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Ambassade du Burkina à Bruxelles: le nouvel ambassadeur rencontre ses compatriotes

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Discussions à bâton rompu entre S. E. Mme l’ambassadeur Jacqueline Marie Zaba Nikiéma et certains de ses compatriotes des Pays-Bas

Les Burkinabè vivant aux Pays-Bas ont accueilli dimanche 09 septembre 2017, dans l’allégresse à Amsterdam, leur nouvel ambassadeur S.E. Mme Jacqueline Marie Zaba/Nikiéma.

Les Burkinabè des Pays-Bas n’avaient pas encore officiellement rencontré leur ambassadeur. C’est désormais chose faite depuis le dimanche 9 septembre 2017. S. E. Mme Jacqueline Marie Zaba/Nikiéma, nommée il y a environ un an, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso au Royaume des Pays-Bas avec résidence à Bruxelles s’est rendue à Amsterdam où elle a rencontré ses compatriotes qui ont élu domicile dans ce pays, dont un quart du territoire se situe en dessous du niveau de la mer, moins de 6,76 mètres, un record en Europe. Ils étaient plus de 200 membres de la communauté à se mobiliser pour cette rencontre. Par la voie du président de l’Association «Faso Yellé» des Burkinabè de Pays-Bas, M. Gaëtan Ouédraogo, ces compatriotes se sont dit honorés de recevoir leur ambassadeur.

«C’est une journée spéciale pour nous avec cette visite de S. E. Mme l’ambassadeur Jacqueline Marie Zaba/Nikiéma qui a bien voulu venir avec une forte délégation de l’ambassade pour passer ces moments avec nous, échanger avec la communauté et saisir les préoccupations des Burkinabè qui vivent ici», a déclaré M. Ouédraogo, informaticien au Conseil d’Etat à La Haye.

Mme Zaba qui a présenté ses lettres de créance au roi des Pays-Bas, Sa Majesté Willem-Alexander, le 19 avril 2017 avait prévu de rencontrer aussitôt ses compatriotes mais ceux-ci avaient préféré différer le rendez-vous au regard des occupations des uns et des autres. Ils avaient décidé de fixer le rendez-vous aux vacances d’été. Seulement, il a fallu finalement ce début septembre pour les voir mobiliser au son de la musique des terroirs du Faso pour échanger avec leur chef de Mission basée à Bruxelles.

Et, pour cette première entrevue, tous les services techniques de l’ambassade ont été mobilisés pour apporter des réponses aux préoccupations des compatriotes vivant dans cette partie de l’Europe. Du service consulaire au service économique en passant par la cellule politique, chaque responsable a répondu aux préoccupations des uns et des autres ; l’ambassadeur répondant naturellement aux interrogations sur la situation sociopolitique du pays notamment les menaces et attaques terroristes qui frappent le Faso.

Elle a aussi détaillé la mise en œuvre du Programme national de développement économique et social (PNDES) surtout dans son volet création d’emplois pour les jeunes et les femmes afin de faire face au chômage endémique. Les compatriotes voulaient surtout avoir des informations officielles sur les grandes préoccupations de l’heure.

Le premier conseiller près l’ambassade du Burkina Faso à Bruxelles chargé des questions consulaires, Mme Rosine Nébié Guissou a beaucoup échangé avec les Burkinabè des Pays Bas

Certains se sont succédé devant le premier conseiller de l’ambassade en charge des services consulaires Mme Rosine Nébié/Guissou, qui, pour signaler la perte de son passeport, qui, pour savoir s’il aura besoin d’un visa burkinabè pour se rendre dans son pays natal après avoir changé de nationalité, les Pays-Bas n’autorisant pas la double nationalité. D’autres ont évoqué des difficultés liées à l’obtention des cartes consulaires, des extraits de naissance mais aussi des Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB). Comme on pouvait s’y attendre, l’épineuse question des sans-papiers est venue sur le tapis. Les compatriotes voulant savoir les marges de manœuvre de l’ambassade face à ces problématiques mais aussi sur les conditions de délivrance des sauf-conduits par l’ambassade au cas où un Burkinabè en situation irrégulière devrait être rapatrié.

