juste une façon pour lui de vouloir écarter de la course au fauteuil présidentiel, d’autres candidats qui pourraient battre le champion qu’il prépare, en l’occurrence l’actuel Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly. Certes, jusqu’à maintenant, il a réussi à éloigner des bords de la lagune Ebrié, par la justice ivoirienne et la Cour pénale internationale (CPI) interposées, des concurrents «gros gabarits» comme son prédécesseur Laurent Gbagbo, l’ex-président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, Guillaume Soro, mais il veut s’éviter toute surprise désagréable. L’ancien président ivoirien et président du mythique Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié a toujours la possibilité de revenir aux affaires si le peuple ivoirien le lui permet.

Ce qui est davantage surprenant, sans réellement l’être, c’est le «non on veut pas» d’élus nationaux acquis à sa cause et qui, toute honte bue, sont prêts à fouler aux pieds le charmant principe de l’alternance démocratique au nom de leurs intérêts égoïstes et personnels et celui du prince du jour. Pourtant, dès que le vent prendra une autre direction, après avoir poussé Alassane Ouattara dans le gouffre du mandat de trop, ils seront les premiers à retourner leurs vestes, pardon leurs écharpes, pour crier «à bas le président»! Si le ridicule tuait, Alassane Ouattara et ses ouailles, réunis en congrès parlementaire à Yamoussoukro, en auraient eu pour leur compte. Le seul mérite de Alassane Ouattara, c’est de s’être évité une toute petite sortie, non par la porte, mais par un soupirail du palais présidentiel. Il aura également offert à la Côte d’Ivoire, s’il reste dans sa logique de retrait, sans chercher à modifier les règles du jeu en plein match, une compétition électorale saine et ouverte. Mais des doutes demeurent encore sur le sort que le président réserve à la Constitution à laquelle il a promis apporter des modifications dans un avenir proche. L’épée de Damoclès pend donc toujours sur une Côte d’Ivoire qui, il faut le reconnaître au profit de Alassane Ouattara, a connu bien des avancées économiques et en matière d’infrastructures routières. Certes, Alassane Ouattara a levé le suspense par lui-même provoqué par ses propos sibyllins sur un possible troisième mandat, mais son impopularité est devenue si forte tant dans son pays sur le harcèlement engagé contre ceux qui sont contre ses plans, qu’ailleurs en Afrique sur ses sorties malheureuses dans le débat CFA-ECO. Ce qui est certain, les cartes seront rebattues sur l’échiquier politique de la Côte d’Ivoire, suite à cette décision surprise de Alassane Ouattara, qui ne doit pas simplement lui servir à écarter Henri Konan Bédié.

En tout cas, si Alassane Ouattara veut aller jusqu’au bout de son action de vouloir faire vivre à la Côte d’Ivoire, sa première transmission de témoin d’un président démocratiquement élu, à un autre dirigeant lui aussi démocratiquement élu, il urge pour lui d’ouvrir totalement le jeu à tous les citoyens. Et que le meilleur, celui que le peuple aura librement choisi, gagne. Le peuple ivoirien en a marre des violences pré ou post-électorales et voudrait bien que la Côte d’Ivoire retrouve son glorieux passé d’«Eléphant de l’Afrique».

Par Wakat Séra

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