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Albinisme: briser les stéréotypes !

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La présidente de l'association des femmes albinos du Burkina (AFAB), Maimouna Déné

À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme (JISA), célébrée le 13 juin de chaque année, l’Association des Femmes atteintes d’Albinisme du Burkina (AFAB) organise la 8é édition de l’ALBIWEEK 2026 du 10 au 15 juin sous le thème: «Fièrement dans ma peau: briser les stéréotypes pour l’inclusion et la protection des personnes atteintes d’albinisme au Burkina Faso». Dans ce cadre, l’association a réuni, le 11 juin 2026 à Ouagadougou, des journalistes, blogueurs, influenceurs et créateurs de contenus autour d’un atelier de sensibilisation et de formation destiné à promouvoir une communication responsable et inclusive sur l’albinisme.

Loin des idées reçues et des croyances qui entourent encore l’albinisme dans plusieurs communautés, l’Association des Femmes atteintes d’Albinisme du Burkina (AFAB) poursuit son combat pour une meilleure compréhension de cette condition génétique et pour le respect des droits des personnes qui en sont atteintes.

Journalistes, blogueurs et créateurs de contenus engagés à accompagner l’AFAB dans la promotion des droits des personnes atteintes d’albinisme

Placée sous le haut patronage de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongo, sous la présidence du Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, ministre burkinabè de la Famille et de la Solidarité, et sous le marrainage de Madame Adja Bonkoungou de Zagtouli, cette édition de l’ALBIWEEK se veut un cadre de plaidoyer, d’éducation et de mobilisation sociale.

Au cours de l’atelier, plusieurs communications ont permis aux participants d’approfondir leurs connaissances sur les réalités liées à l’albinisme. Les échanges ont porté notamment sur les généralités de l’albinisme, les stéréotypes sociaux, les violences basées sur le genre, les discriminations subies par les personnes atteintes d’albinisme ainsi que les actions menées par l’AFAB en faveur de leur protection et de leur autonomisation.

Des personnes atteintes d’albinisme s’engagent à faire entendre leurs voix

Pour les responsables de l’association, cette rencontre avec les professionnels de l’information n’est pas anodine. Elle répond à une nécessité de faire des médias des alliés stratégiques dans la lutte contre les préjugés. À travers leurs productions, les journalistes, blogueurs et créateurs de contenus ont en effet le pouvoir d’influencer positivement les perceptions et de contribuer à bâtir une société plus inclusive.

Au fil des échanges, un message fort est revenu avec insistance: «l’albinisme n’est ni une malédiction, ni un signe mystique». Il s’agit simplement d’une condition génétique caractérisée par une absence ou une diminution de mélanine dans la peau, les cheveux et les yeux.

Maimouna Déné invite à plus d’amour, de respect et d’inclusion envers les personnes atteintes d’albinisme

«Nous voulons que chaque Burkinabè comprenne que l’albinisme est une question de santé et de génétique, et non une malédiction. Les personnes atteintes d’albinisme ne sont pas différentes dans leur humanité. Elles ont les mêmes rêves, les mêmes ambitions et les mêmes droits que tous les autres citoyens», a souligné la présidente de l’AFAB, Maïmouna Déné.

Selon elle, malgré les avancées enregistrées ces dernières années, la stigmatisation demeure une réalité quotidienne pour de nombreuses personnes atteintes d’albinisme.

Pour illustrer ses propos, elle a partagé le témoignage récent d’un membre de l’association qui s’est vu refuser la location d’une maison simplement en raison de son apparence physique.

Des partenaires techniques et financiers prêts pour la cause des personnes atteintes d’albinisme

«Il y a moins d’un mois, l’un de nos membres cherchait à louer un logement. Le propriétaire a catégoriquement refusé de lui accorder une place dans sa cour parce qu’il était albinos. Cette situation est choquante, mais elle reflète malheureusement une réalité que vivent encore de nombreuses personnes atteintes d’albinisme. Nous ne pouvons pas construire une société juste en laissant prospérer de telles discriminations», a-t-elle regretté.

Pour la présidente de l’AFAB, ces actes d’exclusion trouvent souvent leur origine dans l’ignorance et les croyances erronées qui continuent de circuler au sein de certaines communautés.

«Notre lutte consiste à faire comprendre que les personnes atteintes d’albinisme ne doivent pas être mises à l’écart. Elles méritent les mêmes opportunités d’éducation, d’emploi, de logement et de participation à la vie sociale. Elles sont nos frères, nos sœurs, nos enfants. Leur couleur de peau ne remet nullement en cause leur valeur humaine», a-t-elle insisté.

Des professionnels de médias attentifs aux doléances de l’association AFAB

L’association a également dénoncé certaines pratiques particulièrement inquiétantes observées dans la sous-région africaine, où des personnes atteintes d’albinisme continuent d’être victimes de violences, d’agressions et parfois même de crimes rituels.

«Dans certaines localités, des personnes atteintes d’albinisme sont encore considérées comme porte-malheur. Certaines sont rejetées par leurs propres familles dès leur naissance. D’autres deviennent les cibles de criminels qui attribuent à certaines parties de leur corps des pouvoirs mystiques. Ces pratiques sont inhumaines et doivent être combattues avec la plus grande fermeté», a alerté Maïmouna Déné.

Face à ces réalités, l’AFAB plaide pour un changement profond des mentalités et appelle chaque citoyen à jouer sa partition dans la promotion de la tolérance, du respect et de la solidarité.

Des participants à la formation

L’association a également exprimé sa profonde reconnaissance à l’endroit des autorités burkinabè pour les efforts consentis en faveur de la protection des personnes vulnérables. Elle a salué l’accompagnement constant de ses partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), ainsi que l’engagement des personnes ressources qui contribuent à la sensibilisation et à la défense des droits des personnes atteintes d’albinisme.

Les responsables de l’AFAB ont, par ailleurs, tenu à remercier chaleureusement les journalistes, blogueurs, influenceurs et créateurs de contenus présents à cette rencontre. Selon eux, leur implication croissante dans le traitement des questions liées à l’albinisme participe à déconstruire les stéréotypes et à donner davantage de visibilité aux défis auxquels sont confrontées les personnes concernées.

«Chaque article publié, chaque reportage diffusé, chaque contenu partagé avec responsabilité contribue à sauver des vies, à faire reculer les préjugés et à promouvoir la dignité humaine. Nous sommes reconnaissants envers tous les professionnels des médias qui nous accompagnent dans ce combat», a déclaré la présidente de l’association.

Atelier organisé par l’AFAB

Au-delà de cette formation, l’AFAB entend poursuivre ses actions à travers des campagnes de sensibilisation, des émissions radiophoniques et télévisées, des activités communautaires et des actions de plaidoyer afin de renforcer l’inclusion sociale des personnes atteintes d’albinisme au Burkina Faso.

À travers l’ALBIWEEK 2026, l’Association des Femmes atteintes d’Albinisme du Burkina rappelle une vérité essentielle: l’albinisme est une condition génétique et non une malédiction. En appelant à davantage d’amour, de respect et d’acceptation, l’AFAB invite la société burkinabè à regarder au-delà de la couleur de la peau pour reconnaître ce qui unit tous les êtres humains: leur dignité, leur valeur et leur droit à vivre pleinement, sans discrimination ni exclusion.

Par Valentin SOMANDE