«Depuis que l’association existe, nous n’avons jamais vu l’ambassade qui a accepté déplacer tous ses services y compris ses services consulaires jusqu’ici pour répondre aux besoins de nos compatriotes. C’est une première  et pour nous cela restera gravé en livre d’or. C’est un moment inoubliable», s’est enthousiasmé le porte-parole des Burkinabè des Pays-Bas.

Forte d’environ 600 membres, la communauté des Burkinabè des Pays-Bas a dit l’ambassadeur Zaba fait partie des fiertés de la juridiction eu égard à leur organisation et à la solidarité qui les caractérisent.

«La communauté burkinabè des Pays-Bas est l’une des communautés les plus dynamiques en terme de solidarité, d’entraide, d’engagement individuel et collectif mais aussi dans la défense des intérêts du Faso aux Pays-Bas. Je voudrais (…) vous exhorter à maintenir le cap et surtout à cultiver davantage et toujours l’esprit d’unité, de fraternité et de solidarité qui ne vous a jamais fait défaut», a dit Mme Zaba.

«Je suis fière de vous !», a-t-elle lancé soulevant les youyous de ses frères et sœurs.

«A titre personnel, j’avoue que ce discours exprime vraiment ce que moi j’ai toujours souhaité entendre et faire depuis que je suis ici», s’est félicité Emmanuel Coulibaly, informaticien établi dans la ville d’Utrecht, venu à cette rencontre avec sa famille mixte.

«Nous sommes contents que tous les responsables de l’ambassade soient venus jusqu’à nous avec madame l’ambassadeur en tête pour rester toute la journée avec nous. Comme ça, vous avez eu l’occasion de nous voir tel que nous sommes et tel que nous vivons ici avec nos enfants, nos maris ou nos femmes, ça cause, ça piaille, c’est ça Faso Yellé. Cette association a été justement créée pour servir de trait d’union entre les Burkinabè vivant aux Pays-Bas mais aussi pour partager les bonnes occasions comme aujourd’hui même s’il nous arrive aussi de vivre les mauvaises choses», a déclaré Mme Léontine Keijzer-Gango, ancienne présidente de l’Association «Faso Yelle» dont elle a été membre fondatrice il y a une vingtaine d’années.

Cette burkinabè qui manie avec perfection le mooré, est très active dans le monde associatif néerlandais qu’elle mobilise pour des œuvres de développement dans notre pays.

Mme Léontine Keijzer-Gango, ancienne présidente de l’Association «Faso Yelle» demeure une des membres actives de cette association dont elle a été membre fondatrice il y a une vingtaine d’années.

Mme Zaba a dit que l’ambassade s’attèle à améliorer l’accueil, la communication et l’ensemble des services afin que tout Burkinabè et tout ami du Burkina Faso se sente chez lui et trouve solution à ses préoccupations une fois qu’il met pied à l’ambassade.

«Des réflexions sont également en cours pour répondre à vos besoins sur l’état civil surtout, car, nous souhaitons faire de notre mieux pour être le plus près de vous afin de répondre promptement à vos préoccupations», a-t-elle indiqué demandant à ses compatriotes de s’engager à ses côtés afin que la coopération entre le Burkina Faso et les Pays-Bas s’intensifient davantage.

«Je vous invite chacune et chacun, nantis de vos expertises, forts de vos relations et connaissances ici et ailleurs, à saisir (les) opportunités pour participer au développement socio-économique de notre chère patrie. Je vous exhorte à vous mobiliser pour votre pays. Je vous demande de vous rassembler pour notre patrie. Je vous demande d’être les bâtisseurs du Burkina Faso de demain à partir des Pays-Bas ou depuis les Pays-Bas. C’est un devoir, mais aussi un acte patriotique au-delà de la fierté individuelle de pouvoir dire un jour : j’étais là, j’ai participé, voici ma contribution», a lancé Mme Zaba à ses compatriotes.

L’ambassadeur a dit qu’elle sera à leur écoute,  les assurant que l’ambassade, basée à Bruxelles se tiendra toujours à leurs côtés pour les accompagner dans la réalisation de leurs ambitions et des objectifs de développement du peuple tout entier.

«Dans vos différences et dans vos adversités quelles qu’elles soient, ne perdez pas de vue que vous êtes toutes et tous les filles et fils d’une même Nation, le Burkina Faso. Et seuls les intérêts du Burkina Faso, un, indivisible et éternel doivent primer sur tout», a enchaîné Mme l’ambassadeur.

Un grand barbecue avait été organisé à l’occasion par les membres de l’Association Faso Yellé pour permettre à la communauté burkinabè et aux amis du Burkina Faso qui les ont rejoints de partager les richesses de l’art culinaire du pays mais aussi de vivre la diversité culturelle notamment musicale du «pays des hommes intègres».

Les Burkinabè des Pays-Bas ont surtout salué la présence à cette rencontre du dernier ambassadeur des Pays-Bas en poste à Ouagadougou, S. E. M Ernst Noorman et son épouse.

Le 1er juin 2013, les Pays-Bas ont fermé leur mission diplomatique à Ouagadougou suite à une politique d’austérité qui les a obligée à réduire le nombre de leurs missions diplomatiques à travers le monde.

Pour Mme Zaba, l’un des défis est de ramener l’ambassade des Pays-Bas à Ouagadougou.

«En 2013, il y a eu la décision politique de limiter la coopération compte tenu des problèmes économiques qu’il y avait. Le Burkina Faso était le seizième pays sur la liste, donc le dernier. Il y a eu un long débat au Parlement néerlandais pour savoir s’il fallait le retirer ou pas. Finalement le ministre d’alors a obtenu l’adoption de son projet au Parlement», a indiqué M. Noorman.

«A titre personnel et pour beaucoup de nos compatriotes néerlandais qui connaissent le Burkina, cela a été un déchirement. Le Burkina Faso me manque», a dit l’ambassadeur Noorman.

«Nous étions un partenaire très fort pour le Burkina Faso dans le domaine de la santé et de l’éducation. C’était dur pour moi de fermer l’ambassade. Mais qui sait, il n’est pas exclu que l’ambassade ouvre à nouveau un jour. Un autre ministre peut faire un autre choix, donc il y a de l’espoir», a poursuivi M. Noorman.

Aujourd’hui haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, M. Noorman, après Ouagadougou avait été affecté au Suriname, une ancienne colonie des Pays-Bas en Asie avant de revenir il y a quelques semaines à La Haye.

La fermeture de la mission diplomatique des Pays-Bas à Ouagadougou n’a pas véritablement affecté les relations entre les deux pays qui se sont maintenues aussi bien au niveau diplomatique que commerciale. Les ONG ainsi que les associations néerlandaises comme l’Organisation Néerlandaise de Développement (SNV) continuent de s’impliquer dans le développement du Burkina Faso.

La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) entretient comme jamais, d’étroites relations avec la chambre de commerce néerlandaise, la Netherlands – African Business Council (NABC). Chaque année, la NABC qui compte plus de 350 entreprises composées de multinationales et de PME organise des fora auxquels participent l’ambassade et des entreprises du Burkina Faso.

La valeur des importations de produits néerlandais vers le Burkina Faso reste toutefois modeste et s’est élevée à quelques 205,4 millions d’euros en 2015. Outre les huiles de pétrole ou de minéraux bitumineux (79,6%), le Burkina Faso importe des Pays-Bas des médicaments (11,2%), du lait et ses produits dérivés (1,8%).

Romaric OLLO HIEN

Ambassade du Burkina Faso à Bruxelles